Vosges – Arrivé en France à 13 ans, un Albanais de 20 ans échappe à l’expulsion : le tribunal lui donne raison

Arrivé en France alors qu’il était encore mineur, scolarisé dans les Vosges et aujourd’hui engagé dans une formation en cuisine, un jeune Albanais de 20 ans vient d’obtenir une décision favorable du tribunal administratif de Nancy. Les juges ont annulé son obligation de quitter le territoire et ordonné au préfet des Vosges de lui délivrer un titre de séjour.

C’est une décision qui pourrait changer le cours de sa vie. À 20 ans, il vient de voir son avenir en France conforté par le tribunal administratif de Nancy.

Le jeune homme est arrivé en France le 16 mai 2019, alors qu’il n’avait que 13 ans. Il était alors accompagné de ses parents, de son frère et de sa sœur. Sept ans plus tard, il est désormais engagé dans un parcours de formation et construit sa vie en France.

Mais en décembre 2025, le préfet des Vosges lui avait refusé un titre de séjour et lui avait demandé de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Une interdiction de retour en France d’un an avait également été prononcée.

Le jeune homme a contesté cette décision devant la justice administrative.

Une enfance difficile, mais un parcours scolaire remarqué

Dans son jugement rendu public le 28 juillet, le tribunal administratif de Nancy s’est particulièrement intéressé à son parcours.

Le jeune homme a poursuivi sa scolarité en France avec assiduité, dans un établissement adapté à son handicap. Le jugement relève également qu’il a grandi dans un contexte marqué par des violences intrafamiliales, éléments qu’il avait documentés par plusieurs attestations.

Malgré ces difficultés, son parcours scolaire s’est poursuivi.

Il a obtenu un CAP en restauration rapide, collective et cafétéria avec la mention assez bien. Loin de se limiter à ce premier diplôme, il a ensuite poursuivi son parcours en préparant un baccalauréat en cuisine.

Pour les juges, ces éléments témoignent de sa volonté de construire son avenir en France et de s’y intégrer.

« Une atteinte disproportionnée » à sa vie privée et familiale

Le tribunal a finalement estimé que le refus de lui accorder un titre de séjour portait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

Dans sa décision, la juridiction souligne notamment son arrivée en France à l’adolescence, sa scolarité suivie avec sérieux, son parcours de formation et les circonstances particulières dans lesquelles il a grandi.

Autrement dit, les juges ont considéré que son histoire personnelle et son insertion en France pesaient suffisamment lourd pour justifier son maintien sur le territoire.

L’obligation de quitter la France est annulée

La conséquence est importante.

Le tribunal administratif a annulé l’arrêté préfectoral dans son ensemble : refus de séjour, obligation de quitter le territoire, décision fixant le pays de destination et interdiction de retour d’un an.

Mais la décision ne s’arrête pas là.

Les juges ont également ordonné au préfet des Vosges de délivrer au jeune homme une carte de séjour portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai de deux mois.

Dans l’attente, un récépissé doit lui être remis immédiatement.

Une nouvelle étape pour construire son avenir

Cette décision judiciaire met donc un terme, au moins sur le plan administratif, à plusieurs mois d’incertitude.

À travers son jugement, le tribunal a retenu non seulement la situation administrative du jeune homme, mais aussi le chemin parcouru depuis son arrivée en France : une adolescence vécue sur le territoire, une scolarité, un diplôme obtenu, puis un projet professionnel dans la restauration.

À 20 ans, celui qui risquait de devoir quitter le pays où il a passé une grande partie de son adolescence peut désormais poursuivre son parcours avec la perspective d’obtenir officiellement son titre de séjour.

Une décision qui, au-delà des considérations administratives et juridiques, vient reconnaître un parcours de vie et une volonté d’insertion en France.

Tribunal administratif de Nancy, jugement du 28 juillet 2026, n° 2601138.

Un commentaire


  1. C’est bien..

    Nous avons besoin de jeunes avec cette volonté de s’intégrer à la société française qui, depuis les origines, n’est faite que d’apports etrangers (polonais, italiens, maghrébins, espagnols, portugais, asiatiques, slaves…).

    Combien y a t il de Français « pure laine », sans mélange depuis des siècles ?
    Pratiquement 0…

    L’essentiel étant une bonne intégration, un désir de travailler (et donc, de payer les taxes, les cotisations sociales et les retraites des générations précédentes) ).

    Souhaitons lui bonne chance. Bravo à ce jeune homme…

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