Jean Hingray à l’origine de la loi Levi/Hingray pour des repas étudiants à 1 euro (avec son collègue Pierre-Antoine Levi, sénateur du Tarn et Garonne), présentait un exemple d’application à l’IFSI de Remiremont. Il faisait ce vendredi matin un point avec les acteurs sur l’application concrète de cette loi dans les Vosges.
C’est la Covid qui avait révélé l’extrême précarité d’un grand nombre d’étudiants, qui n’avaient plus les moyens de se nourrir correctement. Le sénateur Jean Hingray se réjouit que l’État ait suivi : « Une proposition de loi présentée a 90% de chance de ne pas aboutir. Il y a eu une réelle volonté gouvernementale pour que cette loi ait une application concrète et rapide ». Il a le projet de s’attaquer également au logement étudiant s’il est reconduit.
35 M€ attribués, 30 M€ déjà consommés
La restauration du CROUS a une offre abordable à 1 euro ou 3,30 euros pour les non boursiers en métropole, mais dans les villes moyennes ou rurales, les étudiants n’avaient pas cette possibilité. C’était le cas à Remiremont. Aujourd’hui, le CROUS a passé une convention avec l’IFSI et le restaurant de l’hôpital. « Nous nous étions battus pour conserver la restauration dans l’hôpital, quand l’Agence régionale de santé voulait externaliser ces services, ça a sûrement facilité la mise en place des repas à 1 euro », remarque Jean Hingray.
21 conventions signées pour des repas à 1 euro ou 3,30 euros
Le CROUS de Lorraine a signé 21 conventions pour que les étudiants puissent manger correctement. « Ce qui permet de gommer des inégalités pour les étudiants éloignés des grandes villes, indique Frédéric Léonard, directeur du CROUS de Lorraine. C’est simplement une remise à niveau ». Ça fait 1.600 repas pour les étudiants à Remiremont et autant à Neufchâteau et 16 000 à Saint-Dié-des-Vosges.
Pour que tous les étudiants puissent avoir un repas à 1 euro
Le repas revient en moyenne à 8 euros, le CROUS en subventionne 2,65 euros. Il est préparé par un chef cuisinier. « C’est important d’avoir un bon équilibre alimentaire, le cerveau doit mouliner », remarque Sébastien Le Bris, directeur des soins à l’hôpital. Les élèves Kiné ou ergothérapeutes peuvent aussi bénéficier du dispositif. Pour Saint-Dié-des-Vosges, il manque des places. L’IUT est conventionné, mais il n’a que 20 places. « Nous travaillons avec l’État pour trouver des solutions », confient Jean Hingray et Frédéric Léonard du CROUS.
« On a de la chance »
Les 4 étudiantes présentes sont enthousiastes. « Je ne connaissais pas ce dispositif, explique Élodie. Avant, on mangeait un sandwich pour 5 euros. En tant que jeune maman, c’est super d’avoir un repas équilibré par jour. Manger de la viande tous les jours, c’est du luxe! On a de la chance ! ». Des repas à 1 euro, ça ne grève pas trop le budget et elles peuvent manger ensemble.
« C’est super bon ! »
« Les menus changent tous les jours, poursuit-elle. L’autre jour, j’ai goûté un plat que je n’avais jamais mangé et j’ai trouvé ça super bon ! ». Delfin vient d’Épinal. Avec les trajets, elle ne pourrait manger équilibré sans ces repas. « Comme c’est bon, il n’y a pas de restes. Et ça évite de se prendre la tête pour trouver ce qu’on va manger, alors qu’on a l’impression de manger toujours la même chose », confie-elle. Plus de charge mentale et ça fait du bien !
Une montée en puissance
La loi entend lutter contre la précarité alimentaire des étudiants. Elle a été promulguée le 13 avril 2023. Ce dispositif a un vrai succès et fait l’objet d’une forte montée en puissance à Remiremont comme ailleurs avec plus de 200 conventions effectives en France et environ 65.000 étudiants utilisateurs de cette offre de restauration à tarif réduit.
Photographies par Christian Schirm.

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