Après la destruction du presbytère de Bussang, l’étonnement et l’émotion se sont largement manifesté , notamment sur les réseaux sociaux et dans les associations régionales de patrimoine .
Car la DRAC qui avait favorablement accepté le dossier de protection devait se prononcer sur la protection du bâtiment en mai.
Le bâtiment, sauvé déjà à la Révolution, avait été à nouveau sauvé voici 11 ans suite à une intervention des associations régionales de patrimoine et un référendum organisé par la mairie
A l’époque, les associations de Bussang avaient été réunies sur la question.
Là, en décembre une consultation rapide pour le maintien du presbytère avait obtenu en porte à porte 290 adhésions, et depuis le 1er mars une pétition contre la destruction avait recueilli 1041 signatures –
Ce ne sont pas les projets qui ont manqué : celui de RECRE, d’abord, lieu convivial, intergénérationnel, artistique, repair café, ateliers de réparations diverses, avait été présenté le 15 décembre, soutenu par la Fédération des Sociétés Savantes des Vosges, les Vieilles Maisons de France, les Maisons Paysannes des Vosges, qui ont écrit au maire.
« Le Parc des Ballons et le CAUE devaient présenter un nouveau plan de sauvetage plus professionnel le 25 janvier : réunion mentionnée dans le bulletin municipal , mais supprimée » relève Vincent Decombis.
Une idée de Maison du Patrimoine de Haute Moselle, pour Bussang, Saint-Maurice-sur-Moselle, Fresse-sur-Moselle, qui manque totalement, a été envisagée.
Voici trois semaines, la mission Stephane Bern s’est déclarée prête à intervenir financièrement, , comme la fondation du Patrimoine, sous réserve de l’appui de la mairie.
Une semaine avant la destruction, Urgences Patrimoine, qui a un fort impact national, a présenté un projet de réhabilitation, offrant des services gratuits : matériaux, architectes, chantiers participatifs.
A Bussang, seule la Popote du Théâtre du Peuple, ancienne auberge , était un bâtiment public de même période.
A Bussang, comme dans les environs, l’architecture XVIIIème siècle est ce qu’il y a de plus ancien, compte tenu des reconstructions après le terrible XVIIème siècle (Guerre de Trente Ans).
L’architecte des Bâtiments de France et le représentant du Service technique d’Architecture et de Patrimoine du département avaient estimé le 25 juin 2018 satisfaisant l’état du bâtiment, pour son âge de près 300 ans.
Notamment la charpente qu’ils avaient jugée remarquable et que la mairie a promis de réutiliser dans un auvent culturel, au centre du Parcours Pottecher .
« Mais on peut se demander, après la démolition très rapide le 23 et 24 avril, ce qu’il peut rester de cette charpente (par exemple : assemblages cassés.). Pour l’instant, au centre de son square, le buste de Maurice Pottecher est bien seul » ajoute Vincent Decombis. « L’Inventaire de Lorraine avait posé une demande de visite pour voir les lieux et leur contenu. Ainsi, par exemple, les faux marbres du couloir, probablement oeuvre de la célèbre école de Nancy, dont les artistes, amis de Maurice Pottecher, venaient à Bussang pour les décors du Théâtre du Peuple, il y a plus de cent ans ».
L’association RECRE rappelle ces mots de feu Marie Josée Onderet Pottecher, citant Malraux « Détruire le passé, c’est déshériter le futur… ».

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