Remiremont – Le trou du tremblement rappelle un séisme de magnitude 8 en pleine ville

Parmi une curiosité bien figée dans le paysage romarimontain, le trou du tremblement, situé rue Maldoyenne, rappelle que Remiremont a vécu il y a un peu plus de trois siècles un terrible tremblement de terre. Un séisme survenu à deux heures du matin dans la nuit du 12 mai 1682. D’une magnitude 8, il avait occasionné de nombreux dégâts aux habitations et bâtiments, de même que d’étranges phénomènes. Pris de panique, les habitants partirent en nombre se réfugier dans la campagne voisine. Une page d’histoire rappelant d’autres faits, beaucoup moins tragiques certes, mais plus proches de nous avec les épisodes des années 1984 et 2003.

Le tremblement de terre de 1682 fait partie de l’histoire de la ville, mais encore des populations voisines. Un séisme d’une grande violence survenu dans la nuit du 12 mai de la dite année, sur le coup de deux heures du matin. Il fut ressenti jusque dans la Capitale, située à 420 km et parfois bien au-delà. Frappant de plein fouet la cité des chanoinesses où se concentrait l’épicentre de ce tremblement de terre, ce dernier fut particulièrement destructeur, endommageant de très nombreuses maisons et autres bâtiments, à tel point qu’un grand vent de panique s’empara de la population qui se réfugia dans toute la campagne environnante. Certains habitants y restèrent plusieurs semaines.

Des flammes sortant de terre, de l’eau devenant savonneuse

Ce grand tremblement, vieux de plus de trois siècles, fut d’ailleurs suivi d’une multitude de répliques qui se faisaient entendre toujours la nuit et jamais en cours de journée. Des répliques accompagnées d’un bruit à peu près semblable au tonnerre. L’histoire des faits évoque notamment que lorsque la voûte de l’abbatiale de l’époque s’effondra, personne ne l’entendit. Les tremblements furent ressentis avec la même force dans les fonds de vallées situés entre les montagnes proches de la ville. A Remiremont, l’on pouvait voir des flammes sortir de terre sans qu’il y paraisse le moindre trou. Mais à propos de trou, c’est un géant qui s’était formé au droit de la rue Maldoyenne où l’on aperçut dès lors une ouverture béante en forme de fente. Personne ne voulant d’ailleurs s’y aventurer à la suite pour en mesurer la profondeur !

Ce lieu, c’est ce que l’on nomme toujours le fameux trou du tremblement de 1682, parfaitement visible de nos jours. Lors de ce séisme, l’on raconte aussi que l’eau d’une fontaine proche de la ville en avait été troublée, se transformant aussi en eau de savon. De même qu’à Plombières-Les-Bains, les sources d’eau chaude jetaient beaucoup plus de vapeur qu’à l’ordinaire.

Si l’on se réfère aux données et techniques actuelles, tout porte à croire que le tremblement de terre de 1682 fut de magnitude 8 sur l’échelle de Richter. C’est d’ailleurs à cette intensité qu’il est aujourd’hui mentionné.

Au droit de la rue Maldoyenne, le trou du tremblement reste bien visible. .JPG
Au droit de la rue Maldoyenne, le trou du tremblement reste bien visible.

Un risque qui se concentre sur le fossé rhénan entre Vosges et Forêt-Noire

Beaucoup moins dramatiques et c’est heureux, nous sommes nombreux aujourd’hui à avoir en mémoire les secousses survenues les 29 décembre 1984 et 22 février 2003. Pour les premières, c’était un samedi à l’heure de midi. Des secousses ressenties jusqu’à Vesoul ou encore Belfort. Les sismologues ont enregistré ce jour-là une intensité de 4,8 sur l’échelle de Richter. Plusieurs répliques, de magnitude moindre, se sont répétées les deux journées suivantes, la dernière s’étant fait entendre lors du réveillon de la St. Sylvestre. Ces tremblements de fin 1984 furent néanmoins pris très au sérieux, puisqu’ils furent suivis de la venue à Remiremont du célèbre vulcanologue Haroun Tazief, alors Secrétaire d’État en charge des catastrophes naturelles.

En février 2003, l'épicentre se trouvait à Rambervillers, très ressenti à Epinal, tout comme à Remiremont et le quart nord-est du pays
En février 2003, l’épicentre se trouvait à Rambervillers, très ressenti à Epinal, tout comme à Remiremont et le quart nord-est du pays.

Et c’est aussi dans la soirée du 22 février 2003 qu’un séisme de magnitude de 5,4 fut bien ressenti à Remiremont tout comme à Epinal. Cette fois, l’épicentre se situait à Rambervillers, la secousse étant perçue jusqu’à Lille et avait même atteint l’Allemagne et la Suisse. Ces événements doivent nous rappeler que dans la région Grand-Est, le risque se concentre sur les bordures du fossé d’effondrement rhénan entre les Vosges et la Forêt Noire. Concernant plus précisément Remiremont, l’on évoque également la présence d’une faille qui partirait de Provenchères-Sur-Fave pour rejoindre Plombières-les-Bains.

Le risque se concentre sur les bordures du fossé d'effondrement entre les Vosges et la Forêt Noire
Le risque se concentre sur les bordures du fossé d’effondrement entre les Vosges et la Forêt Noire.

Il est indéniable que des petits tremblements de terre se produisent de temps à autre. De faible amplitude, ils ne sont alors pas ou très peu perfectibles, sachant qu’ils ne peuvent être ressentis que s’ils dépassent une magnitude située entre 1,8 et 2,2. Ou alors il faudrait être en situation de silence complet. Mais une chose est certaine, ça bouge sous nos pieds !

Article de Denis Philippe.