Inflation : « il ne semble pas y avoir de phénomène massif de « hausses suspectes »», estime Daniel Gremillet dans un rapport au Sénat

Mercredi 20 juillet 2022, le rapport d’information de Daniel Gremillet, Sénateur des Vosges, relatif à l’inflation et aux négociations commerciales agricoles a été rendu public.

En effet, la Commission des Affaires économiques du Sénat a chargé Daniel Gremillet le 7 juillet dernier d’accélérer les travaux du groupe de suivi de la loi EGAlim qu’il préside depuis 2018 afin de démêler le vrai du faux sur l’origine de l’inflation de certains biens de consommation, notamment alimentaires.

Il ressort des auditions qu’il a menées, aux côtés de sa collègue Rapporteure, Anne-Catherine Loisier, Sénatrice de la Côte-d’Or, que l’essentiel des augmentations demandées est bien en lien avec la hausse des coûts de production. Il ne semble pas y avoir de phénomène massif de « hausses suspectes », comme avancé parfois dans le débat public, notamment par Michel-Edouard Leclerc.

L’inflation, qui a atteint 5,8 % en juin pour les produits alimentaires, est bien davantage expliquée par des sous-jacents « concrets » comme la reprise économique soudaine après la pandémie, les aléas climatiques extrêmes et la guerre en Ukraine, que par un gonflement artificiel des prix, selon l’élu vosgien.

Les travaux du groupe de suivi ont, toutefois, mis à jour certaines pratiques contestables de la part des distributeurs et des industriels menaçant de déboucher sur des ruptures d’approvisionnement prochainement.

À la rentrée, l’inflation des produits alimentaires devrait se poursuivre pour atteindre entre 7 % et 10% (soit jusqu’à 45 € par mois pour un panier moyen).

En parallèle, le Sénateur vosgien a tiré un premier bilan des négociations commerciales qui se sont tenues depuis l’adoption de la loi EGAlim II de 2021, censée rééquilibrer les relations commerciales et aboutir à une juste répartition de la valeur entre les agriculteurs, les industriels et la grande distribution.

« De toute évidence, la loi a permis de sanctuariser les matières premières agricoles dans les négociations commerciales. En revanche, nos travaux ont révélé que les distributeurs refusaient catégoriquement les hausses liées aux matières premières industrielles comme l’énergie, l’emballage ou le transport supportées par les fournisseurs et les agriculteurs », estime Daniel Gremillet.

Et d’ajouter : « la loi n’apporte qu’une réponse partielle à la problématique du revenu des agriculteurs alors que les indicateurs utilisés dans les négociations commerciales, par nature figés à un instant T, sont systématiquement en décalage par rapport à la situation réelle des exploitations agricoles. En période d’inflation, les charges supportées par les agriculteurs ont inéluctablement un temps d’avance… ».

En définitive, le groupe de suivi de la loi EGAlim appelle le Gouvernement à se saisir de ses recommandations en vue des futures négociations commerciales afin de permettre aux agriculteurs et aux différents acteurs de la filière agroalimentaire française de vivre de leur travail et de faire face à la situation inflationniste actuelle. Il l’appelle également à prendre des mesures structurelles afin de protéger le pouvoir d’achat des Français.

Le Rapport et sa synthèse sont consultables sur le site du Sénat à l’adresse suivante : http://www.senat.fr/rap/r21-799/r21-799.html.