Le Thillot – Trois personnes ont été tuées par un poids lourd au centre-ville, en l’espace de 15 ans

Les faits sont là, têtus et incontestables. En quinze années, le centre-ville du Thillot  a été le théâtre de trois accidents mortels dans un périmètre réduit de la rue Charles de Gaulle.

L’origine est toujours la même, ces trois accidents ont tous été causés par un poids lourd. La route est empruntée en moyenne par 5.500 véhicules chaque jour.

A chaque fois, un vieux serpent de mer revient sur les lèvres, celui du contournement du Thillot, longtemps en projet et dont on entend plus parler aujourd’hui. Des travaux ont bien été engagés pour désengorger la vallée de la Haute-Moselle mais la déviation s’est arrêtée à Ferdrupt.

Cela commence en mars 2010 : une personne âgée, domiciliée à Ramonchamp, traverse le passage pour piétons au moment où un poids lourd redémarre en direction de Remiremont après s’être arrêté au feu tricolore qui vient de passer au vert. Elle meurt en étant écrasée sous les roues du mastodonte.

Ensuite, quelques mètres plus loin, le 16 novembre 2016 aux environs de 8 heures 00, une collégienne de 11 ans est tuée, fauchée par un camion en provenance de Bussang qui venait de bifurquer en direction de Cornimont. Elle traversait le passage piéton situé devant la poste pour se rendre au collège.

Enfin, ce vendredi 26 janvier 2024, un homme de 81 ans, domicilié au Ménil, est mort, traîné sur une dizaine de mètres par un poids lourd près du carrefour menant au col des Croix. Le poids lourd a redémarré après s’être arrêté au feu tricolore alors que le piéton empruntait simultanément le passage pour piétons.

Le 21 décembre 2016, François Vannson, qui était le député de la circonscription à l’époque, avait interpellé le Gouvement, en s’adressant au Secrétaire d’Etat en charge des Transports de la Mer et de la Pêche, dans une intervention à retrouver ci-dessous.

Huit années plus tard, le problème reste en l’état dans la vallée de la Haute-Moselle.

D.J.

L’intervention du député François Vannson devant l’Assemblée Nationale le 21 décembre 2016.

Le 16 novembre 2016 au matin, la petite …………, 11 ans, a perdu la vie sur le chemin de l’école, fauchée par un poids lourd en plein centre de la commune du Thillot sur la RN66.

Ce drame, qui n’est pas le premier sur ce tronçon, confirme la nécessité absolue de réaliser au plus vite le projet de déviation de la RN66 afin d’éviter la traversée de plusieurs communes par des milliers de poids lourds.

Cette déviation située sur l’axe Benelux-Bâle, soutenue par de nombreux élus, constitue un véritable enjeu pour la vallée de la Moselle, tant en termes de développement économique qu’en termes de sécurité et d’amélioration du cadre de vie des habitants des territoires concernés.

En permettant un report du trafic de transit et du trafic d’échanges, cet aménagement offrira des avancées majeures en termes de sécurité routière, d’environnement et de désenclavement de la vallée.

Depuis plusieurs années, les élus nationaux et locaux militent pour une inscription de ce projet déclaré d’utilité publique dans le Contrat de Plan Etat-Région.

Malheureusement, ni le CPER signé en 2015 avec l’ex-Région Lorraine ni la clause de revoyure adoptée récemment lors de la création de la Région Grand Est ne prévoient un quelconque investissement pour les infrastructures routières vosgiennes ; ce qui laisse présager un statu-quo pendant au moins une nouvelle décennie.

Face à ce triste constat, Monsieur le Secrétaire d’Etat, quelles sont les mesures que vous comptez mettre en œuvre pour éviter que de nouveaux drames se produisent et quels sont les autres modes de financement que vous envisagez pour permettre la réalisation de ces projets ?