Les Ajolais ont migré à Plombières-les-Bains !

Pour être près du collège Montaigne, les élèves, leurs parents et des commerçants ont installé leur campement en face du rond-point qui va au collège de Plombières-les-Bains. Comme ça, pas de fatigue, pas d’émissions de CO2, le Val d’Ajol pourra rester village Bas carbone.

Ce combat, les Ajolais le mènent avec humour, inventivité et convivialité, mais ils en ont gros sur la patate ! « Je trouve ça scandaleux, déplorable, je ne suis pas la mieux placée pour parler », confie Fabienne. On sent la colère est à fleur de peau … 

Rien ne bouge !

« Depuis un mois, ça traîne, rien ne bouge, reprend Raphaël. L’ancien collège actuellement Pôle d’art et de culture appartient à la commune. La maire pourrait faire intervenir la commission de sécurité, pour qu’on sache ce qu’il faut améliorer, mais on ne voit rien venir « .  Anne, ma sœur Anne … Du coup, les parents ont décidé d’occuper le terrain symboliquement.

 Un rythme épuisant.

« Il y a déjà des élèves qui ont déjà lâché la musique, parce qu’ils sont trop fatigués », déplore un manifestant. Pour Lise : « C’est horrible !« . Lise est élève à haut potentiel intellectuel (HPI) et hypersensible, mais cette nouvelle organisation l’épuise. « C’est trop dur de devoir se lever si tôt le matin, rester à la cantine au lieu de rentrer chez soi et rester en études ». Thomas a exactement le même ressenti : « Trop pénible ! ». « Je n’ai pas envie de gérer des pleurs tous les jours », avoue la maman de Lise, dégoutée. 

On est venu au Val d’Ajol pour les services.

« Pour mon fils, c’est 1 heure 50 de trajet par jour, c’est énorme », proteste Désirée. Ils habitent Outremont, un hameau près du Val d’Ajol. Le jeune collégien doit donc d’abord se rendre au centre du Val d’Ajol par le ramassage, puis prendre le bus pour Plombières. « On est venu habiter au Val d’Ajol, parce qu’il y avait tous les services et que le collège était une petite structure. Mon fils a besoin d’un cadre. Il bénéficie d’un accompagnement scolaire spécifique parce qu’il est HPI.  On perd tout le bénéfice de ce qu’on avait recherché »

Il a dû être hospitalisé

Et de donner un autre exemple : « Vendredi, mon fils a fait une crise d’asthme. D’habitude, il me fallait 5 minutes pour aller le chercher, là, ça m’a pris 22 minutes en fonçant pour arriver à Plombières-les-Bains. Il a dû être hospitalisé. J’ai 2 autres enfants derrière lui, je me pose la question de savoir si on va rester au Val-d’Ajol ».

Les enfants perdent leur autonomie

C’est la perte d’autonomie de ses enfants que Patricia pointe. Ils allaient au collège en vélo le matin. Ils rentraient également manger à la maison, ce qui leur faisaient une bonne coupure au calme et s’ils n’avaient plus cours, ils pouvaient rentrer.  Depuis la rentrée, ils enchaînent bus, restauration scolaire et études. « Ils sont épuisés psychologiquement« .

Le collège sur place n’est pas un privilège !

Tom et Léo, sont en 3e et 6e et Marie peste parce qu’en plus des 2 heures 40 de bus qu’ils doivent supporter, il n’y a pas non plus de lieu pour laisser les vélos depuis que le collège est fermé. « Il n’y a même pas d’abri de bus, ni d’espace sécurisé pour prendre le bus« , s’insurge-t-elle. Enfin bref, ici au campement, ils estiment qu’un collège dans leur commune n’est pas un privilège, c’est un droit appuyé par la loi Montagne et ils sont bien décidés à ne rien lâcher.

Brigitte Boulay.