Climat – Mai frais, printemps de saison

Après un mois de février printanier, un mois de mars bien doux et un mois d’avril à peu près de saison, mai 2019 a vu le retour de la fraîcheur. Il s’agit du mois de mai le plus frais depuis 2013. Frédéric Decker, de MeteoNews, revient sur ce mois de mai et dresse le bilan du printemps météo.

La fraîcheur a largement dominé durant la majeure partie de ce mois de mai sur l’ensemble de la France, la chaleur ne s’invitant qu’en toute fin de mois sur le pays, le 31. Cette fraîcheur a atteint son paroxysme en début de mois, entre le 5 et le 7. On peut même parler de froid puisque des records absolus de froid sont tombés par exemple le 6 avec -0,8 à Auch (ancien record +0,5 le 8/05/1987), -1,2 à Saint-Girons (-1,1 le 01/05/1960), -2,4 à Beauvais (égalant le 16 mai 1935), -2,7 à Rodez (- 1,9 le 09/05/1974) ou encore -2,8 à Guéret (-2,0 le 04/05/2016). Les gelées ont été particulièrement fréquentes et tardives,
mettant en péril de nombreuses cultures, notamment dans le domaine de la viticulture, juste après les fortes gelées de la mi-avril. La température moyenne nationale mensuelle atteint 13,4 degrés sur la France, soit 1,1 degrés de déficit. Il s’agit donc du mois de mai le plus froid de ces six derniers années, il faut remonter à 2013 pour retrouver plus frais avec 12,4 degrés. Mai 1984 détient toujours le record du mois de mai le plus froid depuis 1946 avec 11,2 de moyenne seulement. En plaine, Romorantin détient le record de froid du mois avec -3,8 degrés le 6. Les 30 degrés n’ont été atteints ou dépassés qu’à Nimes et surtout Carpentras avec 30,6 degrés de maximum national le dernier jour du mois. Quant au printemps météorologique, du 1er mars au 31 mai, il s’éloigne peu des normales en terme de températures, et ce malgré deux mois sur trois excédentaires : +1,3 en mars et +0,4 en avril. Avec une moyenne nationale de 11,4 degrés, le printemps 2019 dépasse la normale de 0,1 degré. Le dernier printemps aussi « frais » est récent : 2016 avec une moyenne plus faible, de 10,9 degrés. Le printemps le plus froid reste 1962 avec une moyenne trimestrielle de 8,7 degrés !

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Mai et printemps un peu secs.

Malgré des pluies assez régulières, mai 2019 a été relativement sec sur la France. Quelques régions ont toutefois connu un excédent assez marqué, notamment du Bassin Parisien à la Meuse, le nord des Alpes ou encore le piémont pyrénéen. Ailleurs, les précipitations ont été généralement inférieures aux chiffres habituels. La France a reçu en moyenne 57 mm de précipitations pour une normale de 68 mm, soit un manque de 16%. Mai 2011 détient le record du mois de mai le plus sec avec 24 mm seulement, alors que mai 1984 conserve le record de forte pluviosité avec 114 mm. C’est à Marignane qu’il a le moins plu avec seulement 7 mm d’eau dans le mois. A l’inverse, Biarritz a reçu 178 mm de précipitations. Ce printemps 2019 a été sec. La France a reçu 159 mm en moyenne pour une normale de 186 mm, soit un déficit de près de 15%. Les trois mois ont été déficitaires, plus particulièrement le mois de mars. Ce déficit saisonnier n’est toutefois pas très marqué, puis 22 printemps ont été plus secs depuis 1946, en particulier 2011, le plus sec avec une moyenne de 90 mm seulement en trois mois.

Printemps lumineux.

Le soleil n’aura pas fait de miracles en mai, se situant au niveau de la normale à 4 heures près : 215 heures de moyenne nationale pour une normale de 211 heures. Important près de la Manche, il a en revanche été déficitaire sur la Côte d’Azur et le nord de la Corse. Le soleil a ainsi brillé 3 heures de moins à Nice (237 heures) qu’à Dinard (240 heures). Les extrêmes du mois sont 141 heures pour le minimum national à Rouen et 306 heures pour le maximum à Carpentras. Sur l’ensemble du printemps, l’astre du jour s’est montré durant 601 heures sur la France, chiffre bien supérieur à la normale de 548 heures (+10%), surplus du essentiellement au mois de mars très ensoleillé.

Un mois de mai frais, sec et moyennement ensoleillé, qui clôt un printemps de saison côté thermomètre, lumineux et assez sec. La sécheresse de surface, qui s’installait dès la fin de l’hiver, a freiné son ardeur. Malgré des pluies encore assez faibles, les températures en berne et l’ensoleillement de saison ont ralenti sa progression.

Frédéric Decker, MeteoNews SA, mardi 11 juin 2019, 14 heures 00.

 

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