
C’était à la Boussole ce jeudi après-midi, la MLTV (la télé de Mission Locale, « des jeunes pour
les jeunes ») faisait son 1° » direct sur les Droits des femmes, autour de la pièce de Clarisse
Fontaine « Cette petite musique que personne n’entend », donnée hier à l’Auditorium de la
Louvière à Épinal.
Les jeunes chroniqueurs de Mission Locale, Solenne, Levy, Rose et Noémie ont mené cet interview avec aisance. « Cette pièce se veut une exploration poignante de la condition féminine, une épopée vive, énergique des violences faites aux femmes, explique Clarisse Fontaine, c’est avant tout une pièce humaniste car je crois que l’Art est politique et qu’il se doit de transmettre un message ».
Ouvrir le dialogue
La pièce retrace la complexité d’une situation d’emprise. Pourquoi on ne s’en va pas comme ça ?
Comment on en arrive là … Clarisse Fontaine veut ouvrir le dialogue : « En parler fait avancer les choses ». Objectif atteint : l’impact a été important. « Les retours sont colossaux », se réjouit-elle. Et que ce soit Joey Starr qui fasse cette mise en scène a interpellé, lui qui a été condamné plusieurs fois pour violences conjugales …
Touchés mais pas coulés !
« Je voulais un regard masculin et on m’a proposé Joey Starr, qui ne minimise pas ce qu’il a fait et qui a payé sa dette. Nous étions dans la même dynamique avec des mots mis à nu, crus », précise Clarisse Fontaine. Ça fonctionne ! « J’ai été énormément touchée, j’ai vécu des choses similaires », confie Solenne. « C’était extrêmement bouleversant, poursuit Noémie, c’étaient des mots forts, chargés en émotions, on ressent tout, c’est incroyable ! ». Même Levy reconnait « ne pas avoir les mots, mais avoir été profondément touché ».
Une pièce « coups de poing »
« On ne s’attend pas à vivre ça, et la pièce montre comment on se relève, comment on parvient à se reconstruire, parce qu’on va tous tomber à un moment ou un autre » défend l’autrice. Et Joey Starr en une tête d’affiche, s’engage pour cette cause. « Les lois évoluent et c’est bien, mais quand on se libère d’une emprise, on est tellement démunie, qu’on a besoin d’un accompagnement. On a besoin d’un coup de pouce. On se cherche, on ne sait plus qui on est et on est isolé ».
« Une garantie, mais ça ne fait pas tout »
Avec l’inscription du droit à l’interruption de grossesse dans la constitution le 4 mars 2024, la France est devenue le premier pays au monde à inscrire ce droit explicitement dans sa Constitution. « C’est un message symbolique fort envoyé aux femmes du monde, une garantie, mais pas un droit supplémentaire, commente Stéphane Viry député vosgien. Recourir à l’IVG, c’est douloureux, les femmes sont impactées. On garantit ce droit c’est bien, maïs c’est insuffisant. Il faut instaurer de la prévention et de l’accompagnement ».
Que ce droit soit accessible !
Pour Clémence, psychologue du CIDFF (centre d’information des femmes et de la famille) comme pour beaucoup, c’est une grande avancée, mais Noémie y met une condition, que ce droit soit véritablement accessible et Clarisse défend la nécessité d’un accompagnement. « Ça reste un combat, un travail culturel et de moyens, consent Stéphane Viry. Il faut instaurer la prévalence de l’éducation ».
Encore trop long !
Tout comme le congé menstruel qui vient d’être retoqué au Sénat ou l’endométriose en cours de reconnaissance, il n’est pas nécessaire d’être une femme pour défendre les femmes, mais faire évoluer les choses prend du temps. « On se heurte aux réponses insuffisantes sur le terrain », confirme Cédric Haxaire, président de la Mission locale. « La France se met en mouvement, les institutions se forment, mais on a encore un décalage de quelques jours le temps de mettre en place des réponses et c’est encore trop ! pointe le député. L’Espagne pourrait être un modèle, elle a mué en 2 ans ».
Brigitte Boulay.

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