Remiremont – Voeux au centre hospitalier : le directeur Eric Sanzalone et l’ARS marchent seuls…

Ainsi que nous l’avons traduit dans un précédent article , les vœux du centre hospitalier ont fait l’objet de propos divergents de la part des différents intervenants. Le directeur Eric Sanzalone a développé tous ses arguments en regard du plan de performance. Mais sans convaincre forcément. Force est de constater qu’un vent contraire a soufflé de part et d’autre lors de la cérémonie des vœux. Avec les propos appuyés de Jean Hingray, président du conseil de surveillance de l’hôpital, ou encore ceux de Christophe Naegelen, député de la circonscription. Et le Docteur Mazen Chammas, chirurgien et Président de la Communauté médicale d’Etablissement, est lui aussi monté au créneau en défendant à la fois les équipements du centre hospitalier et les véritables valeurs humaines des personnels qui y travaillent…

« Lors de mon arrivée, je savais que la question, votre question à tous, serait de connaître les activités qui seraient assurées au sein de notre établissement , avec en arrière fond pesant, celui d’un sentiment de menace ». Ainsi s’exprimait lundi soir Eric Sanzalone, le directeur des hôpitaux de Remiremont et d’Epinal, qui poursuivait : « la publication du document de travail du contrat de performance est venue accroître ce sentiment, un sentiment renforcé par les manipulations et instrumentalisations dont il a largement fait l’objet », le directeur relatant par là-même qu’il comptait sur les doigts de la main les interviews auxquelles il avait répondu.

Dans sa longue expression, Eric Sanzalone a encore traduit : «je profite naturellement de ce moment qui m’est offert pour vous exprimer simplement et librement ma position », souhaitant en premier lieu rassurer les membres du personnel et de dire ainsi : « c’est ce que je ferai encore mercredi 16 à Epinal et mardi 22 à l’occasion des réunions d’information sur le plan aux IFSI : l’emploi de ses membres, vos emplois, ne sont pas menacés ». Puis, après avoir rappelé que le contrat de performance prévoyait deux phases, « l’une assez documentée, portant sur 12 millions d’euros et sur laquelle l’on travaille déjà, une autre qui s’appuiera sur la définition d’un projet médical de territoire et des coopérations », le directeur évoqua en plusieurs points les faits et actions qui ont émaillé l’année 2018 et ceux annoncés pour 2019. Il concluait en ces termes : « le plan hôpital 2022 ouvre de nouvelles perspectives d’évolution de l’offre de soins qu’il nous faut inventer et construire avec les partenaires de l’hôpital. Soyons innovant pour la population des Vosges, ses besoins légitimes et spécifiques ».

Le dossier du devenir de l’hôpital reste entier

Président du Conseil de Surveillance de l’Hôpital et maire de Remiremont, Jean Hingray, après avoir rappelé son investissement, celui de son adjoint le Dr Philippe Cloché, en étroite collaboration avec le député, les élus, les représentants du personnel hospitalier et l’ADEMAT-H pour sauver la maternité, définissait cette fois ses préoccupations : « pour autant, le dossier du devenir de notre hôpital reste entier et me préoccupe tout particulièrement ». Et de dire : « j’en veux pour preuve que sur l’année 2018, j’ai eu 163 rendez-vous en lien avec cet épineux dossier, j’ai participé aux différents comités de pilotage et conseils de surveillance visant à définir le cadre d’une collaboration entre les centres hospitaliers d’Epinal et Remiremont, autrement appelée projet médical commun . Cette mutualisation de moyens, doit d’une part améliorer l’accès et l’offre de soins pour la population de notre bassin de vie et, d’autre part, vise à renforcer la qualité des services ».

Mais Jean Hingray se devait d’affirmer à la suite : « force de constater qu’il n’en est pas ainsi pour une discipline, pourtant de tout premier plan, la cardiologie dont la chef de service de Remiremont a été mutée à Epinal. Considéré en son temps par l’ARS comme le dossier prioritaire, le projet médical commun passe désormais au second plan, l’urgence étant de nous imposer un plan dit de performance, qui en fait se résume à un plan social qui supprime allègrement 100 postes de soignants à Remiremont, plus de 150 à Epinal ». Au président du conseil de surveillance de marteler à la suite : « ce plan de performance est aussi un plan comptable. Il ambitionne l’équilibre financier des deux hôpitaux et promet en contrepartie une subvention conséquente de 36 millions d’euros. Il est inacceptable de valider tant d’incohérences, inacceptable que Remiremont finance les dérives budgétaires du centre hospitalier d’Epinal et son mauvais emploi des fonds publics ». Jean Hingray concluait : « je tiens à vous assurer que je ne baisserai pas les bras ! L’hôpital de Remiremont n’a pas vocation à devenir une antenne du nouvel hôpital d’Epinal ».

Respecter les élus dont les citoyens en 1er plan

Député de la circonscription, Christophe Naegelen, n’a pas mâché ses mots, traduisant lui aussi haut et clair sa pensée : « ce sont les députés qui votent les lois, ensuite c’est l’ARS qui décide. Je représente les services publics de ma circonscription et j’ai voté contre les deux budgets de la Sécurité Sociale ». Et de rappeler concernant l’hôpital : « j’ai insisté pour faire partie du comité de pilotage. Le Docteur Stéphanie Chevallier la première m’a fait des propositions pour le centre hospitalier de Remiremont, je tiens à saluer son travail » a déclaré le député.

Christophe Naegelen relatait à la suite : « je viens d ‘écouter le discours d’Eric Sanzalone. M. Le Directeur, vous n’avez pas exposé une seule fois le mot humain qui doit être au centre de toute réflexion. Un peu d’humanité, un peu d’implication, un peu de bravoure, ça ne fait pas de mal. L’humanité est quelque chose qui compte dans nos vallées et cela fait partie des bonnes choses pour avancer et avoir des résultats probants ».

Vous êtes mes frères, mes sœurs, ma seconde famille

Président du Comité Médical d’Etablissement (CME) et chirurgien, le Dr. Mazen Chammas, n’a pas eu besoin de micro pour s’exprimer à son tour : « je me sens concerné pleinement, j’ai un corps qui fonctionne et notre hôpital ne se conduit pas comme une usine. C’est un espace de soins, un lieu où il fait bon travailler et vivre. Un lieu où l’on est tous solidaires. Je suis là au niveau de la commission médicale et on va continuer à bien travailler. Je suis un homme vrai, je ne suis pas là pour faire semblant ».

Le Dr Chammas déclarait notamment : « nous avons quelque chose de très fort, un outil moderne avec ses trois blocs opératoires, préservons cette chance afin de pouvoir la transmettre à ceux qui viendront derrière nous. On ne va pas laisser fermer la moitié des services pour placer les malades en ambulatoire ». Le président du CME assurait encore : « vous êtes pour moi des frères et des sœurs, vous êtes ma seconde famille, on va continuer de porter haut notre hôpital, rien n’est fini ! ».

A noter encore l’intervention du vice-président du Conseil Départemental des Vosges, qui a rappelé que le président François Vannson, missionné par le directeur de l’Agence Régionale de Santé, travaillait ardemment sur le dossier de l’hôpital.

Article participatif de Denis Philippe.

Photographies : Jean-Claude Olczyk.