Sur les pentes du Markstein, la cueillette de l’arnica est devenue un événement rare. Jeudi 18 juin, seuls quelques cueilleurs ont été autorisés à récolter la célèbre fleur jaune des Hautes-Vosges, dans des quantités strictement limitées.
Après consultation du Parc naturel régional des Ballons des Vosges, des représentants des cueilleurs, des propriétaires fonciers et du Conseil départemental des Vosges, une récolte exceptionnelle a été autorisée cette année. Chaque cueilleur n’a toutefois pu prélever que trois kilogrammes de capitules, un volume symbolique au regard des récoltes d’autrefois.
Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une convention réunissant l’ensemble des acteurs concernés. Son objectif est de concilier la préservation de la ressource et le maintien d’une activité traditionnelle profondément ancrée dans le massif vosgien. Les périodes de récolte, les quantités autorisées et les pratiques de cueillette sont ainsi strictement encadrées afin de garantir la survie de l’espèce.
Car le constat est préoccupant. Depuis plusieurs années, l’arnica se raréfie sur les hauteurs du Markstein. En 2018, les cueilleurs avaient encore récolté 337 kilogrammes de fleurs. Quelques années plus tard, la situation s’est fortement dégradée. En 2023, aucune cueillette n’avait pu être organisée. En 2025, seuls 39 kilogrammes avaient été récoltés lors d’une unique matinée.
Les spécialistes peinent encore à identifier précisément les causes de ce déclin, mais plusieurs facteurs sont pointés du doigt : les sécheresses répétées, la modification des régimes de précipitations et la diminution de l’enneigement hivernal. Autant de phénomènes liés à l’évolution du climat qui fragilisent les conditions de développement de cette plante emblématique des Vosges.
Malgré ces difficultés, l’autorisation accordée cette année a été accueillie avec satisfaction par les cueilleurs. Pour ces artisans et producteurs locaux, quelques kilogrammes d’arnica représentent une ressource précieuse pour la fabrication de baumes, huiles de massage et autres préparations naturelles.
Face à l’incertitude qui pèse désormais sur les récoltes sauvages, certains ont choisi d’anticiper en développant la culture de l’arnica. Une solution qui pourrait contribuer à préserver la plante tout en assurant la pérennité d’un savoir-faire traditionnel vosgien.
Au Markstein, la récolte 2026 restera donc modeste. Mais pour les passionnés de cette fleur devenue rare, elle constitue déjà un signe encourageant.
