Si une pluie fine s’est quelque peu invitĂ©e au rassemblement annoncĂ© sur le Champ-de-Mars puis au dĂ©filĂ© en ville, il en aurait fallu beaucoup plus pour entamer la dĂ©termination des quelques 300 personnes venues apporter leur soutien aux personnels des Urgences du centre hospitalier. La manifestation du jour demeurait de surcroĂ®t soutenue en bloc par les quatre organisations syndicales. Dans le cortège, des maires et adjoints de plusieurs communes du secteur, dont bien entendu Remiremont. De mĂªme que le dĂ©putĂ© Christophe Naegelen. Bien Ă©videmment, l’ADEMAT-H Ă©tait reprĂ©sentĂ©e, son prĂ©sident Jean Pierrel en tĂªte.
C’est à coups de sifflets et de slogans accompagnés d’un concert de casseroles que le cortège a rejoint la place Henri Utard, puis la rue Charles de Gaulle en empruntant la rue de la Franche Pierre. Après avoir fait un grand cercle autour du rond-point de la place Jules Méline, les participants ont ensuite rejoint le coeur de l’hôpital ou chacun fut invité à gonfler puis à déposer un ballon au centre d’une structure qui avait été mise en place.

L’instant d’après, place fut donnée aux différentes prises de parole. Un grand moment d’expression libre avec les interventions de Stéphanie Chevallier, médecin et vice-présidente de la CME, du Docteur Jérôme Tisserand, des représentants des différents personnels par les voix de Delphine et Céline, infirmières.

Pour StĂ©phanie Chevallier, ce fut l’occasion de dire : « sachez que la communautĂ© hospitalière Å“uvre au quotidien pour des soins de qualitĂ© et adaptĂ©s aux prises en charge. La complĂ©mentaritĂ©, avec le centre hospitalier d’Epinal, mais aussi avec le centre hospitalier universitaire de Nancy est nĂ©cessaire, mais elle doit se faire de façon cohĂ©rente en respectant les forces de chacun ». Et de poursuivre : «la communautĂ© mĂ©dicale s’oppose au dĂ©mantèlement progressif qui s’organise Ă plus ou moins bas bruit, touchant les services administratifs, logistiques et plus encore… Conscients que la santĂ© a un coĂ»t, les mĂ©decins de chaque service se sont rĂ©unis pour proposer des actions organisationnelles permettant des Ă©conomies, qui n’ont malheureusement pas Ă©tĂ© entendues. Mais je tĂ©moigne aujourd’hui, au nom de la communautĂ© hospitalière, de notre volontĂ© de faire perdurer et dĂ©velopper les activitĂ©s existantes, et en cela soyez assurĂ©s de notre motivation et de notre dĂ©termination ».

« Des réponses balayées à revers de main ».
Le docteur JĂ©rĂ´me Tisserand insistait pour sa part : « c’est le coeur de nos mĂ©tiers, pour nous personnels hospitaliers de vous venir en aide, immĂ©diatement et partout sur notre territoire et dans notre service d’accueil, quelque soit le jour et l’heure… Ce qui n’est en revanche pas notre coeur de mĂ©tier, c’est dâ€™Ăªtre en grève, assignĂ©s collectivement depuis 123 jours, c’est de devoir recueillir 500 soutiens au sein de notre cahier de pĂ©tition… Ce n’est pas non plus nos habitudes de solliciter votre soutien mesdames et messieurs, chers collègues, en vous demandant de venir symboliquement dĂ©poser un ballon, votre coeur, notre coeur, au sein de l’hĂ´pital de Remiremont, votre hĂ´pital, notre hĂ´pital ».

La parole fut ensuite donnĂ©e Ă Jean Pierrel, prĂ©sident de l’ADEMAT-H, puis aux reprĂ©sentants des organisations syndicales. Puis, c’est Jean Hingray, le maire de Remiremont et prĂ©sident du conseil de surveillance du centre hospitalier qui intervient : « l’excellence de notre hĂ´pital permet de croire Ă son avenir. Les Urgences ont des difficultĂ©s sur le plan national, mais je peux vous dire qu’il y a des mĂ©decins et autres personnels qui candidatent pour venir Ă Remiremont. Mais ce qui est Ă©tonnant, ces praticiens n’ont pas de rĂ©ponse Ă leur candidature. Il va Ăªtre nĂ©cessaire de faire le point Ă ce sujet avec le directeur d’établissement ».

C’est ensuite le député Christophe Naegelen qui clôturera en évoquant deux problématiques . D’abord d’ordre national : « on a besoin de fonds en plus pour les Urgences ». Concernant l’aspect local, le député dira : « il y a des réponses qui sont balayées à revers de main. C’est inconcevable d’avoir des directeurs qui n’écoutent pas. A l’ARS Grand-Est, on vient avec nos problèmes pour se faire entendre, on a besoin de réponses rapides et en lien avec vos attentes précises ». Le député ajoutera encore : « en août dernier, j’ai pris le temps de venir à plusieurs reprises afin de faire le tour des services de l’hôpital, cela m’a permis de bien cibler et de comprendre vos réelles attentes ».

Il y a vraiment urgence pour l’hôpital, ici comme dans 266 autres établissements actuellement recensés en grève au niveau national.
Article de Denis Philippe.
Les différentes interventions.
iIntervention Jerome Tisserand CIU
Photographies : Jean-Claude Olczyk.

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