Depuis plusieurs semaines déjà , l’Agence Régionale de Santé Grand Est a mis en place une organisation sur le territoire pour préparer le système de santé à d’éventuels cas de coronavirus.
Par mesure de précaution, pour faire face à une éventuelle épidémie COVID-19, le Ministère des Solidarités et de la Santé a demandé aux ARS de renforcer cette organisation et de mettre en place une « plateforme de veille et d’urgence renforcée ».
Les objectifs : identifier et organiser les renforts nécessaires au sein de l’ARS, assurer la gestion des premiers cas possibles ou confirmés, et planifier la réponse de la montée en puissance du système de santé.
Quelle est la stratégie régionale mise en place ?
Dans cette première phase « pré-épidémique », la stratégie est de détecter et de prendre en charge le plus précocement possible les cas et les personnes dîtes « contacts » afin d’éviter toute diffusion du virus.
Cela se traduit aujourd’hui par :
ï‚· un travail rapprochĂ© avec les Ă©tablissements de santĂ© de la rĂ©gion pour prendre les mesures de protection nĂ©cessaires, assurer la sĂ©curitĂ© des personnels soignants et organiser la prise en charge des patients ;
ï‚· une hospitalisation systĂ©matique de tous les cas confirmĂ©s dans les Ă©tablissements de santĂ© de rĂ©fĂ©rence ;
ï‚· une gestion rapprochĂ©e des cas dits « possibles » : en rĂ©gion Grand Est, les cas possibles sont actuellement orientĂ©s vers le CHRU de Nancy et les HUS Ă Strasbourg (les Ă©tablissements de santĂ© de rĂ©fĂ©rence) ;
ï‚· une identification et une prise en charge des personnes contacts qui auraient pu Ăªtre exposĂ©es au virus : l’ARS et la cellule rĂ©gionale de SantĂ© publique France mènent des enquĂªtes « contact » autour des Ă©ventuels cas confirmĂ©s.
ï‚· une mise Ă l’isolement Ă domicile des personnes contacts, durant 14 jours.
Pour sĂ©curiser cette prise en charge, un premier niveau de rĂ©ponse s’appuie sur des Ă©tablissements de santĂ© de rĂ©fĂ©rence, habilitĂ©s pour le Covid19. Ce sont les CHU de Nancy et de Strasbourg. Un deuxième niveau vise des Ă©tablissements de santĂ© qui pourront Ăªtre mobilisĂ©s en seconde intention pour augmenter les capacitĂ©s des Ă©tablissements de première ligne, si besoin. Il s’agit des Ă©tablissements siège de SAMU. Il y en a un par dĂ©partement. D’autres pourront Ă©galement Ăªtre mobilisĂ©s si cela devait Ăªtre nĂ©cessaire, en fonction de leurs compĂ©tences disponibles en infectiologie.
La situation en Italie va-t-elle pousser les autorités sanitaires à faire évoluer cette organisation ?
Le dispositif de gestion des cas possibles va Ăªtre Ă©tendu aux personnes revenant de Lombardie et de VĂ©nĂ©tie (Italie) et des autres pays oĂ¹ le virus a effectivement circulĂ© (Chine continentale, Hong-Kong, Macao, Singapour, CorĂ©e du Sud). Tout cas confirmĂ© fera l’objet d’une investigation Ă©pidĂ©miologique afin de retrouver tous les contacts rapprochĂ©s du cas confirmĂ©.
Le public doit-il d’ores et déjà adopter des mesures de précaution ?
Les personnes qui reviennent de ces pays et régions et qui présentent des signes (fièvre ou sensation de fièvre, toux et fatigue) doivent contacter le SAMU Centre 15 pour une évaluation de leur situation. En cas de suspicion, un test sera réalisé. Comme pour l’épisode de grippe saisonnière, les « mesures barrières » (tousser dans son coude, utiliser des mouchoirs à usage unique, porter un masque, se laver régulièrement les mains avec une solution hydro-alcooliques) sont efficaces.
