Réintroduction du grand tétras : « Une parodie de démocratie » selon Maurice Claudel, ancien maire de Cornimont

Maurice Claudel, maire honoraire de Cornimont durant deux mandats de 2001 à 2014, nous adresse un communiqué, que nous reproduisons ci-dessous.

Lors de sa conférence de presse du 17 avril, Mme la Préfète a annoncé avoir signé l’arrêté validant le programme de réintroduction du grand tétras sur le massif vosgien.

Ainsi, contre l’avis exprimé à 85 % contre cette idée lors de l’enquête publique, elle entérine un projet coûteux, voué à l’échec de l’avis unanime des techniciens et des scientifiques, et surtout rejeté par les autochtones qui se sont mobilisé comme jamais pour exprimer leur désaccord.

La réalité de cette consultation publique est qu’elle n’était qu’un passage administratif obligé, et que la décision était prise depuis longtemps. Je n’en veux pour preuve que le recrutement réalisé en amont de l’agent chargé de la surveillance du site qui se trouvait déjà en Norvège pour capturer les oiseaux lors de l’annonce de la décision préfectorale. Sans doute l’administration ne s’attendait pas à cette levée de boucliers contre le projet qui l’a obligée à se justifier et à hiérarchiser le poids des associations qui se sont exprimées, rabaissant les associations locales à des avis mineurs et faisant fi de l’avis populaire. C’est un déni de démocratie !

Cela illustre parfaitement le déséquilibre qui existe au sein des instances qui gèrent les milieux naturels, dont celle du comité consultatif de la réserve du Grand Ventron, entre le nombre de représentations extérieures et le peu de poids des représentants locaux. Le plus souvent, ce sont des personnes qui n’ont jamais mis les pieds sur le site, qui n’en connaissent ni l’histoire ni l’impact sociologique qui décident majoritairement ce qu’ils croient bon et qui prétendent faire notre bonheur malgré nous.

Une autre constat porte sur la fermeture du site du Grand Ventron à grand renfort de barrières, pompeusement baptisé « plan de circulation » qui était elle aussi mise en place avant l’officialisation de la décision préfectorale. Cette mise sous cloche anticipée, présentée comme un moyen de préserver la quiétude des tétras apparaît bien comme un objectif caché qui perdurera quand les oiseaux auront disparu.

Alors que pour les 35 ans de la réserve naturelle, tout le monde s’accordait à constater l’équilibre atteint avec le temps qui permettait l’acceptation de contraintes supportables, tout en préservant la richesse du milieu naturel, nous sommes revenus à un sentiment de frustration et à un rejet des mesures imposées.

Quel gâchis ! Et à qui profite cette nouvelle politique contre nature ?

Maurice CLAUDEL.