Le Hohneck – L’éleveur dénonce la négligence humaine après la chute mortelle de trois bovins dans le ravin

Vendredi 4 septembre, trois bovins de l’éleveur Yannick Schubnel ont trouvé la mort après avoir chuté dans les couloirs situés sous le Hohneck. Pour l’éleveur, cette tragédie est directement liée à la dégradation d’un passage et au non-respect des aménagements destinés à protéger les animaux.

Ils s’appelaient Tina, Ulmaire et Urssel. Pour l’éleveur, le drame est d’autant plus difficile à accepter qu’il ne serait pas lié au mauvais temps, mais à une intervention humaine sur un secteur pourtant fermé.

« Plus tôt, nous avions été informés qu’une de nos bêtes avait glissé dans le couloir, pourtant fermé, et s’était arrêtée 300 mètres plus bas sur un chemin », raconte Yannick Schubnel.

Une matinée de recherches est alors engagée pour tenter de retrouver l’animal. Mais au fil des recherches, l’inquiétude laisse place à la stupeur. Ce n’est finalement pas une, mais trois bêtes qui sont retrouvées mortes.

« Nos bêtes n’auraient jamais dû se trouver là »

Pour Yannick Schubnel, cette situation n’aurait jamais dû se produire.

L’éleveur pointe notamment du doigt la dégradation d’un passage aménagé au printemps. Celui-ci aurait été arraché, permettant aux animaux d’accéder à une zone particulièrement dangereuse.

Les conséquences sont lourdes : un troupeau de 34 bêtes se retrouve bloqué sur un sentier d’environ 1,50 mètre de largeur, au bord de la falaise.

« La faute à qui ? Aux usagers, c’est une certitude. Touristes, locaux, cavaliers, nous ne saurons jamais. Le mal est fait. Nos bêtes n’auraient jamais dû se trouver là. »

Des propos qui traduisent la colère et l’incompréhension de l’éleveur face à cette situation.

Yannick Schubnel explique pourtant passer régulièrement du temps à sensibiliser les personnes fréquentant les lieux aux règles élémentaires de respect des espaces pastoraux.

« Nous passons notre temps à expliquer aux gens de faire attention à ne pas laisser traîner de verre, de ne pas dégrader les clôtures, de ne pas salir l’eau des abreuvoirs. »

Pour l’éleveur, ces précautions ne sont pas accessoires. Elles sont indispensables à la sécurité des animaux et des personnes qui fréquentent la montagne.

Une opération de secours particulièrement délicate

Après la découverte des animaux et face à la situation du troupeau, d’importants moyens sont mobilisés afin de sécuriser les bêtes et de permettre leur remontée.

Yannick Schubnel tient à saluer tout particulièrement l’intervention de l’entreprise Maurice Débardage, qui a participé au tractage des animaux.

Il remercie également les sapeurs-pompiers spécialisés dans le secours en montagne de la vallée de Munster, dont l’intervention s’est déroulée dans des conditions particulièrement difficiles. Leur engagement les a eux-mêmes exposés à des risques importants lors de la remontée des animaux.

L’éleveur adresse également ses remerciements au Parc naturel régional des Ballons des Vosges, à la Ferme de l’Estive ainsi qu’à son entourage proche, mobilisés à ses côtés dans cette épreuve.

« En espérant que cela serve de leçon »

Au-delà de la perte de Tina, Ulmaire et Urssel, Yannick Schubnel souhaite surtout que cet accident fasse prendre conscience aux usagers de la montagne de leur responsabilité.

Dans les secteurs d’estive, les clôtures, passages et aménagements ne sont pas de simples équipements. Ils participent à la sécurité des troupeaux et permettent aux éleveurs de maintenir leurs animaux dans des zones adaptées au pâturage.

Pour Yannick Schubnel, le drame du 4 septembre doit donc servir d’avertissement.

« En espérant que cela serve de leçon. »

Un souhait formulé après une journée particulièrement éprouvante, marquée par la perte de trois animaux et une opération de secours à haut risque pour récupérer le reste du troupeau.

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