Jeudi 7 mai 2026, dans le cadre de l’enquête publique sur le projet de classement du site du Saint-Mont, une délégation de la Société d’Histoire de Remiremont et de sa Région (SHRR), composée de Philippe Althoffer, Pierre Ehret et Jean Marie Lambert a commenté et remis ses observations et propositions à Bernard Esposito-Farese, Commissaire-Enquêteur.
Cette association, fondée en 1977, a toujours eu pour objet, à travers ses recherches, ses publications et ses manifestations de valoriser le patrimoine de la région de Remiremont, et plus particulièrement celui du Saint-Mont.
A ce titre, elle tient donc à ce que ce projet de classement soit mené à bonnes fins et assorti de garanties pour que son contenu et ses exigences soient scrupuleusement respectées. Ce souci n’a rien d’anecdotique dans la mesure où la SHRR regrette que le site de la Madelaine, pourtant classé depuis 1944, fait l’objet d’une procédure de déclassement en raison des atteintes qui y ont été portées. Elle déplore également qu’en dépit de la superposition de 13 périmètres de protection la vue du Saint-Mont offre « des paysages rendus chaotiques et banalisés par une urbanisation débridée » aux yeux des auteurs du rapport final remis en juin 2018. Ce rapport d’une très grande qualité mériterait d’être publié car il restitue une approche complète tant historique que culturelle et paysagère du Saint-Mont et de ses abords.
La SHRR approuve totalement l’objectif de « covisibilité » qui est mentionné par les auteurs du projet et estime qu’il en constitue la pièce maîtresse. En effet, un site classé n’est pas une réserve pittoresque au milieu d’un environnement dégradé, mais il doit être aussi protégé par un écrin qui permet d’apprécier un paysage harmonieux qui peut être vu depuis tout endroit du site, mais aussi depuis tout endroit d’où ce dernier peut être vu.
Parmi les autres points qui ont été soulevés par la SHRR, figure le regret de ne pas voir le périmètre du site élargi à la Roche du Thin et surtout à la carrière de Saint-Amé, source de nuisances et dont les mesures de réhabilitation à la fin de son exploitation sont jugées « sommaires ».
La Société d’Histoire de Remiremont aurait aussi apprécié que la chapelle Sainte Claire et Saint Romary fût proposée à son inscription aux Monuments historiques et que la circulation de motos tous-terrains et quads soit interdite.
Enfin, la SHRR s’interroge sur le fait que le rapport final de présentation de 2025, sur ses 90 pages, en consacre seulement 5 au classement à proprement parler et sans mentionner les contraintes et les interdictions censées assurer la protection du site à protéger.
