Alors que Strasbourg accueille cette semaine le Championnat d’Europe de cécifoot et que l’équipe de France, championne paralympique en titre, vient de décrocher sa qualification pour les demi-finales, Franck Leroy, Président de la Région Grand Est, appelle à prolonger dans la durée l’élan créé par les Jeux de Paris 2024. Quelques semaines après l’adoption de sa nouvelle feuille de route Handicap 2026-2028, la Région veut faire du sport un levier majeur pour changer le regard sur le handicap et favoriser l’inclusion partout dans le Grand Est.
Strasbourg au cœur du sport paralympique européen
Depuis lundi et jusqu’au 23 août, Strasbourg accueille les huit meilleures nations européennes de cécifoot dans un stade éphémère de 1 000 places installé au Wacken, face au Parlement européen.
L’Équipe de France de cécifoot, championne paralympique à Paris en 2024 et championne d’Europe en titre, a parfaitement commencé la compétition : victoire 4-1 face à l’Angleterre lundi, puis 3-0 contre la Grèce mardi et 1-0 contre l’Allemagne hier. Ces trois succès lui permettront d’affronter l’Italie en demi-finale ce vendredi 21 août et assurent sa qualification pour les Championnats parasportifs européens de Genève en 2027.
Pour la Région Grand Est, l’enjeu de cette semaine dépasse largement ces remarquables résultats sportifs.
« Le handicap ne doit jamais empêcher un talent de s’exprimer »
Franck Leroy : « Deux ans après les Jeux de Paris, voir les champions paralympiques français jouer un championnat d’Europe à Strasbourg est une formidable manière de faire vivre leur héritage.
Le cécifoot nous rappelle quelque chose d’essentiel : le handicap ne doit jamais empêcher un talent de s’exprimer, une ambition de naître ou un champion de se révéler.
Les Jeux de Paris ont changé pendant quelques semaines le regard de millions de Français sur le handicap. Notre responsabilité est de faire en sorte que cette parenthèse ne se referme pas.
C’est exactement l’ambition que nous voulons porter dans le Grand Est. Dans le sport bien sûr, mais aussi dans nos lycées, nos transports, la formation professionnelle, l’accès à l’emploi et dans l’ensemble de nos politiques publiques.
Je souhaite que notre région soit un territoire où l’on regarde d’abord ce que chacun est capable de faire plutôt que ce qui pourrait l’en empêcher. L’inclusion ne doit pas être une politique à part : elle doit devenir un réflexe dans toutes nos politiques. »
De Paris 2024 à Strasbourg 2026 : transformer l’émotion en héritage
Le Championnat d’Europe de Strasbourg possède une dimension particulière. Le Sporting Cécifoot Schiltigheim dispose de la plus importante section de cécifoot en France et a construit depuis plus de dix ans une expertise reconnue dans l’organisation de rencontres nationales et internationales.
Pendant toute la compétition, des initiations permettent également au public de découvrir cette discipline et d’expérimenter concrètement les contraintes auxquelles sont confrontés les joueurs déficients visuels.
C’est précisément ce type d’événement que la Région souhaite valoriser : un sport de haut niveau capable, dans le même temps, de faire évoluer les représentations et de donner envie de pratiquer.
Cette ambition rejoint la feuille de route régionale Handicap 2026-2028, adoptée par le Conseil régional le 25 juin dernier. Elle doit permettre de mieux intégrer la question du handicap dans l’ensemble des politiques régionales.
Faire du Grand Est un territoire du sport pour tous
Terre de grands événements sportifs, le Grand Est doit également être une terre de pratique accessible à chacun.
La Région souhaite ainsi continuer à travailler avec le mouvement sportif, les clubs, les collectivités et les associations pour améliorer l’accès aux équipements et aux pratiques sportives, accompagner les clubs engagés dans le parasport et favoriser la découverte de ces disciplines par les jeunes.
L’enjeu est aussi territorial. L’accès à une pratique adaptée ne doit pas être réservé aux habitants des grandes agglomérations. De Charleville-Mézières à Mulhouse, de Troyes à Strasbourg, des Vosges à la Meuse, le sport doit pouvoir être pratiqué par tous et partout.
Le Championnat d’Europe de Strasbourg nous rappelle enfin que le Grand Est sait accueillir des événements internationaux et qu’il possède des clubs, des bénévoles et des équipements capables de les faire vivre.
Cette semaine, encourageons les Bleus. Et surtout, faisons en sorte que leur performance laisse derrière elle davantage qu’une médaille : des vocations, des clubs plus accessibles et un autre regard sur le handicap.
