Remiremont – Selon l’Ademat-h, deux cardiologues d’origine africaine risquent de devoir rentrer dans leur pays

Dernières nouvelles de l’Ademath et de l’hôpital public en général, du pôle de cardiologie des hôpitaux d’Epinal et de Remiremont en particulier.

Au terme d’une nouvelle semaine d’action et d’intense réflexion, le conseil d’administration de l’Ademath tient à informer ses adhérents et la population des derniers évènements relatifs à la situation du pôle de cardiologie des hôpitaux d’Epinal et de Remiremont, dans le communiqué du président Jean Pierrel, à lire ci-dessous.

Avec le service des urgences en grande difficulté, les vagues successives de l’épidémie de Covid qui nous font découvrir chaque fois de nouveaux variants, les moyens affectés à l’hôpital public ne sont toujours pas au rendezvous. La direction et les ressources humaines sont amenées à boucher les trous, à recruter des remplaçants au pied levé et tout le monde s’épuise.

Notre système de santé est malade, le monde politique s’en émeut, mais rien ne change et la situation s’aggrave.

L’Ademath agit avec ses moyens, alerte et informe. Elle a manifesté avec les élus et les personnels soignants le 27 novembre dernier dans les rues de Remiremont, (nous étions 250 !), le 4 décembre à Paris devant le ministère de la santé avec la coordination nationale des associations de défense des hôpitaux et des maternités. Nous étions 4.000, mais seulement une vingtaine de notre territoire.

Non l’hôpital public ne doit pas mourir. Pour cela nous avons besoin de vous, l’hôpital et ses personnels n’ont plus les moyens de se battre seuls. Notre association a besoin de sentir le soutien de la population et des élus. C’est un combat de longue haleine que nous menons depuis 6 ans.

Ce n’est pas le moment de baisser les bras.

Cette semaine ce sont 2 médecins, cardiologues d’origine africaine qui risquent de devoir rentrer dans leur pays pour des raisons administratives, alors que ce n’est pas leur volonté. Ils ont été bien accueillis ici et veulent y poursuivre leur carrière. Ils sont là depuis plusieurs années et grâce à eux, le pôle de cardiologie peut fonctionner à Epinal et à Remiremont. S’ils devaient partir, le service de cardiologie de Remiremont risque de devoir fermer et ce sont des pertes de chance  supplémentaires pour la population du bassin de vie. Il peut y avoir mise en danger de la vie d’autrui.

Leurs collègues ont donné l’alerte, la presse s’en est saisie, la direction est embarrassée, l’administration préfectorale n’a pas apprécié.

Ce que l’Ademath demande, c’est une administration et des politiques publiques qui répondent aux besoins de la population et qui donnent la priorité à l’humain. L’Agence Régionale de Santé ne peut pas, d’une part, faire appel aux retraités et aux étudiants pour renforcer les dispositifs de vaccination et soulager l’hôpital et en même temps laisser partir des médecins dont l’hôpital a besoin.

L’Ademath apporte son soutien à ces 2 médecins, à leur chef de service et à tous leurs collègues en espérant une issue favorable à brève échéance. Elle attire l’attention de la direction et des administrations sur les risques à moyen et long terme du recours à des solutions de remplacement qui coûtent cher et ne règlent pas le problème de fond.

Notre conseil d’administration s’est réuni 3 soirs de suite pour tenter de trouver des solutions en partenariat avec les intéressés. Nous avons adressé un courrier au Préfet des Vosges et à la directrice de l’ARS (lire ici). Une réunion a eu lieu en Préfecture ce mercredi dont les suites ne sont pas encore totalement connues. Ce n’est pas rassurant puisque d’ores et déjà l’un des cardiologues ne peut plus exercer.

En attendant, les deux médecins concernés remercient toutes les personnes qui se soucient de leur avenir et de l’avenir du service de cardiologie. Ils sont touchés par l’intérêt porté à leur situation, qui fait écho à l’accueil positif qu’ils ont rencontré au cours des 4 années passées dans les Vosges, dans des hôpitaux où ils espèrent pouvoir continuer à travailler.

Leur situation est identique, mais ils ont des réponses différentes; le médecin guinéen a un récépissé de demande de carte de séjour de 3 mois avec autorisation de travailler; le médecin camerounais est sans papiers, et ne travaille plus. L’hôpital a recruté un remplaçant pour 3 semaines.

Les parlementaires ont écrit au ministère de la santé… mais l’urgence n’estelle pas ailleurs en cette période préélectorale ?

Nous voulons croire qu’une solution sera vite trouvée dans l’intérêt de tous. Ces médecins étrangers ont pu venir pour compléter leur formation ici qui sera utile demain à leur pays d’origine. En attendant ils pallient le manque de médecins formés en France du fait de politique de formation insuffisante depuis des années et peuvent euxmêmes contribuer à former des étudiants français ou étrangers.

L’Ademath demande qu’on se soucie moins du droit que de la santé des vosgiens. Il est urgent d’agir.

L’hôpital public ne doit pas mourir. Le service de cardiologie de Remiremont ne doit pas fermer.

Nous appelons solennellement les autorités ministérielles, préfectorales et sanitaires à trouver rapidement une solution humaine, respectueuse des personnes et de la santé des personnels hospitaliers et de la population.