Après avoir discuté de la formation des agents dans le cadre de la lutte contre les frelons asiatiques, Mathieu Lefèvre, ministre de la transition écologique, s’est rendu à Saint-Nabord sur le site de l’association « Raconte-moi les abeilles ». Il annonce un plan de 3 millions au niveau national, pour que cette lutte puisse devenir plus efficace.
Le frelon asiatique (frelon à pattes jaunes], est une espèce invasive arrivée en 2004 en France, dans le Lot-et-Garonne. Le sénateur Michel Masset, à l’origine de la loi du 6 mars 2025, qui encourage l’utilisation de pièges spécifiques pour capturer les frelons et réduire leur population, était présent à Saint-Nabord.
Sa vitesse de propagation est d’environ 100 kilomètres/an
Depuis son apparition, il a rapidement colonisé une grande partie de la France et s’est propagé à travers l’Europe.
Aujourd’hui, il est présent dans 8 autres pays : Espagne, Portugal, Italie, Allemagne, Belgique, Royaume-Uni, Pays-Bas et Suisse. Sa vitesse de propagation est estimée à environ 100 kilomètres par an.
Aux dépens de la biodiversité et des écosystèmes
« Les ravages du frelon asiatique ne s’arrêtent pas à l’apiculture : ce prédateur s’attaque également à de nombreux insectes sauvages, aux dépens de la biodiversité et des services éco systémiques comme la pollinisation », déplore l’UNAF (Union nationale de l’apiculture française).
Le coût économique du frelon asiatique se chiffre en millions d’euros/an
Des études récentes estiment le coût économique du frelon asiatique à plusieurs dizaines de millions d’euros/an en France : 6 millions deuros pour la filière apicole et près de 12 millions d’euros pour la lutte, principalement pour la destruction des nids. Par ailleurs, le coût sur le service de pollinisation avoisinerait 40 millions d’euros/an (source UNAF).
Un filet rouge pour éviter la propagation
« Ces 3 millions, précise Mathieu Lefèvre, seront disponibles à partir du 1 mai par l’intermédiaire des préfectures, c’est un « filet rouge » pour éviter la propagation ». « Il est important de mettre le piégeage en place dès le début du printemps et les protections des ruches (filet et muselière en grillage fin) dès le début juillet », détaille Ghislaine Andreux, présidente de « Raconte-moi les abeilles ».
Un seul nid, c’est 12 kilos d’insectes dévorés
« Le plan va donner les bonnes pratiques, c’est ce dont nous avons besoin, poursuit-elle. Saint-Nabord a été précurseur en faisant appel à la responsabilité des citoyens. Un seul nid de frelons asiatiques, c’est presque 12 kilos d’insectes dévorés. L’Association a acheté une mallette qui coûte 2.400 euros et contient 6 puces pour équiper des frelons et tracer leurs déplacements. « Pour combattre, il faut connaitre ».
Des puces émettrices pour détecter les nids
L’association s’est rendue en Suisse pour bénéficier d’une démonstration de l’utilisation de ce kit. « Il faut 5 bénévoles pour placer la puce sous l’abdomen du frelon asiatique et après on s’amuse à le suivre et ça nous permet de détecter les nids », explique Ghislaine Andreux. Le plan prévoit une information large, des moyens pour le piégeage et la formation des agents habilités à détruire ces nids.
Agir de manière coordonnée
« Cette enveloppe, c’est inespéré, commente la présidente de « Raconte-moi les abeilles ». « Nous avons alerté sur le risque que fait courir cette invasion pour la pollinisation et pour les ruches. Nous demandions une enveloppe nationale car tout le monde est concerné, tout le monde est responsable et il faut pouvoir agir partout en même temps ».
« Les collectivités et l’État ont un rôle à jouer »
Elle apprécie le soutien et le relais du député Christophe Naegelen. À Saint-Nabord, 200 nids ont été éliminés, 200 ne l’ont pas été, sans oublier ceux qui n’ont pas été déclarés. « En 2025, nous avons constaté que les implantations de nids étaient exponentielles, mais nous n’avions pas les moyens de détruire ces nids. Face à la prédation du frelon asiatique, les collectivités et l’État ont un rôle à jouer ».
Informer, détecter, piéger et détruire les nids
Pour plus d’efficacité, il faut sensibiliser les citoyens, associations et élus, détecter les nids, coordonner le piégeage et détruire les nids. C’est l’objectif du plan national de lutte contre les frelons asiatiques.
Photographies par Christian Schirm.
