CMA France dĂ©fend la mise en place dâun passeport pour entreprendre afin de mieux prĂ©parer les futurs chefs dâentreprise artisanale et prĂ©venir les risques de dĂ©faillances.
Lâartisanat confirme plus que jamais son attractivitĂ© auprĂšs des entrepreneurs. En effet1, selon le baromĂštre ISM-MAAF de dĂ©cembre 2025, le secteur a enregistrĂ© un niveau record de crĂ©ations dâentreprises, avec prĂšs de 280 000 nouvelles structures, soit un quart de lâensemble des crĂ©ations dâentreprises en France. Cette dynamique est largement portĂ©e par les micro-entreprises, qui reprĂ©sentent 77 % des nouvelles crĂ©ations.
Pourtant, derriĂšre cet engouement entrepreneurial, la rĂ©alitĂ© demeure fragile. Les dĂ©faillances dâentreprises dans lâartisanat, les commerces et proximitĂ© ont atteint en 2025 un niveau historiquement Ă©levĂ©, avec plus de 40 000 dĂ©faillances, en hausse de 3 % par rapport Ă 2024. LĂ encore, les micro-entreprises sont les plus touchĂ©es.
Passeport pour entreprendre : CMA France veut mieux prĂ©parer les crĂ©ateurs dâentreprise artisanale
Alors que lâartisanat attire un nombre record de crĂ©ateurs dâentreprise, les dĂ©faillances restent Ă un niveau historiquement Ă©levĂ©. Pour sĂ©curiser les parcours entrepreneuriaux et renforcer les chances de rĂ©ussite des futurs chefs dâentreprise, CMA France appelle Ă la crĂ©ation dâun « Passeport pour entreprendre » : une formation courte et obligatoire destinĂ©e Ă transmettre les fondamentaux indispensables Ă toute crĂ©ation ou reprise dâentreprise artisanale.
La fin du SPI â une garantie en moins pour les porteurs de projets
« Trop dâentrepreneurs se lancent encore sans suffisamment de prĂ©paration, ni Ă©tude de marchĂ©, sâexposant ainsi Ă des erreurs dĂšs les premiĂšres dĂ©marches » dĂ©plore JoĂ«l Fourny, PrĂ©sident de CMA France.
Dâautant que, selon la SIAGI2 en 2025, 1/4 des entrepreneurs estiment manquer de connaissances en Ă©ducation financiĂšre et en gestion dâentreprise. Aujourdâhui, les crĂ©ateurs dâentreprise dĂ©marrent leur activitĂ© sans ĂȘtre suffisamment prĂ©parĂ©s aux rĂ©alitĂ©s de lâentrepreneuriat. Le Stage PrĂ©alable Ă lâInstallation (SPI), que le rĂ©seau des CMA portait, rĂ©pondait Ă cet enjeu. Depuis la suppression par lâEtat, en 2020, de son caractĂšre obligatoire, de nombreux porteurs de projet passent Ă cĂŽtĂ© dâune formation pourtant dĂ©terminante pour garantir lâavenir de leur entreprise.
Prévenir les défaillances plutÎt que les subir
Face à ce constat et dans un contexte économique particuliÚrement exigeant, le réseau des CMA appelle à la
crĂ©ation dâun « Passeport pour entreprendre », un outil essentiel destinĂ© Ă mieux prĂ©parer, accompagner et
sécuriser les parcours entrepreneuriaux dÚs la phase de création.
« Nous pensons quâune solution efficace pour sĂ©curiser les parcours avant toute installation dans lâartisanat consiste en une formation courte et obligatoire. Les artisans sont avant tout des femmes et des hommes de mĂ©tiers, et si le geste est au cĆur de leur activitĂ©, il ne suffit pas Ă lui seul pour diriger une entreprise : la gestion et le pilotage exigent des compĂ©tences spĂ©cifiques complĂ©mentaires. » poursuit JoĂ«l Fourny.
AprĂšs la disparition du SPI, les CMA ont mis en place le parcours crĂ©ateur : un accompagnement structurĂ© organisĂ© autour de trois modules, accessibles en prĂ©sentiel, Ă distance ou en format hybride. Ce dispositif vise Ă transmettre lâensemble des compĂ©tences indispensables pour crĂ©er ou reprendre une entreprise dans de bonnes conditions. « Câest un levier essentiel pour sĂ©curiser les parcours et maximiser les chances de rĂ©ussite de chaque projet entrepreneurial », ajoute JoĂ«l Fourny. Toutefois, les CMA constatent que son caractĂšre facultatif en limite la portĂ©e : en 2025, seules 13 000 personnes ont suivi une formation Ă la carte du Parcours CrĂ©ateur.
Faire de la réussite entrepreneuriale et la préservation des savoir-faire une priorité nationale
CMA France prĂ©conise donc un passeport pour entreprendre : 3 jours de formations obligatoires, centrĂ© sur les fondamentaux : maĂźtriser les bases de gestion dâune activitĂ©, incluant le calcul du coĂ»t de revient et la fixation des prix, lâanalyse financiĂšre (comptes de rĂ©sultat et trĂ©sorerie), le choix du statut juridique, lâĂ©valuation du seuil de rentabilitĂ© ainsi que les obligations en matiĂšre de responsabilitĂ©s et dâassurances professionnelles. Câest une base indispensable pour tous ceux qui souhaitent se lancer dans lâaventure entrepreneuriale.
« DerriĂšre chaque dĂ©faillance dâentreprise, ce sont des emplois, des savoir faire et une part de la vitalitĂ© de nos territoires qui disparaissent. Mieux prĂ©parer les futurs entrepreneurs nâest pas une contrainte administrative de plus : câest une garantie supplĂ©mentaire de rĂ©ussite et un investissement collectif. Avec le passeport pour entreprendre, nous voulons voir plus loin, et nous faisons le choix de la pĂ©rennitĂ© de la filiĂšre artisanale Ă travers les entreprises qui la composent », conclut JoĂ«l Fourny.
