Allemagne : face au repli national, Franck Leroy défend le choix de l’Europe

En quinze jours, les élections régionales allemandes ont profondément modifié le paysage politique outre-Rhin. En Saxe-Anhalt, l’AfD a obtenu son meilleur résultat dans une élection régionale allemande. En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, elle est également arrivée en tête et, à Berlin, elle progresse nettement. En Saxe-Anhalt, la question n’est désormais plus seulement celle de sa progression électorale, mais de son accès au pouvoir.

Pour Franck Leroy, président de la Région Grand Est, ces résultats doivent être regardés en face, sans nier les colères qu’ils expriment mais sans jamais banaliser le projet politique qui les accompagne.

Car ce projet est clair. Derrière le discours sur l’immigration, l’AfD défend une vision de l’Allemagne et de l’Europe fondée sur le repli national. Elle remet en cause l’intégration européenne, défend un rapprochement avec la Russie et porte, en Saxe-Anhalt, un projet de société qui va jusqu’à vouloir mettre fin à l’inclusion scolaire des enfants en situation de handicap pour revenir à une scolarisation séparée.

Ce sont des choix politiques qui doivent être nommés et débattus pour ce qu’ils sont. Face à la guerre en Ukraine, aux tensions internationales et à la compétition économique mondiale, affaiblir l’Europe et diviser les Européens ne rendrait ni l’Allemagne ni la France plus fortes. Le moment exige au contraire davantage de souveraineté européenne, une défense commune plus ambitieuse, une économie capable de résister aux grandes puissances et un couple franco-allemand solide.

Pour le Grand Est, ce débat a une résonance particulière. L’Allemagne n’est pas un voisin lointain : elle fait partie de notre quotidien. Des milliers de familles, de travailleurs, d’entreprises et d’étudiants vivent chaque jour cette relation par-delà la frontière. C’est ici que l’on sait, très concrètement, ce que la coopération européenne permet de construire.

Franck Leroy, actuellement à Berlin, s’oppose à ce que la peur, le repli national et la désignation de boucs émissaires deviennent les réponses aux défis de notre époque.

« À la tentation nationaliste, nous devons opposer une Europe qui protège. À la fragmentation, nous devons opposer la solidarité. Au repli, nous devons opposer la coopération. Et à la banalisation de l’extrême droite, nous devons opposer une exigence démocratique claire. J’appelle ainsi les forces républicaines et européennes à construire des ponts, à défendre la solidarité entre les peuples et à faire vivre concrètement l’idéal européen. L’Europe n’est pas le problème : elle est notre capacité collective à agir. » Franck Leroy, président de la Région Grand Est.