Cornimont – La commune va recourir à la vidéoprotection

Lors du dernier conseil municipal, le Maire a rappelé que lors du dernier séminaire de novembre dernier, elle avait fait un point sur les différentes dégradations constatées sur les équipements publics au cours de l’année 2019 (en constante augmentation et allant même jusqu’à la destruction totale des toilettes publiques du centre-ville durant les vacances de la Toussaint).

Au vu de ces éléments, les services se sont rapprochés du « référent sûreté » du groupement de gendarmerie des Vosges afin de connaître les modalités de mise en œuvre d’une éventuelle vidéoprotection.

Une analyse précise des lieux a été menée sur le territoire communal début janvier avec le référent sûreté, la gendarmerie et le policier municipal ; le résultat de cet l’audit a été transmis le 29 janvier 2020.

Les travaux de mise en place de la vidéoprotection visant la sécurisation des espaces publics sont éligibles à l’appel à projet 2020 relatif à la Dotation d’Equipement des Territoires Ruraux (DETR), ainsi qu’au Fonds Interministériel de la Prévention de la Délinquance (FIPD).

Il est précisé que la commune pourrait prétendre à un taux d’intervention pouvant atteindre 40% au titre des dépenses éligibles (plafonnées à 50 000 €) à la DETR.

Une conseillère demande si les enquêtes menées ont abouti? Mme le Maire répond positivement pour certains méfaits, pour d’autres les investigations continuent.

Mme le Maire cite encore des incidents récents, porte, escalier, luminaires saccagés ainsi qu’à la Maison de Santé où les professionnels sont demandeurs d’un équipement de surveillance.

Elle indique que le diagnostic réalisé s’inscrit dans le cadre d’une mission de service public et revêt un caractère strictement confidentiel. Les mesures de sûreté devront se conformer à la réglementation en vigueur.

Elle rappelle que la vidéoprotection de la voie publique doit préserver la liberté fondamentale d’aller et venir. L’accès aux enregistrements des images via un logiciel ne sera réservé qu’aux personnes habilitées (Mme le Maire, Le Policier, le DGS).

La mise en place d’une vidéoprotection a pour but de dissuader la personne mal attentionnée, de faire baisser le nombre de méfaits, de renforcer le sentiment de sécurité, de localiser les lieux…

Mme le Maire donne quelques chiffres :

  • Atteintes volontaires à l’intégrité physique : 13 agressions en 2019
  • Cambriolages : 14 en 2019
  • Casses : importants sur ces 2 dernières années

Elle souligne le « ras bol » de toutes les victimes et aussi du personnel communal qui doit chaque semaine remplacer des vitres, des portes, des équipements, des arbres…

Une conseillère demande si d’autres communes ont installé ce dispositif et si les résultats sont concluants?

Mme le Maire indique que là où la vidéoprotection est installée (des panneaux permettent d’en assurer la communication), les infractions diminuent. Elle informe qu’une visite est programmée à Pouxeux qui dispose de cet outil de protection.

Un conseiller souligne que l’on aborde là un débat de société… on assiste à une augmentation d’incivilités… démission des parents, responsabilité de l’État avec notamment la baisse des forces de l’ordre et des services publics dans les territoires ruraux. L’État retire des effectifs pour les redéployer ailleurs!

Il souligne le fait que l’État a conscience de la délinquance puisqu’il subventionne la mise en place de vidéoprotection.  La présence de caméras ne fera que déplacer les problèmes, les dégradations, favoriser le port de masques…

Il souligne les coûts élevés de l’investissement mais aussi de la maintenance et constate que c’est un nouveau marché et qu’il est dommage de s’y engouffrer.

Il prend l’exemple de la ville de Saint-Étienne avec la reconnaissance faciale voire même la reconnaissance auditive (avis négatif de la CNIL) et se demande où l’on va!

Pour terminer, il préconise plutôt une démarche communale voire intercommunale avec le recrutement de personnel affecté à la surveillance du territoire.

Un autre conseiller s’interroge sur la réelle efficacité de cette vidéoprotection. Il cite la ville de Nice qui a réservé un important budget pour la sécurité et dont les résultats sont hélas peu concluants. La multiplication des caméras (+ de 2 000) et le personnel de surveillance (80 personnes 24h/24) n’ont pas empêché l’attentat…

Il indique que seulement 3% des enquêtes sont solutionnées par la vidéoprotection (au niveau national). Il reste persuadé que l’augmentation des incivilités est favorisée par le manque de présence humaine. En effet, auparavant, les forces de l’ordre étaient sur le terrain, les habitants également s’éternisaient dehors tard le soir…

De plus, on nous demande de placer aux sorties d’agglomérations des caméras pour repérer les suspects mais là c’est différent, on place des caméras pour enrayer les dégradations sur les biens publics. On va rassurer la population, certes, mais l’efficacité…

L’efficacité n’est pas avérée et certains veulent aller plus loin et investir dans des drones!

Il se demande quel est le coût de l’investissement pour notre commune? Il a lu que le prix de revient par caméra s’élève à 15 000 €.

Pour terminer, il pense que les délinquants resteront mais que les dégradations se feront à des endroits non surveillés.

Un conseiller revient sur tout ce qui a été dit et fait remarquer que nos téléphones portables permettent déjà de nous « pister ».

Il reconnait que le coût de l’équipement est élevé par rapport au faible pourcentage de résultats mais pense qu’il ne faut pas raisonner comme cela. Il donne l’exemple des Sapeurs Pompiers qui sauvent 1 voire 2 vies grâce à un véhicule spécifique qui ne va servir qu’occasionnellement et l’exemple du tueur identifié grâce aux équipements de surveillance installés dans une petite commune.

Mme le Maire tient à rappeler les 2 vols commis aux services techniques qui n’auraient certainement pas eu lieu avec la videoprotection.

Elle pense que pour des communes de notre dimension, c’est une solution efficace (exemple à la base de Loisirs de Saulxures). De toute façon, il faut agir, on ne peut pas réparer sans cesse.

Elle propose donc de prendre position sur le dépôt de ces deux dossiers de demande de subvention.

Un conseiller reprend la parole pour demander s’il y aura d’autres votes pour la mise en place de la vidéoprotection?

Il est répondu que cet investissement sera inscrit au budget dans les opérations et sera donc soumis au vote du prochain Conseil.

Le Conseil Municipal approuve à 21 POUR, 2 CONTRE (MM. Denis Calvi et Pascal Mougel) et 2 ABSTENTIONS (Mmes Aurore Calvi et Chantal Thierrard-Job) le programme relatif à la mise en œuvre d’une vidéoprotection pour un montant total de 78 340 € HT, sollicite à cet effet l’aide financière de l’Etat, au titre de la Dotation d’Equipement des Territoires Ruraux (DETR) 2020 – programme « vidéoprotection » à hauteur de 40% (des 50 000 € HT de dépenses éligibles), soit 20 000 € ainsi qu’au titre du Fonds Interministériel de la Prévention de la Délinquance (FIPD).