Les quelques pluies tombées ces derniers jours n’auront pas suffi à inverser la tendance. Dans le secteur de Remiremont, les ressources en eau potable restent à des niveaux particulièrement faibles. Plusieurs communes disposent désormais de marges de sécurité très réduites, alors que la situation pourrait rester tendue jusqu’à l’hiver.
L’eau continue de couler au robinet, mais derrière cette apparente normalité, la situation des ressources est préoccupante. Le déficit de précipitations observé depuis plusieurs semaines a fortement fragilisé les sources et les nappes qui alimentent les réseaux d’eau potable.
Sur le terrain, les agents chargés du suivi de la ressource constatent quotidiennement la faiblesse des débits. Les pluies récentes n’ont pas permis une remontée suffisamment importante des niveaux. Dans ces conditions, les restrictions d’usage de l’eau actuellement en vigueur restent indispensables.
À Dommartin-lès-Remiremont, une marge de seulement quelques dizaines de mètres cubes
À Dommartin-lès-Remiremont, l’intégralité de l’eau produite pour la commune provient actuellement de la station de la Croisette.
Les sources fournissent environ 320 m³ par jour, pour une consommation quotidienne qui atteint près de 278 m³. La marge disponible est donc particulièrement faible.
Une consommation exceptionnelle pourrait rapidement mettre le réseau sous pression. Le remplissage d’une piscine, une utilisation excessive de l’eau ou encore un besoin important lié à un incendie pourraient suffire à fragiliser l’équilibre actuel.
Les possibilités de secours sont par ailleurs limitées, les sources de Vecoux étant elles aussi confrontées à un déficit.
Saint-Étienne-lès-Remiremont dépend du forage
À Saint-Étienne-lès-Remiremont, le déficit est encore plus important.
Les sources du Saint-Mont produisent actuellement environ 350 m³ par jour, alors que les besoins atteignent près de 750 m³ quotidiennement.
Pour compléter l’approvisionnement, la commune doit donc actuellement s’appuyer sur un forage dans la nappe de la Moselle. Mais cette nappe connaît elle aussi un important stress hydrique.
La situation illustre la fragilité des systèmes d’alimentation en eau potable lorsque les précipitations deviennent insuffisantes pendant une période prolongée.
Au Val-d’Ajol, la production ne couvre plus la consommation
Le constat est similaire au Val-d’Ajol, où l’ensemble des sources est actuellement en déficit.
Aux Mélines, qui alimentent notamment le secteur du plateau de la Croisette, la production s’établit à environ 97 m³ par jour, pour une consommation quotidienne de 101 m³.
Il ne manque donc que quelques mètres cubes pour que la ressource disponible soit inférieure aux besoins. Un pompage installé dans le centre-bourg permet pour l’heure de compléter l’alimentation du réseau.
Une situation qui concerne tout le territoire
Ces chiffres ne doivent pas être considérés commune par commune. Certaines ressources alimentent également des villages et des communes situés en aval, au-delà des limites administratives de la Communauté de communes.
La faiblesse actuelle des sources et des nappes concerne donc potentiellement un territoire beaucoup plus large.
Dans ce contexte, les restrictions d’eau ne constituent pas une simple précaution. Elles visent à préserver les ressources disponibles et à garantir en priorité les usages essentiels.
Une vigilance nécessaire jusqu’à l’hiver
Les collectivités appellent les habitants à poursuivre leurs efforts : limiter les douches, éviter les consommations inutiles, ne pas laisser couler les robinets et réduire autant que possible les usages non indispensables.
Pris individuellement, ces gestes peuvent sembler modestes. Mais à l’échelle de plusieurs milliers d’habitants, leur impact peut contribuer à soulager les réseaux.
La situation devra être surveillée dans les prochaines semaines et pourrait rester préoccupante jusqu’au mois de décembre, période à laquelle les précipitations devraient permettre, si elles sont suffisamment importantes, une recharge progressive des sources et des nappes.
L’enjeu est désormais clair : préserver les réserves disponibles pendant les prochaines semaines afin d’éviter que la tension sur les réseaux d’eau potable ne s’aggrave.
