Le Géromois Bertrand Bédel est le nouveau président du comité de ski du massif vosgien

Deux salles, deux ambiances. Il y a quatre ans au Champ-du-Feu, Jean-Marc Villemin quittait la présidence du comité de ski du massif vosgien dans un climat tendu. Ce samedi à Huningue, c’est sous une standing-ovation que sa successeure Estelle Schutz-Kozlik a passé le flambeau à Bertrand Bédel, seul candidat parmi les 12 membres élus du nouveau comité directeur, comme a pu le constater Jean-Paul Omeyer, président du CROS. Pourtant, en héritant d’un passif de plus de 100.000 euros au début de son mandat en 2022, avec la menace de perdre le soutien financier des partenaires publics et privés, la Mulhousienne -qui reste membre du comité directeur- a dû faire des choix budgétaires drastiques. Plus que jamais contenir l’éternelle rivalité entre l’alpin d’un côté et les nordiques (fond et biathlon) de l’autre sur la répartition des dotations, faire face aux tout aussi récurrentes difficultés liées à l’enneigement avec leur contingent de déplacements vers les stations alpines sans compter le fait d’être la première femme à devenir présidente de l’instance : « Je le dis : la question de la place des femmes dans les fonctions dirigeantes reste un sujet d’actualité ».

Comme ses devanciers, elle a soutenu les intérêts du petit comité des Vosges face aux bataillons alpins « avec un objectif clair : défendre notre massif, soutenir nos clubs et nos disciplines et réfléchir à la pérennité de nos activités ». Avec la fierté « d’avoir redressé une situation financière qui mettait en péril l’avenir du comité » mais avec lucidité « tout n’est pas encore consolidé, notamment sur le plan des partenariats. Mais une chose est certaine : le comité est debout ».

Avec ses missions habituelles (entraînements et stages, compétitions, réunions et formations), le fonctionnement devra évoluer « parce que notre environnement a profondément changé : engagement bénévole, contraintes économiques, évolution des pratiques, changement climatique… ». Une réflexion est engagée.  « Elle devra se poursuivre avec une ambition claire : celle d’un comité plus soudé, plus lisible et plus efficace, conscient des enjeux collectifs. Nous devons collectivement travailler sur le financement des compétitions, le soutien aux clubs, la diversification des ressources et le développement de nouveaux partenariats ».

Bertrand Bédel, dirigeant impliqué depuis 1989 avec l’AS Gérardmer, vice-président et trésorier sortant du CSMV, n’ignore rien de l’ampleur de la tâche à venir.

Cœur du système, les clubs doivent jongler avec les conditions météorologiques instables, la fermeture de stations (Ventron, Gaschney, Le Tanet et Rouge-Gazon) et l’impossibilité d’organiser des courses alpines dans les fiefs du Markstein et du Lac Blanc depuis trois ans. Conséquence, ils sont allés courir plus souvent au Ballon-d’Alsace pendant que La Bresse, Gérardmer, le Breitfirst, les Trois-Fours et Le Schnepfenried continuent d’accueillir quand ils le peuvent les compétitions. Cinq clubs ont été récompensés pour leur engagement organisationnel : La Bresse, Saint-Maurice-sur-Moselle, les Skieurs du Tanet, Gérardmer et Rossberg Thann. Pour leur part, Kruth, Lure, Le Hohwald, Saverne et Breitenbach l’ont été pour leur investissement dans le ski de loisir.

A l’issue de cette longue journée de débats, on en oublierait presque qu’avec 6.505 licences (4.058 loisirs, 1.234 compétiteurs, 1.213 dirigeants), l’effectif reste stable par rapport à 2025 mais il étaient encore 7.380 en 2024. Sixième par le nombre parmi les 10 comités régionaux, les Vosges ont également qualifié sept de leurs skieurs aux Jeux Olympiques de Milan-Cortina sans compter des résultats en coupe du Monde et d’Europe. Ou encore la victoire collective en coupe de France du jeune citadin de ski alpin et le maintien de quatre de leurs clubs (Basse-sur-le-Rupt, La Bresse et Gérardmer chez les hommes, Ranspach chez les dames) en division 1 de ski de fond.

D.J.

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