Les Vosges pourraient perdre un tiers de leur population d’ici 2070

Lors de son point presse jeudi 10 juin 2026, Blaise Gourtay, le préfet des Vosges, a lancé un avertissement sur l’avenir démographique du département. Confronté à une baisse régulière de sa population et à un vieillissement accéléré, le territoire devra, selon lui, repenser son organisation dans les décennies à venir.

Aujourd’hui, les Vosges comptent environ 360.000 habitants. Mais la population diminue de près de 0,5 % chaque année. Si cette tendance se poursuit, le département pourrait perdre près de 100 000 habitants d’ici à 2070, soit près d’un tiers de sa population actuelle.

Cette évolution s’explique principalement par un solde naturel devenu négatif. « Il y a davantage de décès que de naissances », rappelle le préfet. À cela s’ajoute un vieillissement marqué de la population. Les personnes âgées de plus de 75 ans représentent aujourd’hui 11 % des habitants. Elles pourraient constituer un quart de la population vosgienne à l’horizon 2070.

Pour le représentant de l’État, cette réalité démographique aura des conséquences directes sur le fonctionnement des collectivités locales et l’organisation des services publics. Le département compte actuellement 506 communes, un maillage particulièrement dense qui pourrait être amené à évoluer.

Sans annoncer de réforme, le préfet souhaite ouvrir le débat sur les fusions de communes. Il cite notamment les exemples de Thaon-les-Vosges et de La Vôge-les-Bains, issus de fusions communales jugées réussies. « Il faut susciter la réflexion et bien poser les choses », estime-t-il.

L’avenir des écoles constitue également un sujet majeur. Avec une baisse continue du nombre d’élèves, certaines situations deviennent difficiles à gérer. « Une classe à huit niveaux, ce n’est pas possible », souligne le préfet. Selon lui, la simple réduction progressive du nombre de classes ne peut constituer une réponse durable aux défis posés par la démographie.

Face à ces enjeux, il appelle à réunir l’ensemble des acteurs concernés autour de la table : élus, Éducation nationale, services de l’État et habitants. L’objectif est de réfléchir collectivement à de nouvelles formes d’organisation adaptées aux réalités du territoire.

« Il faut expérimenter de nouvelles méthodes », plaide le préfet, convaincu que les choix qui seront faits dans les prochaines années pèseront durablement sur l’avenir des Vosges.

D.J.

Laisser un commentaire