Saint-Etienne-lès-Remiremont – Travailleurs Handicapés : le droit à un salaire et une reconnaissance de leur travail

Christophe Logez, vice-président, et Frédéric Kempf, trésorier, de l’association ACO d’Epinal (action catholique ouvrière) étaient cette semaine, sur l’antenne de RGM, aux côtés de la section de Remiremont de la Ligue des Droits de l’Homme, dans le cadre de l’émission « la parole est à vous », animée par Michel Gravier. Le but de cette rencontre étant d’attirer l’attention sur la situation des travailleurs handicapés au sein des ESAT (établissements et service d’aide par le travail – anciens CAT) et de combattre des idées préconçues.

« Il faut savoir qu’au sein des ESAT, un travailleur handicapé est rémunéré 1,90€ de l’heure par jour travaillé. Un TH qui travaille à plein temps assure 150 heures de travail par mois, s’il est malade son arrêt de travail n’est pas pris en charge. Après 20 ans de travail dans un ESAT, la personne handicapée ne perçoit que 40 euros de retraite par mois, à laquelle s’ajoute le minimum vieillesse. Nous sommes des invisibles, c’est comme si nous n’existions pas ! Pourtant, nous sommes fiers de pouvoir travailler. Il faut que cela se sache ! » soulignent avec juste raison Christophe et Frédéric, qui demandent une orientation protégée du Travailleur Handicapé.

Ils constatent des conditions de travail de plus en plus contraignantes au sein des ESAT : « Nous devons faire face à de très grosses contraintes de délais de la part des entreprises, celles-ci nous donnent du travail par l’intermédiaire de la MDPH, puis l’entreprise amène à l’ESAT une partie de sa production qui sera assemblée sur place par les TH. Les délais d’obligations sont de plus en plus courts, et nos handicaps ne sont plus pris en compte » précisent les deux hommes.

Pourtant en 2020, l’APF France a réalisé 800.000 euros de bénéfices. « L’ACO demande une reconnaissance du travailleur en ESAT, nous devons tous être reconnus comme salariés et non plus comme usagers ! Il faut une réforme qui protège le travailleur handicapé ! Nous ne pouvons pas dire tout ce que nous voulons, ni nous défendre, nous n’avons pas droit au crédit ! Il est difficile de se déplacer en dehors des heures de transport (bus) pour un travailleur qui ne peut travailler qu’à mi temps ! Sans crédit difficile de changer de voiture ! L’aide pour faire équiper nos véhicules en cas de handicap lourd est de 1.700 euros » signalent les deux amis, qui souhaiteraient voir la condition du TH s’améliorer.

La question que l’on peut se poser est la suivante : « accepterais-je de travailler pour un salaire net de 175 euros par mois, déduction faite des cotisations » ?

Christiane THIRIAT.