Ski alpin – Les championnats de France de slalom géant pour la première fois dans les Vosges en 2021 !

Passé sous le seuil des 10.000 licenciés, le comité du massif vosgien de ski doit composer avec les vicissitudes de l’enneigement. Mais l’ambition et le dynamisme restent intacts.

Malgré la réorganisation territoriale, la Haute-Saône et le Territoire de Belfort sont restés dans le giron du comité de ski du massif vosgien. Faute de quoi les Belfortains auraient été contraints d’aller courir dans le Jura ! Pour le début d’une nouvelle olympiade (les mandats se calquent sur les JO), ils avaient l’honneur d’organiser l’assemblée annuelle ce samedi à Danjoutin où le président Jean-Marc Villemin a pu se féliciter d’une élite performante sur l’échiquier mondial dans toutes les disciplines. « Nous avons des résultats du plus haut niveau qui soit. Adrien Backscheider, en fond, nous est revenu des championnats du Monde avec la médaille de bronze du relais. En ski alpin, Thibaut Favrot réalise de superbes courses sur ses premiers géants, Victor Schuller entre en équipe de France et Clément Noël va briller de mille feux surtout dans le contexte du départ en retraite de Marcel Hirscher. Antoine Gérard est le meilleur Français en coupe du Monde de combiné nordique, Sylvain Dufour a de nouveau gagné en coupe du Monde de snowboard et les frères Claude assurent la relève du biathlon. Une belle génération de jeune fondeurs arrive dans le sillage de Delphine Claudel et il faut compter aussi sur Lilian Vaxelaire en combiné ».

Derrière cette excellence se cache la réussite du pôle espoirs installé au lycée de la Haie-Grislle à Gérardmer. « Tous nos champions sont passés là haut. En ski, nous sommes le seul pôle espoirs à maintenir la scolarité au lycée sur trois années au lieu de quatre partout ailleurs. Quasiment tous nos jeunes ont obtenu le bac avec une mention. Le lycée joue parfaitement son rôle avec Christian Meyer à la coordination, ses collègues CTS, Annick Vaxelaire en nordique et Brice Guth en alpin, et tous les entraîneurs des clubs ».

 
C’est un autre jeune talent que l’assemblée avait la joie de recevoir, le Thannois Théo Sillon, champion du Monde des juniors dans la discipline méconnue du Télémark. Autant les instances régionales que les dirigeants des clubs n’en oublient cependant pas la fragilité du système. « Nous descendons sous la barre des 10.000 licenciés, à 9.700, en perdant surtout du monde en loisir alors que pour la compétition, les chiffres restent stables ». Une baisse imputable à l’arrivée tardive de la neige cette saison et à la chute de la démographie dans les fonds de vallées.
Côté finances, avec le soutien des licenciés, des institutions et des mécènes à commencer par le Crédit Mutuel, l’exercice se solde par un bilan positif. Mais là encore, Jean-Marc Villemin est bien conscient « d’une nécessaire vigilance car nous sommes avant tout tributaires de la matière première. Quand l’on voit l’état de nos glaciers, nous sommes obligés d’aller chercher la neige partout où nous pouvons  pour nous préparer, en partant en Autriche. Dans l’hémisphère Sud, en Argentine et au Chili, les stages ont été repoussés d’un mois. Toute la planète est confrontée à la même problématique ».
L’enneigement aléatoire n’empêche pas la FFS de penser aux Vosges pour l’organisation des championnats de France de… slalom géant, en 2021 à Gérardmer, ce qui serait une première pour le massif vosgien. La proposition émane du président Michel Vion et le ski de fond, qui ne les a plus accueillis depuis… 1995 à Gérardmer, en bénéficiera également dès lors que ses infrastructures le lui permettront.
Au plan pratique, le comité régional songe à se séparer de son siège à Cernay, de moins en moins fréquenté avec la dématérialisation, pour rejoindre la maison de la montagne à La Bresse, tout en conservant un pied-à-terre en Alsace, probablement à Colmar.
Pas moins de 1.400 moniteurs fédéraux encadrent les compétiteurs mais comme l’ensemble du monde associatif, le ski vosgien pleure le manque de bénévoles. Jean-Marc Villemin a tendu la perche aux parents « présents au bord des pistes pour encourager leurs enfants. Je leur demande de bien vouloir nous aider dans les organisations. Sans cet effort, nous ne pourrons pas continuer à offrir cette qualité dans nos courses ».
David Jeangeorges.