Saint-Etienne-lès-Remiremont – Environnement : se mobiliser pour avancer

L’Association pour la Protection de l’Environnement, de Saint-Etienne-lès-Remiremont, a tenu son assemblée générale, mercredi 30 mars 2022, dans la salle Notre Dame, en présence d’une assemblée très intéressée, exaspérée par les nuisances subies, et motivée pour une mobilisation contre ces mêmes nuisances. Christophe Naegelen, député, Catherine Louis, présidente de la Communauté de Communes, et le maire de la commune Michel Demange, assistaient à cette assemblée générale.

Philippe Germain, président de l’association, et les membres de son comité avaient invité Maître Faro, avocat parisien, et un ingénieur spécialisé dans les HAP, et autres, à s’exprimer par visio. Les citoyens présents dans la salle ont exprimé leur colère devant autant de nuisances olfactives, mais surtout face à celles plus pernicieuses qu’elles font subir à la santé des habitants et de leurs enfants. « C’était déjà insupportable avec l’ancienne installation, mais avec la nouvelle c’est catastrophique ! Nous alertons régulièrement la DREAL, mais… rien ! Lorsqu’ils viennent vérifier ils ne sentent rien ! » a souligné le président avant de préciser que le projet d’implantation d’une centrale avait été refusé dans l’Aube, grâce à Maître Faro. « Les capteurs mis en place pour 8 mois et qui fonctionnent une semaine par mois, ne servent pas à grand-chose ! Nous demandons une ERS » a souligne Philippe Germain.

Maître Faro a expliqué que le dossier était toujours au Tribunal Administratif. « Rien n’a bougé depuis notre recours au TA en juin 2021. Pour la Préfecture des Vosges, cette nouvelle installation est identique à l’ancienne, alors qu’elle est différente… La décision de la Préfecture des Vosges est attaquable. Nous avons présenté une demande de mise en demeure sous 15 jours au Préfet des Vosges car la population subit des nuisances continues ! Mais rien ! Les citoyens doivent écrire à la Préfecture des Vosges en démontrant toutes les nuisances subies » a t’il précisé. A la question : courrier, lettres, mais qu’en est il d’une pétition ? L’avocat a répondu « elle n’a pas de poids auprès de la préfecture qui estime que l’entreprise n’est pas nuisible, et que tout ne peut aller que mieux avec cette nouvelle usine ».

L’ingénieur a apporté des précisions très détaillées sur les HAP, et sur la différence énorme entre l’ancienne usine et la nouvelle. « La cheminée monte à 30 mètres, c’est une modification notoire. L’ancien process était continu, le nouveau est discontinu, l’enrobé est fabriqué par petites quantités et peut être stocké c’est un risque supplémentaire pour la population. L’entreprise répond à l’arrêté préfectoral mais il faudrait connaître le rapport des mesures. Les rapports annuels (SOCOTEC) donnés sont réalisés par l’entreprise elle-même sur 1 heure 30 à raison de trois cycles d’une demi-heure et l’on note des anomalies sur ceux-ci, ce qui laisse à supposer des arrêts de quelques minutes, pour diminuer la valeur moyenne de toxicité autorisée. De plus, cette installation recycle à raison de 30 % les anciens enrobés, il faudrait réaliser des analyses à ces moments là, car ces rebus peuvent contenir de l’amiante et des goudrons ayant des teneurs en HAP 10 000 fois plus toxiques que le bitume. Toutes ces substances chimiques sont dispersées dans l’espace en fonction du temps et des vents ».

Parmi les questions posées par le public a été évoqué le fait que l’installation a été aménagée à quelques encablures de la station de pompage de Saint-Etienne-lès-Remiremont, des premières habitations et d’une zone commerciale « les HAP sont répartis dans l’air et se déposent sur les sols par infiltration, elles mettent très longtemps à s’éliminer. Qu’en est-il pour l’eau de la station ? Sans oublier que les enfants de la commune sont exposés à ces particules, quand on pense que les doses de médicaments auxquelles ils ont droit sont nettement inférieures à celles des adultes, qu’en est-il pour la toxicité des HAP  sur leur organisme ? On n’en parle jamais ! » ont souligné les personnes présentes, donnant des exemples de nuisances subies dans leurs quartiers.

Le rapport financier a été accepté, le trésorier a fait remarquer que l’association avait dû louer une salle ! Il a également rappelé que les subventions versées par la mairie étaient l’argent du contribuable et donc de tous les foyers de la commune.

David Bolmont a rejoint le bureau de l’association.

L’association propose à la population de remplir le formulaire de signalement d’odeurs en passant par son site : www.pollutionsaint-etiennelesrt.com.

Christiane THIRIAT.