Épinal – Un réseau de passeurs de migrants syriens démantelé, le dirigeant écroué

Le dirigeant présumé d’un important réseau de passeurs de migrants syriens a été placé en détention provisoire après son déferrement devant le tribunal correctionnel d’Épinal. Les enquêteurs estiment que plusieurs centaines de personnes ont été acheminées vers la France entre 2021 et 2025.

L’affaire débute le 15 octobre 2025, lorsque l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (OLTIM) de Metz reçoit une note de renseignement de la Direction de la coopération internationale de sécurité signalant l’existence d’une filière de passeurs dont le responsable, de nationalité syrienne, résiderait à Épinal.

Une enquête préliminaire est alors ouverte par le parquet d’Épinal. Les investigations révèlent l’existence d’une organisation structurée pilotée depuis les Vosges. Selon les enquêteurs, le réseau organisait le voyage de ressortissants syriens depuis leur pays d’origine jusqu’en Guyane française en empruntant un itinéraire passant par la Turquie, le Venezuela puis le Brésil.

À leur arrivée en Guyane, la majorité des migrants déposaient une demande d’asile à Cayenne avant de rejoindre la France métropolitaine, où ils s’installaient principalement dans la région Grand Est.

Les investigations estiment qu’entre 400 et 600 migrants auraient ainsi été acheminés par cette filière entre 2021 et 2025. Plusieurs dizaines d’entre eux ont été entendus, aussi bien à Metz qu’en Guyane, et leurs témoignages sont venus conforter les éléments recueillis au cours de l’enquête.

Le transport était organisé par l’intermédiaire d’une société dénommée « La Sultana Tours », qui proposait un forfait compris entre 800 et 1 000 dollars pour rejoindre le territoire français. Les enquêteurs ont également découvert des vidéos promotionnelles diffusées sur WhatsApp afin de promouvoir ces prestations.

Les investigations financières ont par ailleurs mis en évidence des transferts de fonds vers l’étranger, notamment vers le Brésil, par l’intermédiaire de plusieurs relais financiers. Une demande d’entraide pénale internationale a été adressée aux autorités brésiliennes dans le cadre des investigations.

Le dirigeant présumé du réseau, âgé de 36 ans, a été interpellé le 29 juin 2026 et placé en garde à vue.

Présenté au parquet puis déféré devant le tribunal correctionnel dans le cadre d’une comparution immédiate, il est poursuivi pour aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d’un étranger en France en bande organisée, ainsi que pour détention frauduleuse d’un faux document administratif.

L’affaire a été renvoyée au 3 septembre 2026 afin de permettre la préparation de la défense. Dans l’attente de son procès, le prévenu a été placé en détention provisoire.

Laisser un commentaire