Un Collectif vosgien des EHPAD s’est constitué pour défendre les intérêts des résidents. Les familles ne veulent plus subir d’augmentation de tarifs pour l’immobilier des EHPAD.
3 EHPAD se sont regroupés en Collectif : Géradmer, Mirecourt-Mattaincourt et la Bresse. Les familles protestent contre la hausse des tarifs « qui n’améliore même pas la vie des résidents ». Lassées de ne pas parvenir à sa faire entendre, elles se regroupent pour peser.
Des augmentations exorbitantes
« Les prix de journée deviennent exorbitants, parce que le département se désengage. Il ne subventionne plus la rénovation des EHPAD à la même hauteur. Le financement est passé de 40% à 25% et les 15% manquants sont reportés sur les résidents ». Le département des Vosges qui était un des mieux équipés se retrouve aujourd’hui avec des bâtiments qui ont plus de 20 ans et qu’il faut rénover.
On fait comment ?
L’EHPAD de Mirecourt est en cours de rénovation pour 17M€ (et 200 lits). Les familles devront payer 90€ de plus par mois au 1er janvier 2020 et 90€/mois de nouveau au 1er janvier 2021. « Ça fait 200€ de plus par mois, ma mère ne pourra plus payer. Moi je ne peux pas non plus les donner parce que je vis avec 300€. On fait comment ? », témoigne une des familles. « Sans compter qu’il faut ajouter le coiffeur, les habits et les produits spécifiques qui sont à la charge des familles », complètent les autres.
30% seulement ont des revenus suffisants
D’après l’étude Xerfi, le prix de séjour mensuel dans un EHPAD varie de 1600€ dans la Meuse à 3100€ en Ile de France. Dans les Vosges, le prix de journée tourne autour de 1700 à 1800€. Mais le revenu médian est de 800 à 1200€. « À la Bresse, le tarif est de 1700€, mais la plupart des résidents ne touchent que 800€ de retraite», précise Annie Aucante, présidente de l’association de défense des résidents de La Bresse. Un résident reste en moyenne 3 ans en EHPAD. D’après l’étude Xerfi réalisée au niveau national, 30% des résidents ont des revenus suffisants, 11% doivent faire appel à leur entourage, 5% vendent leur patrimoine. (Beaucoup n’ont pas répondu).
Ce sera nous demain !
« Non seulement on ne voit pas d’améliorations aux conditions de prise en charge, mais en plus, on aggrave les choses en ajoutant à la facture la rénovation de l’hébergement, s’insurge Colette Zamaron pour l’EHPAD de Mirecourt-Mattaincourt. Ce sont nos parents aujourd’hui, ce sera nous demain, c’est vous ! On ne fait pas payer aux élèves les murs de leur école».
Pas d’immobilier dans le contrat de séjour
Le collectif veut sortir l’immobilier du contrat de séjour. « Surtout qu’on confie la construction à des architectes qui ne se rendent pas compte des besoins fonctionnels, poursuit une autre. Ah c’est beau, mais on a des couloirs immenses qui doublent le nombre de km parcourus, des patères tellement hautes que c’est impossible de les atteindre si vous êtes en fauteuil et des placards au-dessus des portes, qui nécessite de monter sur un escabeau ! ».
Des disparités selon les départements
Le contrat de séjour devrait servir à payer le personnel, le fonctionnement et la qualité de vie des résidents. Pour le Collectif, la prise en charge par les départements apporte de graves disparités dans la prise en compte des personnes dépendantes en fonction des moyen du département et de ses choix politiques.
Que le département assume ses responsabilités
« S’il y a des sous, nous demandons qu’on les mette plutôt sur la prise en compte des personnes que sur les routes et si les départements n’ont plus les moyens de payer les bâtiments, qu’ils redonnent cette compétence à l’État ». Le collectif craint que le recul des collectivités ne laisse la place à la privatisation.
Un pour un
Les projections donnent un nombre de personnes âgées et dépendantes en hausse significative d’ici 2030. « Il va bien falloir prendre le problème à bras le corps car rien en bouge ! ». Et dans l’idéal, le collectif souhaite aller vers un accompagnement de 1 soignant pour une personne. Aujourd’hui dans les Vosges, ce taux est de 0,25 soignant pour une personne.


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