Remiremont – L’hôpital est malade et le malaise résonne au grand jour !

Le collectif inter-urgences de Remiremont, avec l’appui des organisations syndicales et de l’ADEMAT-H appelait à un rassemblement des différents personnels hospitaliers devant l’établissement, ce jeudi après-midi à partir de 14 heures. Un appel largement entendu qui s’est transformé en un défilé compact jusque la place Jules Méline où les participants ont fait entendre leurs revendications à coups de sifflets , sirènes, pétards et autres fumigènes. Un rassemblement qui a reçu le soutien de nombreux automobilistes appuyant sur leurs klaxons. Des tracts « En grève pour votre santé » leur ont été distribués. L’hôpital, c’est l’affaire de tous !

Nul doute que la manifestation du jour s’est fait remarquée avec, à l’appui, quelques enregistrements diffusés en chansons par une puissante sono installée dans une camionnette arborant les drapeaux des différents syndicats, CGT et CFDT en tête. Une bande son des plus réussie et adaptée à des airs connus du moment. « Nous, on fait le jour, on fait la nuit, notre combat c’est pour vous, l’ARS ne voit pas ce qui se passe en bas ». Les enchaînements se sont succédé à un rythme bien soutenu : «parfois, c’est bien difficile de travailler, on a même plus de pieds à perfusion, notre combat c’est pour vous, mais au vu des conditions budgétaires, les journées paraissent 72 heures ! ».

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Les revendications se définissaient nombreuses, l’heure semblait grave : « quand l’hôpital brûle, il faut réagir vite » pouvait-on entendre parmi les slogans sortant des porte-voix. Des élus sont venus apporter leur soutien aux manifestants. L’on remarquait ainsi les présences du député Christophe Naegelen, de Michel Demange, président de la Communauté de Communes de la Porte des Vosges Méridionales et maire de Saint-Etienne-les-Remiremont ainsi que Jean-Charles Foucher, adjoint à Remiremont. Jean Pierrel, le président de l’ADEMAT-H et des membres du comité de l’association figuraient également en première ligne.

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La suppression de 20 lits en diabétologie est dénoncée

Faire du bruit tout en faisant valoir une présence soutenue, le rassemblement a tenu ses promesses et c’est à plusieurs reprises que les personnels présents et participants ont effectué le tour du rond-point de la place Jules-Méline. Parmi les principales préoccupations exprimées par le biais de cette manifestation : le souhait d’une meilleure considération pour les usagers avec entre autres zéro hospitalisation sur brancard, davantage de lits en aval et davantage de personnels para-médicaux, une meilleure considération des dits personnels et une revalorisation salariale significative, mais encore davantage d’humanité en disposant de lits sans devoir passer des heures ou une nuit sur un brancard aux urgences.

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La suppression, depuis le 1er septembre, par la direction de l’hôpital de vingt lits au service de diabétologie est par ailleurs considérée comme une aberration. A ce niveau, le collectif et l’ADEMAT-H dénoncent la création d’un service de diabétologie à Epinal, considérant par la-même que cette solution ne compensera en aucun cas cette fermeture à Remiremont. Ce constat semble même flagrant puisque le service spinalien ne comporte que six lits.

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Pour l’ADEMAT-H, « la direction et l’Agence Régionale de Santé (ARS) continuent d’endormir la population ainsi que les élus en écrivant que Remiremont sera un hôpital spécialisé « Loi ma Santé 2022 » tout en affirmant par ailleurs que plus de 80 % des problèmes sont réglés à la suite de la mission de médiation menée par François Vannson, président du Conseil Départemental ». L’Association souligne encore : « cependant, dans les faits, chacun constate que, ni le contrat de performance (moins 25 millions d’économies et moins 250 emplois) , ni la feuille de route de la direction pour la mise en œuvre de ce contrat n’a changé d’un iota ».

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Au delà des urgences en colère et des revendications du jour, c’est aussi le coeur de l’hôpital qui demeure sous surveillance…

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Article et photographies : Denis Philippe.