Remiremont – L’inflation galopante affole aussi le monde des forains

Dans les coulisses de la fête installée sur le Champ-de-Mars, tournent aussi des discussions sur les préoccupations du moment. Alors que certains industriels forains ont du mal à trouver de la main d’oeuvre afin de les aider à monter leurs gros manèges, d’autres s’inquiètent face à la montée des prix des matières premières. Une flambée qui réduit largement les marges, ainsi que nous l’a traduit Cédric Martin-Sibille, représentant la 4ème génération familiale au stand de « La Bruxelloise ».

Affolant ! C’est le mot qui revient dans la bouche de ce responsable proposant des produits de petite restauration sur les fêtes du Grand-Est. Il est le descendant d’une famille particulièrement connue dans le pays romarimontain, celle des Tabard-Sibille, originaire de Saint-Nabord et dont il représente aujourd’hui la quatrième génération. C’est dire que l’album familial déborde de souvenirs en matière de fêtes patronales.

Mais elle est aujourd’hui bien loin la belle époque où chacun vivait dans l’insouciance du lendemain. « L’inflation galopante touchant les matières premières et les produits de l’alimentation mettent à mal nos marges » explique le forain dont le stand propose hot-dogs, sandwichs américains, kébabs, paninis, burgers, churros, gaufres, crêpes et beignets. Cédric Martin-Sibille est catastrophé face aux hausses incessantes, citant notamment l’huile, la farine ou encore la moutarde. « A 25 euros le bidon de 5 kg de moutarde ordinaire, cela devient du luxe . Face à cette augmentation des prix, l’on a bien du mal à mettre un centime dans la poche » clame t-il sans détour.

Le forain reste, certes, passionné par son métier : « la profession de forain, c’est vivre avec le peuple, répondre aux attentes de la classe moyenne, les gens viennent nous voir pour se divertir, l’on ne peut pas leur répercuter directement toutes ces hausses, nous ne sommes pas là pour massacrer les clients, on a besoin qu’ils reviennent ». Mais Cédric Martin-Sibille ne s’en cache pas : « au vu de l’inflation galopante, la barquette de frites devrait être vendue autour de 6,50 ou 7,00 € et nous la proposons à 3,50 €, c’est dire que nos marges s’en trouvent réduites au maximum ».

Sur son stand de vente, Cédric est formel : « ceux qui décident en haut lieu ne doivent pas savoir ce que c’est de travailler humblement. Ils nous gâchent la vie et par-là même notre travail ». Le forain dresse un constat général des hausses des prix, citant pour exemple les 750 € de gas-oil pour compléter le plein de ses deux camions et d’un véhicule léger pour remonter de Nuits-Saint-Georges à Remiremont. « Et cette année, nous avons évité la portion d’autoroute en empruntant la nationale passant par Gray et Vesoul ». Face à cette inflation grimpante, le forain précise encore : « heureusement que pour l’entretien et la mécanique des camions, nous faisons par nous-mêmes ! ».

Allez, malgré les constats flagrants des hausses de prix, au stand de « La Bruxelloise », on garde la frite. C’est la fête tout de même !

D.P.

Photographie par Christian Schirm.