Festival du film fantastique de Gérardmer : Bertrand Bonello et Pio Marmaï sont les présidents des jurys

Le réalisateur Bertrand Bonello présidera le Jury des longs métrages de la 28e édition du Festival international du film fantastique de Gérardmer. Le comédien Pio Marmaï sera quant à lui président du Jury des courts métrages.

Rendez-vous du mercredi 27 janvier midi au dimanche 31 janvier minuit pour cette édition exceptionnelle du festival en ligne.

Sur la toile, personne ne vous entendra crier…

Bertrand Bonello, le fantastique en viatique

« Le cinéma de genre permet de mettre en scène ses peurs »

« Le Mort vivant, c’est l’humanité perdue »

Avec huit longs métrages – dont trois présentés en compétition au Festival de Cannes, Tiresia (2003), L’Apollonide – Souvenirs de la maison close (2011) et Saint Laurent (2014) – huit courts métrages, une exposition au Centre Pompidou (« Résonances », 2014), un livre (« Films fantômes »), des albums et de nombreuses interventions musicales (il a signé 3 albums, il est membre du collectif Laurie Markovitch et compose la musique de tous ses films), Bertrand Bonello est un artiste aussi sulfureux qu’accompli, qui ne cesse de surprendre par sa singularité dans le paysage de la création contemporaine.

Au cinéma, Bertrand Bonello ensorcelle littéralement les genres qu’il aborde en leur insufflant une liberté toute personnelle, teintée d’onirisme, de sensualité et d’obsessions troubles. C’est à la manière d’un peintre qu’il tisse les motifs récurrents de son oeuvre.

L’étrangeté qui se dégage dès son premier film intimiste Quelque chose d’organique, se propagera dans toute son oeuvre jusqu’au fantastique assumé de son dernier film en date Zombi Child, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs en 2019.

Le fantastique irrigue tous ses films dans la quête sensorielle et envoûtante d’une humanité perdue. Le Pornographe (2001), Tiresia (2003), De la Guerre (2007) déjouent les évocations de leur titre pour conduire le spectateur aux frontières du réel, cultivant avec le genre l’attrait du mauvais goût, la présence des fantômes et le retour des morts, la défiguration des corps, l’exploration des sombres inconscients et du désir, les obsessions déviantes, l’amour de Jacques Tourneur et d’Alfred Hitchcock… et musicien oblige, les expériences sonores déroutantes.

Avec L’Appollonide, Bonello fait d’un film historique une traversée des apparences, une plongée dans les noirceurs de l’âme et les souffrances du corps ; il fait littéralement muer Nocturama (2016), thriller politique visionnaire ultra stylisé, vers l’abstraction du genre, où les personnages évoluent entre mannequins sans visage, décors vides et ultime violence.

Bonello dérange la surface des choses et travaille la matière première de ses films comme une étoffe. Son biopic Saint Laurent n’est autre que la poursuite de l’obsession de l’au-delà des apparences où sa mise en scène enchevêtre l’élégance de la haute-couture à sa propre morbide disparition.

Nul hasard si Asia Argento (présidente du jury qui aura précédé Bonello à Gérardmer en 2020) interprète un double personnage inspiré de Cindy Sherman dans le court métrage qu’il réalise en 2005 Cindy : The Doll is Mine.

Magnétique, Pio Marmaï

« La normalité, ça m’a toujours fait chier »

Pour présider le jury du court métrage de cette année, il nous importait de donner la voix à une personnalité suffisamment magnétique pour aimanter un public fragmenté aux quatre coins de France derrière ses écrans. Pio Marmaï nous a fait l’amitié d’accepter cette invitation avec l’enthousiasme qui le caractérise.

Acteur de théâtre, avec 32 longs métrages à l’actif de sa jeune carrière, Pio Marmaï dévore la vie et les expériences. Nommé au César du Meilleur Espoir masculin pour son rôle de grand frère rebelle dans Le Premier jour du reste de ta vie de Rémi Bezançon en 2008 et pour sa prestation dans D’amour et d’eau fraîche d’Isabelle Czajka en 2009, il navigue depuis avec grâce et sans frontières entre films d’auteur et cinéma populaire, comédies, drames et films de genre. Amateur du cinéma américain autant que de Michael Lonsdale, Pio Marmaï incarne une forme de liberté et de légèreté dans un monde souvent cloisonné.

Sa carrière en mouvement respire l’audace et la curiosité, les expériences et l’éclectisme.

Acteur athlète, physique, authentique, un visage où la beauté le dispute à l’aspérité, Pio Marmaï porte en lui une distance toute naturelle et un goût du jeu communicatif qui est la marque des grands acteurs.

« Il a une telle liberté. Il a ce détachement, cette implication et cette beauté. Il est libre » dit de lui Pierre Salvadori avec lequel il vient de tourner La Petite bande. Une liberté à retrouver bientôt et plus que jamais sur nos grands écrans !