Remiremont – Les chèvres du Parmont déconfinées

Respectueux des consignes de confinement, attestation de déplacement dérogatoire en poche, je me suis récemment rendu au Fort du Parmont, profitant du soleil généreux de ce printemps si particulier.

Que la nature est belle !

Ayant pris soin de vérifier que le Fort du Parmont s’inscrivait bien dans le rayon d’un kilomètre de mon domicile, casquette vissée sur mon crâne dégarni, chaussures de marche aux pieds, me voilà parti à l’assaut du mont abritant le Fort du Parmont. Quelle chance de pouvoir prendre l’air et d’arpenter nos jolis sentiers à travers nos résineux ! Une marche bucolique s’il en est ! La nature nous offre ses couleurs de printemps avec le vert tendre des jeunes pousses, les fleurs qui explosent de partout : cerisiers sauvages, pommiers de nos vergers visibles dans la vallée… Magnifique également le jaune vif des fleurs de genets, etc…

Tout en marchant, je pense à ces millions de personnes qui restent confinées dans les petits appartements des immeubles des grandes villes, je mesure ma chance ! Au passage, un petit écureuil me salue tout en continuant sa grimpette le long d’un majestueux sapin élancé vers le ciel. Et ce soleil généreux qui accentue l’épanouissement de cette grandiose nature, que c’est beau ! Fort heureusement l’astre du jour, ce beau disque d’or, est là pour atténuer l’effet délétère du confinement.

Après une bonne petite grimpette, me voilà presque au sommet à quelques pas de l’entrée du Fort du Parmont. C’est alors que je profite d’une rencontre imprévue mais bien sympathique. En effet, je me retrouve nez à nez avec les hôtes du fort, un petit groupe de chèvres aussi belles les unes que les autres. Les gourmandes, heureuses bêtes, sans contrainte de confinement, elles vont et viennent, tout en boulottant goulûment toutes les jeunes pousses des arbrisseaux qui renaissent.

Pas sauvages pour deux sous, elles me regardent entre deux dégustations de verdures. Au passage, je leur demande si elles ont leur « ausweiss » ? C’est alors que l’une d’elle, aussi belle que la chèvre de ce bon Monsieur Seguin, me rit au nez en me faisant comprendre « passe donc ton chemin…et laisse nous en paix » !

Après avoir tiré ma révérence auprès de ces braves biquettes, heureux de cette rencontre, j’ai repris mon bâton de pèlerin sans omettre de me rendre au point de vue. Quelle vue magnifique sur la ville, tout en léthargie en ces temps de confinement. Et que dire de nos ballons qui se découpent sur l’horizon, un vrai moment de délectation ! Merci à cette nature si généreuse que l’on ne prend pas suffisamment le temps d’admirer tant nous sommes aspirés par le tourbillon de la vie !

Le livre largement documenté sur le Fort du Parmont.

Ayant passé, au cours de ma jeunesse, des heures et des heures à jouer au cœur même du Fort du Parmont, je n’ai pas hésité l’ombre d’un instant à acheter le livre tout récemment sorti des presses titré « Le Fort de Remiremont ou Fort du Parmont ». Très largement documenté, ce livre a été écrit par Henri Ortholan et Patrick Poirier. L’histoire dudit fort, s’inscrivant dans la ceinture d’ouvrages du Général Séré De Rivières, est très largement détaillée.

De nombreuses photographies illustrent l’ouvrage et il est bien sûr fait référence à l’immense travail de réhabilitation entrepris par le Comité de Sauvegarde du Fort du Parmont et son président Jean-Pierre Andreux. En lisant le livre, je ne manquai pas de me remémorer les batailles de cocotes de sapins et les parties de cachettes dans les souterrains du fort… une tranche de vie : c’était hier… ou presque !