Remiremont – Restaurateurs et cafetiers évoquent leur situation sur le parvis de l’Hôtel de Ville

Ils font tout pour tenir bon financièrement et moralement, mais leur situation paraît bien démotivante. Les cafetiers et restaurateurs de la ville et des environs se désolent  de plus en plus de ne pas savoir de quoi demain sera fait. Depuis le 29 octobre dernier, ils vivent une profession au bord de l’asphyxie. Tous sont conscients que l’éclaircie n’est pas encore pour demain, à tel point que se pose aujourd’hui la véritable question : « pourrons-nous ressortir nos terrasses à l’arrivée des beaux jours ? ». Si du côté des restaurateurs, la pratique des ventes à emporter permet de survivre quelque peu, les cafetiers, eux, ne voient pas le bout du tunnel.

C’est un rassemblement convivial et dans le calme absolu qui a été tenu ce lundi après-midi sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Restaurateurs et cafetiers ont démontré toute la solidarité de leur profession mise à bas depuis le 29 octobre dernier. Un peu plus de trois mois déjà qu’ils sont fermés par décision gouvernementale. Une situation qui perdure et qui les mets à mal. C’est avec la bénédiction de l’Union Romarimontaine des Commerçants et Artisans (URCA)  que ce rassemblement a pu être mis sur pied, à l’initiative de Diana Kvanou, responsable de l’enseigne  « Madame Galette ».

Un rassemblement sans banderoles, ni pancartes de contestation, la preuve que l’on sait bien se tenir du côté des restaurants et des bars. Juste un petit pannonceau qui voulait dire beaucoup : « je suis restaurateur, je suis hôtelier, je suis barman, je suis client ». Traduction de métiers qui manquent à beaucoup, que l’on soit d’un côté ou de l’autre de la table ou du comptoir.

Les plats à emporter, pas toujours une solution suffisante

En chef de file de la rencontre, Diana Kvanou affiche sa réelle détermination de s’en sortir. Il faut écrire que sa situation est particulière : elle a ouvert son établissement le 20 octobre 2020 et 9 jours plus tard est survenue la contrainte de la fermeture.  Même pas le temps de fidéliser une petite clientèle et le couperet est tombé. Avec 3.000 euros de charges par mois. Sans perdre un instant, il lui a fallu rebondir grâce à la vente à emporter pour un chiffre moyen de 500 € par semaine. Mais loin du bon compte, elle a du trouver un autre moyen de s’en sortir en prenant  temporairement un emploi de vendeuse au magasin Pinkie. «Il fallait que j’agisse pour garder la tête haute. C’était cela ou avoir recours à un prêt qui m’aurait entraîner vers d’autres difficultés » souligne Diana Kvanou.

Du côté du San Rémo, Mimo Gambardella, s’est tourné vers un emploi par intérim afin de conforter sa situation. Alors que son restaurant fait d’ordinaire travailler 10 à 12 personnes selon les saisons, les seules ventes à emporter (plats cuisinés et pizzas) avaient bien fonctionné jusqu’à l’instauration du couvre-feu de 18 h. Depuis début janvier, les choses se sont aggravées, car il est évident que les clients ne conçoivent pas venir commander des pizzas à 16 h 30 ou 17 h. « Des efforts, j’en ai consenti » assure le responsable, toujours partant pour des livraisons à 20 km autour de Remiremont. Tout en oeuvrant à la préparation de ses ventes à emporter et pour s’en sortir au mieux, Mimo Gambardella occupe un poste d’intérimaire à l’Intermarché de Saint-Nabord. Une double situation qui lui prend jusqu’à 14 ou 15 h par jour « pour gagner beaucoup moins certes, mais avec la force de devoir s’en sortir » nous a t-il précisé avec une forte détermination.

Chez les autres restaurateurs, les instants de survie reposent également sur les ventes à emporter ou encore à livrer, parfois en vélo le soir, comme le fait Raphaël, du restaurant Le Globe « parce que les gens ne sortent plus avec le couvre-feu avancé ».

Un grand manque qui se ressent à travers la ville  

Les restaurants et les bars fermés, c’est un peu toute la ville qui suffoque. Une preuve que les métiers de bouche et les lieux de rencontres constituent un véritable appel de vie. Un avis que partage Yannick Antoine, président de l’URCA, présent ce lundi aux côtés des restaurateurs et cafetiers. Le député Christophe Naegelen, tout comme le maire de la cité, Jean-Benoît Tisserand et  l’adjoint au Commerce Bruno Haillant, se sont montrés eux aussi solidaires de l’initiative du jour.

A noter que deux anciens adjoints demeuraient par ailleurs présents : Jean-Charles Foucher et Stéphanie Didon. Une grande part de soutien à toute une profession victime de la crise. Une profession qui, malgré les difficultés, sait se tenir et garder la tête haute. Les représentants de la sécurité publique (Police Municipale et Police Nationale) qui veillaient au grain à quelques mètres du rassemblement, ont pu le constater et sans doute s’en féliciter.

Denis Philippe.

Photographies : Christian Schirm.

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