Epinal – Violences au quartier de la Justice : ce n’est pas une zone de non droit !

Le contexte.

Des violences urbaines ont éclaté la nuit de samedi 16 à dimanche 17 juillet 2022 au quartier de la Justice pendant 4 heures à partir de 23 heures 30. Des panneaux publicitaires et les deux minibus du centre social ont été incendiés. Le système électrique du quartier avait été coupé et le quartier était plongé dans le noir. Il n’y a pas eu de blessés mais les policiers et les pompiers ont subi aussi des jets de projectiles. Une enquête est ouverte. Le préfet, le maire, le commissaire divisionnaire et le procureur faisaient un point de situation ce soir au Centre sociale du quartier.

Violences au quartier de la Justice : ce n’est pas une zone de non droit !

Des violences qui ont eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche, ont duré 4 heures à partir de 23 heures 30 et ont mis le quartier en ébullition.  « Intolérable ! » pour tous, ces dégradations de matériels publics et ces actes de violence contre des policiers et des pompiers venus éteindre les incendies, ne passent pas. Les forces de l’ordre seront renforcées mais les médiateurs et les acteurs du quartier s’interrogent.

« Ces actes de violence nous interpellent sur nos actions de prévention », avoue le préfet des Vosges Yves Séguy. « Nous venons de signer un contrat de sécurité pour additionner nos capacités à intervenir pour préserver la tranquillité publique. Ce qui comprend à la fois un volet prévention et un volet répression ».

Beaucoup d’indignation.

« Beaucoup d’émotions, beaucoup d’interrogations, beaucoup d’indignation ! », résume-t-il. Des renforts de la zone Est viendront compléter les forces de l’ordre spinaliennes. « Nous ne lâchons en aucune façon », assurent les autorités. Les animations d’été continueront autant qu’il est possible, puisque les deux véhicules de transport collectifs ont été incendiés. « Nous allons renforcer la vidéo protection », assure le maire Patrick Nardin, « même si on est conscient que ça déplace juste les trafics, ça permet au moins d’identifier les auteurs et d’apporter des preuves ».

« Ici, c’est la ville d’Épinal ! ».

« Nous ne remettons pas en cause nos politiques publiques », précise le maire. « Nous travaillons aujourd’hui avec les enfants de ceux pour qui nous les avons installées et ça marche. Mais on n’arrivera pas à embarquer ceux qui ont agi cette nuit. La seule réponse pour eux, c’est une réponse policière et judiciaire. Jamais, ils ne gagneront ! Ici, c’est la ville d’Épinal, pas un no man’s land ! ».

« Si je leur donne mon respect, ils me le doivent aussi ».

« Même si certaines populations se sentent discriminées, ça ne justifie pas tout », déclare le président du centre social Michel Mouhat, « Il faut leur rappeler continuellement que si je leur accorde mon respect, ils me doivent la même chose. Le vivre ensemble ne suffit pas, il faut apprendre à vivre avec. Les fautifs, je les laisse à la justice, mais je continue avec les autres ».

Les faits ne resteront pas impunis !

Pour le directeur de la sécurité publique Antoine Bonillo, ces délinquants sont une trentaine seulement et il n’entend pas laisser ces actes de violence sans sanction judiciaire. « À Kellermann sur la commune de Saint-Dié-des-Vosges, tous les auteurs sont passés par la justice et tous ont été sévèrement sanctionnés. Nous menons notre enquête, les faits ne resteront pas impunis à Épinal non plus », promet-il. On va augmenter les contrôles de zone, mener des enquêtes sur les activités illicites et ne rien laisser passer.

Des renforts spécialisés en fonction des besoins formulés par le commissaire divisionnaire.

« Le quartier de la justice est un quartier où il fait bon vivre », insiste le maire, « mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problème. Ce sont des quartiers qui se paupérisent. Tous n’y est pas parfait, on le sait. Il y a du trafic de drogue et des parents qui ont démissionné depuis longtemps face à l’éducation de leurs enfants ». « Nous traitons les choses à l’échelle du quartier et de la ville, mais on ne peut installer des agents dans tous les halls d’immeuble », précise le préfet.

Que les bailleurs puissent prêter serment et établir des procès-verbaux.

Le commissaire explique « que les trafiquants affectionnent particulièrement les tours, parce qu’ils peuvent demander aux habitants de prendre l’ascenseur, pendant qu’ils occupent l’escalier pour leur trafic. C’est le lot des tours de tous les quartiers de France à Épinal comme à Marseille ».  Mais pour que les interventions de police puissent être plus rapides et avoir des chances de trouver des preuves, le procureur évoque la possibilité que les bailleurs prêtent serment et puissent établir des procès-verbaux.

Brigitte Boulay.