Saint-Etienne-lès-Remiremont – Foyer AGFLA : l’après incendie et ses conséquences

Le foyer AGFLA de Saint-Etienne-lès-Remiremont a pris feu dans la nuit du 15 au 16 janvier, les résidents ont alors dû être évacués et relogés et n’ont toujours pas retrouvé leurs appartements à ce jour. Rencontre avec le directeur de l’établissement Thierry Fremiot.

« Je remercie bien sincèrement les propriétaires de l’hôtel du Centre à Plombières-les-Bains et des studios du Parc de Plombières-les-Bains qui ont répondu immédiatement à notre demande, ils ont accepté de reloger 35 personnes. Merci à la ville de Plombières-les-Bains qui a su les accueillir. Ils y sont restés jusqu’au 11 mars, soit presque jusqu’au début du confinement. Vraiment merci à eux, car ils ont tous bien réagi et ils nous ont permis de continuer notre travail. Depuis mars, l’AGFLA héberge quelques personnes dans des logements qu’elle loue, et elle a signé une convention avec l’AFPA de Remiremont pour 30 chambres, ce qui a permis aux personnes concernées de se rapprocher de la ville et du foyer. N’oublions pas qu’ils n’ont pas de permis de conduire et donc pas de moyen de locomotion » souligne Thierry Fremiot, directeur du foyer.

Depuis janvier, les expertises se sont succédé et aujourd’hui, le propriétaire des lieux Vosgelis et son locataire l’AGFLA travaillent en parfaite collaboration pour que les bâtiments puissent être réparés au plus vite et dans les meilleures conditions possible. « J’apprécie de travailler avec Christophe Fabre, le responsable de l’agence Vosgelis de Remiremont, et Clément Claudel, son technicien de maintenance, je les remercie et les félicite pour cette belle collaboration et coordination que nous avons ensemble dans la remise aux normes de ce bâtiment. Vosgelis souhaite refaire ce bâtiment au mieux, dans l’intérêt du public qui l’occupe et en fonction de ses difficultés, afin de lui apporter l’hébergement le meilleur qui soit » précise le directeur.

Pour l’heure, une entreprise de nettoyage a été chargée de retirer la suie et tout ce qui est partie en fumée (mobilier, vaisselle, linge, etc), soit 180 mètres cubes de déchets. Thierry Fremiot mise sur une année de travaux : « nous avons pris 4 mois de retard suite à la crise sanitaire, nous allons lancer les appels d’offres, puis les travaux pourront alors commencer ».

Habitué à gérer bien des problèmes sociaux de toutes sortes, le directeur est cependant inquiet pour les temps à venir : « j’ai l’impression d’avoir fait un retour en arrière de 10 ans sur la politique sociale. Il y a des gens en très grandes difficultés, ils arrivent ici les mains dans les poches sans rien. Si on ne peut pas leur donner un logement décent, que vont-ils devenir ?  La situation est de plus en plus compliquée avec des solutions de plus en plus difficiles à trouver pour leur permettre de trouver une place dans la société. Je suis très inquiet pour la prise en charge, à tout les niveaux, des personnes en difficultés, et il ne faut pas oublier que cela peut arriver à n’importe qui, un petit grain de sable dans le rouage et on tombe de l’autre côté, on fait partie des personnes en difficultés. « Pour ma part, je n’ai eu aucune manifestation, quelle qu’elle soit, de la part des élus politiques. Seul Albert Henry, alors maire de Plombières-les-Bains, s’est inquiété du sort de toutes ces personnes. Le maire de Saint-Etienne-lès-Remiremont ne m’a jamais appelé pour savoir ou j’en étais avec toutes ces personnes et ce qu’elles devenaient, j’aurais apprécié qu’en étant installé sur cette commune, il m’appelle pour me demander de leurs nouvelles, mais rien ! Nous avons été logés une journée dans la salle polyvalente, puis plus rien ! » s’émeut Thierry Fremiot.

Si le directeur de l’AGFLA est inquiet face à la crise économique et sociale qui prend de l’ampleur par rapport à la crise sanitaire, il étudie la possibilité de louer des logements Vosgelis pour une éventuelle colocation. « Du côté positif,  j’ai pu maintenir mon équipe de 4 salariés, sauf pendant le confinement. Nous avons continué à suivre toutes les personnes en difficultés, et ce aussi bien au niveau social qu’administratif » conclut Thierry Fremiot.

C.T.