Santé – L’ADEMAT-H interpelle sur la situation sanitaire du secteur de Remiremont

Le docteur Didier Henry, après une courte introduction du président, a présenté le premier point fort de l’assemblée générale très dense de l’ADEMAT-H. « Si pour l’heure la suppression des lits est en arrêt à l’hôpital de Remiremont, suite aux manifestations de ce début d’hiver, combien de temps cela va-t-il durer ? Le Docteur Jérôme Tisserand a remplacé la chef de service démissionnaire. Actuellement, la situation des médecins remplaçants est stationnaire du fait du rétropédalage du ministre Véran. Les urgences de Remiremont tournent avec trois lignes de garde en journée et deux lignes de garde de nuit pour le moment. Les praticiens hospitaliers, qui reprennent les plages de remplaçants, commencent à sérieusement à se fatiguer et tous les personnels sont épuisés ».

Quels sont les projets de l’Agence Régionale de Santé ?

La CPTS (communauté professionnelle territoriale de santé), qui devrait soulager les Hôpitaux, le fera t-elle vraiment ? Il est prévu dans la loi santé 2022 que les CPTS participent à la permanence des soins. Le voudront-elles, le pourront-elles ?

« Un forfait patient urgences (FPU) de près de 20€ a été imposé pour tout passage aux urgences non suivi d’hospitalisation depuis le 1er janvier 2022. Il est complètement à charge des assurances complémentaires. C’est un désengagement de la sécurité sociale, c’est un nouveau forfait qui s’ajoute au forfait hospitalier. Or, 5% des personnes sur le territoire national n’ont pas de complémentaire, on peut donc estimer à 5.000 le nombre de personnes dans ce cas sur notre bassin de vie. Notons toutefois que pour l’heure tout le monde est accepté aux urgences Les mutuelles ne cessent d’augmenter pour pallier le manque de la Sécurité Sociale »

Lors de sa prise de parole, le Docteur Jean Tisserand a rappelé la gravité des maladies cardio-vasculaires dans le Grand-Est. « Aussi, il est important que l’hôpital d’ Epinal dispose pour tous les vosgiens d’un service de cardiologie interventionnelle avec coronarographie. La coronaragraphie permet de visualiser les coronaires, et si besoin, d’ introduire un dispositif permettant de dilater le vaisseau. 5.000 Vosgiens sont contraints d’aller tous les ans en Meurthe-et-Moselle. Or, la prise en charge du malade doit se faire dans les 60/90 minutes qui suivent le malaise, on voit combien l’inégalité territoriale en matière d’accès aux soins est flagrante et combien les Vosgiens sont victimes de pertes de chances. On comprend l’importance de ce service L’hôpital public doit être en mesure de soigner ses patients. Nous avons besoin de cardiologues et de manipulateurs » a souligné Jean Tisserand après avoir présenté des tableaux sur les maladies coronaires et sur les cardiopathies coronaires.

Le Docteur Philippe Cloché, président du conseil de surveillance, a souligné que les médecins spécialistes ne sont pas attirés par la région et préfèrent rester dans les grandes villes. « Il faut dispatcher les spécialités sur les deux villes de Remiremont et Epinal. Remiremont a perdu le chirurgical ORL, mais doit garder ses consultations en ophtalmologie. Effectivement, il faut voir pour une permanence des soins (PDS) en IRM. En urologie, il faut maintenir ce service qui existe depuis 40 ans à Remiremont, c’est le seul service public d’urologie. Sur Remiremont, les interventions sont banales et courantes, plutôt faciles à traiter, les interventions plus complexes sont réalisées à Nancy ».

« Nous devons également pouvoir répondre aux besoins en ophtalmologie, en dermatologie, nous demandons des consultations en ambulatoire et la possibilité d’opérer les cataractes ici » a souligné le président jean Pierrel

Le Docteur Jean Charles Vauthier, qui préside la communauté professionnelle territoriale santé, est venu présenter le travail qu’il mène avec son équipe : « Nous devons faciliter l’accès aux soins aux patients. Nous travaillons de concert avec les médecins traitants sur l’amélioration de la prise en charge des soins, sur des parcours patients, sur la prévention. Les professionnels de la santé manquent partout dans tous les départements et pas seulement dans les Vosges ».

Didier Houot, vice-président du Pôle d’Equilibre Territorial du Pays de Remiremont, a conclu par le Contrat Local Santé, une démarche territoriale.

Sur Bruyères, où l’Agence Régionale de Santé a fait fermer le centre psycho-pédiatrique il y a 4 ans, le conseiller départemental Christian Tarantola a souligné : « aujourd’hui nous en sommes toujours au même point, avec dans le canton de Bruyères d’énormes problèmes psy chez les enfants, la situation est dramatique, nous n’avons pas le droit de laisser des enfants dans cet état. La situation est difficile dans notre ville, 250 personnes passent par les transports solidaires, nous devons répondre aux besoins de nos concitoyens et nous voulons préserver nos lits hospitaliers. Nous demandons la santé pour tous. Savez-vous qu’en matière de santé mentale, nous sommes gérés par le CHS de Laxou Nancy ! Je suis venu vous alerter sur la santé mentale des jeunes ! ».

Une intervenante, dans la salle, a annoncé la fermeture du CMP de Saint-Dié-des-Vosges. Et Jean Pierrel d’ajouter qu’en même temps que l’ARS fermait le CMP de Bruyères, elle autorise Clinea, filiale d’Orpea pour la santé mentale, à ouvrir un hôpital de jour à Epinal.

En Haute-Saône, Madame Faucogney, de Vigilance 70, a annoncé : « Nous avons les mêmes problèmes voir accentués, la Haute Saône est un désert médical, il n’y a plus de médecins, que ce soit chez les dentistes, les urgentistes, les cardiologues. Chez nous, c’est pire que pire ».

C.T.