Face à une citerne à sec et au refus de deux demandes de dérogation pour l’arrosage, SOS Massif des Vosges et Vosges Nature Environnement appellent à la mobilisation dimanche 30 août 2026. Les deux associations dénoncent une différence de traitement dans l’utilisation de l’eau en période de sécheresse.
Le Jardin d’altitude du Haut Chitelet se retrouve au cœur d’une controverse sur la gestion de l’eau dans le massif des Vosges. Alors que la sécheresse impose des restrictions croissantes, les responsables et défenseurs du jardin alertent sur les conséquences pour les quelque 2.600 espèces végétales présentes sur le site.
Parmi ces plantes figurent des espèces protégées, menacées ou faisant l’objet de plans nationaux de conservation. Une partie de ce patrimoine botanique pourrait ainsi se retrouver fragilisée par le manque d’eau.
La situation est d’autant plus préoccupante que la citerne destinée à récupérer les eaux de pluie, d’une capacité de 60 m³, est aujourd’hui vide. Selon SOS Massif des Vosges et Vosges Nature Environnement, deux demandes de dérogation visant à permettre un arrosage de sauvegarde ont été refusées.
60 m³ demandés pour un mois
La demande formulée par le jardin portait sur 60 m³ d’eau pour un mois. Les associations précisent que l’arrosage devait être réalisé principalement de nuit, grâce à un système automatisé et utilisé de manière limitée afin de préserver au maximum la ressource.
Pour les défenseurs du Haut Chitelet, cette demande répond à un objectif précis : éviter la disparition ou la dégradation de plantes particulièrement précieuses pour la conservation botanique et scientifique.
« Nous ne contestons ni la sécheresse ni la nécessité d’économiser l’eau », expliquent les associations, qui souhaitent cependant que les restrictions prennent davantage en compte la nature et la finalité des usages concernés.
Le parallèle avec les golfs fait polémique
Pour appuyer leur position, SOS Massif des Vosges et Vosges Nature Environnement comparent les besoins du jardin botanique avec les volumes d’eau qui peuvent encore être consacrés à l’entretien des terrains de golf.
Selon les associations, le régime applicable en période de crise permet toujours l’arrosage des greens jusqu’à 350 m³ par semaine et par tranche de neuf trous.
Sur un mois, le volume autorisé pourrait ainsi dépasser largement les 60 m³ demandés par le Jardin d’altitude du Haut Chitelet.
Une comparaison qui alimente la polémique et pose, selon les organisateurs, la question des priorités lorsque la ressource en eau devient insuffisante.
Quelles priorités pour l’eau ?
Au-delà de la seule situation du Haut Chitelet, les deux associations souhaitent ouvrir un débat sur les critères utilisés pour accorder des dérogations en période de sécheresse.
Elles réclament notamment le réexamen immédiat de la demande de 60 m³, mais aussi la publication de critères « clairs et équitables » permettant de déterminer quels usages peuvent bénéficier d’une dérogation.
Elles demandent également qu’une solution durable soit trouvée pour permettre au jardin de mieux résister aux épisodes de sécheresse à venir et que la conservation scientifique et botanique soit reconnue comme un usage essentiel de l’eau.
Un rassemblement dimanche
Pour faire entendre leurs revendications, SOS Massif des Vosges et Vosges Nature Environnement organisent un rassemblement citoyen, pacifique et familial dimanche 30 août à 14 h, devant le Jardin d’altitude du Haut Chitelet, sur la Route des Crêtes, au col de la Schlucht.
Les participants sont invités à venir avec une petite bouteille transparente remplie d’eau, symbole de la goutte nécessaire à la sauvegarde du jardin. À 14 h 30, les bouteilles seront levées collectivement pour une photo symbolique.
Les organisateurs précisent qu’aucune eau ne sera versée dans le jardin sans l’accord de ses responsables et des autorités compétentes.
Le public est attendu dès 13 h 45, avec une prise de parole prévue à 14 h 15. Le rassemblement se poursuivra par la photo collective et la levée des bouteilles.
Les organisateurs encouragent le covoiturage et l’utilisation de la Navette des Crêtes, et appellent les participants à respecter le site, la montagne et la circulation.
À travers cette mobilisation, les associations espèrent attirer l’attention sur un enjeu qui dépasse le seul Jardin du Haut Chitelet : comment préserver la biodiversité et le patrimoine scientifique lorsque l’eau devient une ressource de plus en plus rare ?
