Essegney – Après des menaces de mort contre le maire et sa famille, un homme condamné par le tribunal

Un homme de 56 ans a été condamné à deux ans d’emprisonnement avec sursis après avoir proféré des menaces de mort à l’encontre du maire d’Essegney et de sa famille. L’affaire, révélée par le procureur de la République d’Épinal, Frédéric Nahon, a connu un dénouement judiciaire particulièrement rapide.

Les faits remontent au lundi 31 août. Le maire d’Essegney a déposé plainte après avoir reçu, sur son téléphone professionnel, un SMS particulièrement violent. Son auteur lui adressait un ultimatum, exigeant sa démission de son mandat de maire, tout en menaçant directement son épouse, son enfant et lui-même.

Face à la gravité des propos, le parquet d’Épinal a immédiatement ouvert une enquête en flagrance. Les investigations ont été confiées à la brigade de recherches de Remiremont.

Un téléphone prépayé acheté sous une fausse identité

Les premières investigations ont permis d’établir que le message avait été envoyé depuis un téléphone prépayé. L’appareil avait été acheté dans un commerce d’Épinal sous une fausse identité, démontrant la volonté de son utilisateur de dissimuler son identité.

Mais l’exploitation des images de vidéosurveillance du magasin a permis aux enquêteurs d’identifier rapidement le suspect.

L’homme, âgé de 56 ans, originaire des Vosges et exerçant une activité professionnelle, a été interpellé le mardi 1er septembre vers 16 heures, avant d’être placé en garde à vue.

Au cours de son audition, il a reconnu les faits.

Une précédente lettre de menaces

Les investigations ont également permis de faire le lien avec un précédent épisode. Le mis en cause a reconnu être l’auteur d’un courrier menaçant adressé au maire d’Essegney le 20 mai 2026.

Dans cette lettre, il demandait déjà à l’élu de quitter ses fonctions et le conseil municipal, évoquant de graves conséquences pour lui ou un membre de sa famille en cas de refus.

Lors de sa garde à vue, l’intéressé a regretté les deux épisodes, expliquant avoir « perdu pied » et avoir agi « sous impulsion ».

Il a notamment évoqué un différend politique avec le maire, reprochant à ce dernier d’avoir présenté une liste lors des dernières élections municipales alors qu’il était lui-même candidat. Un désaccord concernant l’attribution d’un bail pour un terrain de chasse a également été avancé.

Le prévenu ne présentait aucun antécédent judiciaire.

Deux ans de prison avec sursis

À l’issue de sa garde à vue, et compte tenu de la gravité des faits, de l’absence d’antécédents judiciaires et de la reconnaissance des faits, l’homme a été présenté à la justice dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, communément appelée procédure de « plaider coupable ».

Il a été déclaré coupable de menaces de mort à l’encontre d’un élu.

La justice l’a condamné à deux ans d’emprisonnement avec sursis ainsi qu’à une amende de 2 000 euros.

Plusieurs interdictions ont également été prononcées. Le condamné ne pourra pas entrer en contact avec le maire d’Essegney et sa famille pendant trois ans. Il lui est également interdit de paraître au domicile de l’élu et à la mairie.

Une interdiction de détenir des armes pendant cinq ans a par ailleurs été prononcée, accompagnée de la confiscation de l’ensemble des armes.

La peine a été acceptée par le prévenu et est immédiatement exécutoire. Il dispose toutefois d’un délai de dix jours pour faire appel.

Un renvoi concernant les intérêts civils a été demandé par les parties civiles. Les associations de maires ont également été avisées.

« Des faits inadmissibles »

Dans son communiqué, le procureur de la République d’Épinal, Frédéric Nahon, a tenu à apporter publiquement son soutien au maire d’Essegney.

Un accompagnement par une association d’aide aux victimes lui a également été proposé.

Le procureur a enfin salué la « parfaite réactivité » des gendarmes dans la résolution rapide de cette enquête.

Pour le parquet, ces menaces constituent des faits particulièrement graves, qui ne peuvent être tolérés. Elles visent non seulement un élu dans l’exercice de son mandat, mais portent également atteinte, plus largement, au fonctionnement démocratique.

Une réponse judiciaire « ferme et rapide » était donc nécessaire face à des faits qualifiés d’« inadmissibles ».

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