Noël Grandemange revient sur l’histoire du groupement vosgien de ski, devenu comité départemental des Vosges de ski.
Les pionniers du ski vosgien
Avant d’évoquer les grandes compétitions qui ont marqué l’histoire du ski dans les Vosges, il convient de rappeler les origines de son développement et de rendre hommage à ceux qui l’ont porté, notamment dans les disciplines nordiques et alpines.
Si, en 2026, les Vosgiens continuent de susciter l’engouement et d’obtenir de brillants résultats en ski nordique sur la scène internationale, c’est grâce à des dirigeants convaincus qui ont su préparer les développements humains, sportifs et matériels nécessaires, avec les moyens financiers et humains dont ils disposaient à l’époque.
Parmi ces pionniers figure incontestablement Gervais Poirot, de La Bresse, particulièrement investi dans le ski nordique.
Issu d’une famille bressaude du Chajoux, il compte parmi six ou sept frères qui ont tous, à des degrés divers, marqué de leur empreinte le ski nordique vosgien, national et international. René s’est notamment illustré en ski de fond, tandis que Marcel et Gilbert se sont distingués en saut à ski.
Membre du Ski Club La Bressaude, Gervais s’est fait remarquer très jeune par ses résultats. Il a intégré l’équipe de France de combiné nordique, discipline associant ski de fond et saut à ski, ce qui lui a permis de participer aux Jeux olympiques de Grenoble en 1968.
Il poursuivait alors sa carrière sportive sous statut de douanier, mis à disposition de la Fédération française de ski pour lui permettre d’évoluer au plus haut niveau.
Gervais Poirot, du haut niveau à l’encadrement
Au cours de sa carrière, Gervais Poirot a accumulé de solides connaissances dans le domaine du ski nordique : compétition, organisation de grandes épreuves, règlements nationaux et internationaux. Il a également noué des relations amicales avec de nombreux responsables internationaux.
Quelques années après les Jeux de Grenoble, il a mis fin à sa carrière sportive de haut niveau. À la demande de la Fédération française de ski auprès du ministère de la Jeunesse et des Sports, il a ensuite obtenu un poste de conseiller technique régional, chargé d’intervenir auprès du Comité régional des Vosges de ski.
Il a construit sa maison à Lispach, au cœur d’un site qui allait devenir incontournable pour l’organisation d’épreuves de ski de tous niveaux. Avec son épouse Françoise, fidèle et dynamique, il en a fait un lieu d’accueil très fréquenté par les acteurs du ski.
Entre-temps, il avait obtenu les brevets de juge national et de délégué technique dans les différentes disciplines nordiques. Reconnu comme un expert par la Fédération française de ski, il était également un conseiller écouté du président national et membre de la commission nationale de ski de fond. Ses avis étaient souvent suivis d’effet.
De retour dans les Vosges après sa carrière de sportif de haut niveau, il souhaitait faire profiter le plus grand nombre de son expérience, dans l’intérêt des skieurs et des clubs.
La création du Comité départemental des Vosges de ski
À cette époque, les 23 clubs vosgiens dépendaient du Comité régional des Vosges, dont le siège se trouvait à Mulhouse. Ils étaient regroupés au sein du Groupement Ouest Vosgien de ski, une structure sans statut officiel. J’avais succédé à François Pottecher et à Jean Germain à la présidence, tous deux ayant été nommés sans élection.
Faute de statut et de déclaration légale, ce groupement ne pouvait prétendre aux aides et subventions du ministère de la Jeunesse et des Sports, réservées aux structures agréées.
Gervais Poirot, constatant cette lacune qui pénalisait les clubs vosgiens, m’en a fait part. La solution consistait à créer un comité départemental réunissant les 23 clubs, doté de statuts et administré par des membres élus.
Cette démarche nécessitait l’accord du Comité régional des Vosges ainsi que celui des clubs concernés. À la suite des conseils de Gervais, j’ai rapidement obtenu les feux verts nécessaires.
Charles Garot, président du Comité régional et avocat, m’a procuré des statuts conformes à la législation du ministère de la Jeunesse et des Sports. Une assemblée générale constitutive a ainsi été organisée en 1972. Les représentants des clubs ont élu les membres du nouveau comité et m’ont porté à la présidence de l’association, fonction que j’ai occupée jusqu’en 1988.
Grâce à cette structuration, les relations avec les services départementaux ont pu se développer. Le ski a enfin bénéficié d’une reconnaissance et d’un soutien institutionnels dans les Vosges.
Compte tenu des résultats nationaux et internationaux des skieurs vosgiens, tant en ski alpin qu’en ski nordique, notre comité bénéficiait d’un accueil favorable auprès de la Direction départementale de la Jeunesse et des Sports, à Épinal. Pour avoir côtoyé plusieurs directeurs et leurs collaborateurs, je peux témoigner de l’intérêt porté au ski et à ses dirigeants par les services de cette administration.
Des conseillers techniques au service des clubs
Les responsables de la Fédération française de ski étaient également sensibles aux résultats du Comité des Vosges. Ils ont contribué à la mise en place de postes de conseillers techniques, confiés notamment à d’anciens membres des équipes de France, sous statut de douaniers détachés. Leur mission consistait à encadrer et à conseiller les clubs dans les différentes disciplines.
Parmi eux figuraient :
- Conseillers techniques régionaux : Gervais Poirot et Annick Pierrel.
- Conseillers techniques départementaux de biathlon : Jean-Claude Viry, Daniel Claudon, Jean-Jacques Hatton et Francis Mougel.
- Conseillers techniques départementaux de ski de fond : Luc Colin, Michel Didierlaurent et Bernard Cuny.
- Conseiller technique départemental de saut : Régis Ruer.
- Conseillers techniques de ski alpin : Jean-François Leduc et Bernadette Valroff.
En 1974, le pôle espoir interrégional Ski-Études a été créé au lycée de Gérardmer.
Former les jeunes et développer les équipements
L’ensemble de cette organisation, soutenue par les moniteurs, les responsables de clubs, les officiels et les bénévoles, a contribué, au fil des années, à attirer de nombreux jeunes vers le ski. Les foyers de ski ont notamment joué un rôle important dans cette dynamique.
Les actions menées ont également permis de créer les équipements indispensables, en concertation avec les clubs et les municipalités : pistes de ski de fond, tremplins, stades de slalom et stades de biathlon.
Ces projets reposaient sur une réflexion collective. Les dossiers étaient étudiés en amont, puis présentés aux décideurs locaux et départementaux, à l’Office national des forêts (ONF) et aux partenaires financiers.
Même les clubs éloignés des stations tenaient à organiser des compétitions dans différentes disciplines, sur des pistes qu’ils aménageaient eux-mêmes. Chaque automne, une réunion commune permettait d’établir un calendrier prévisionnel par discipline. Dans les Vosges, la neige n’étant jamais garantie, il fallait ensuite s’adapter aux conditions du moment.
Organiser des compétitions : un travail collectif
L’organisation d’une épreuve exigeait des moyens importants. Il fallait obtenir les autorisations d’utilisation des pistes auprès des responsables des stations, prévoir leur traçage et leur damage, puis constituer une équipe technique.
Celle-ci comprenait notamment un directeur technique, des contrôleurs, des chronométreurs, un secrétariat et des responsables de la sécurité. Il fallait également gérer les inscriptions, établir les listes et les dossards selon les critères de classement, rechercher des sponsors, préparer le palmarès et organiser la remise des prix en présence des invités. Enfin, les résultats devaient être transmis aux clubs participants.
Les compétitions régionales étaient généralement bien maîtrisées par les clubs organisateurs habituels.
Les épreuves nationales, ouvertes aux coureurs de tous les comités de la Fédération française de ski, imposaient des règles particulières selon leur nature : championnats de France, courses de sélection, etc. Tous les clubs n’étaient pas en mesure de les organiser. Pourtant, pour que le Comité des Vosges soit reconnu, il était indispensable d’accueillir de telles manifestations et de permettre aux coureurs vosgiens des équipes nationales de se produire devant leur public.
Ces compétitions nécessitaient des infrastructures adaptées et des capacités d’accueil suffisantes pour les équipes, les officiels et les représentants des sponsors. Dans le secteur, La Bresse, Gérardmer, Ventron et Xonrupt disposaient des principaux atouts requis.
La Bressaude et les grandes épreuves de saut
Le Ski Club La Bressaude a organisé pendant de nombreuses années le célèbre Challenge Deybach de ski de fond, qui attirait notamment les redoutables coureurs jurassiens.
Il a également été associé à la Coupe Montefiore. Une année, les coureurs de La Bresse ont remporté cette épreuve en déplacement dans un autre comité, avec la responsabilité d’organiser l’édition suivante sur leur propre terrain.
À La Bresse, les concours internationaux de saut à ski organisés sur le tremplin d’Entre-les-Gouttes, dans la vallée du Chajoux, ont longtemps constitué un rendez-vous majeur. Créé en 1955 et abandonné depuis 1979, ce tremplin avait enregistré un record officiel de 64 mètres en concours, réalisé par Gérard Colin. Des sauts plus longs auraient été effectués à l’entraînement. Le point K était situé à 68 mètres.
Des sauteurs suisses, italiens et allemands participaient à ces compétitions.
Gaby Bertrand assurait la délicate responsabilité des calculs et de la vérification des fiches individuelles des sauteurs. Ce travail s’effectuait dans les bureaux de la société Steimer. Louis Steimer était alors président de La Bressaude, avec l’aide des frères Valdenaire, Loulou et Pierrot.
Le palmarès était proclamé à la salle des fêtes de La Bresse, en présence des coureurs, des officiels de la Fédération française de ski, des accompagnateurs et des personnalités. Le maire, le député et d’autres invités ne manquaient pas l’occasion de prendre la parole.
Cette importante manifestation attirait plus de 5 000 spectateurs. Pendant les épreuves, l’abbé Ruethy, prêtre de la paroisse de La Bresse et d’origine suisse, commentait oralement la compétition en allemand et en italien, au grand plaisir des visiteurs étrangers.
1974 : une équipe soviétique de biathlon à La Bresse
En 1974, Gervais Poirot a proposé l’organisation d’une épreuve internationale de biathlon. À défaut de disposer d’un stade dédié à cette discipline, le tir avait lieu au lac de la Ténine : les coureurs se tenaient d’un côté du lac, près de la route, et les cibles se trouvaient de l’autre côté.
Cette compétition a attiré l’équipe soviétique, avec son champion Alexandre Tikhonov, ainsi qu’une dizaine d’autres coureurs de haut niveau.
L’arrivée de cette équipe, composée d’une trentaine de personnes — athlètes, entraîneurs, médecins, kinésithérapeutes, interprètes et commissaires — a donné lieu à un épisode mémorable.
Un soir, les Soviétiques sont descendus du train à la gare de Cornimont, en provenance de Paris, avec leurs skis, leurs armes, leurs provisions et leurs nombreux bagages. Le chef de gare, surpris par ce débarquement, a compris après quelques échanges que le groupe se rendait à La Bresse. Or, aucun bus n’assurait la liaison avec la station après l’arrivée de ce dernier train.
Il a alors appelé l’Hôtel des Vallées. Jean-Marie Remy lui a répondu qu’il enverrait les véhicules nécessaires pour transporter l’équipe. On ignore si l’hébergement avait été prévu à l’avance, mais Jean-Marie a accueilli tout le monde pour la nuit, laissant aux organisateurs le soin de régler les détails le lendemain.
Le lendemain matin, l’hôtel était silencieux : les coureurs étaient partis s’entraîner sur les pistes de Lispach grâce aux bus mis à leur disposition.
Jean-Marie Remy s’est ensuite inquiété de leur repas de midi afin de pouvoir leur proposer un menu. En entrant dans une chambre, il a découvert que les occupants préparaient eux-mêmes leur repas à partir des provisions apportées de Russie.
Il leur a proposé d’utiliser une partie de la cuisine de l’hôtel et leur a réservé une salle à manger indépendante.
En dehors des entraînements, les membres de l’équipe n’étaient pas autorisés à sortir en ville. Ce n’est que le dernier jour, accompagnés de leurs commissaires, qu’ils ont obtenu l’autorisation de faire une sortie. Ils se sont alors précipités dans les magasins, notamment pour acheter de grandes quantités de bas nylon pour femmes. Leur liberté de mouvement était étroitement surveillée par les commissaires.
Sur les pistes, Gervais Poirot, chargé d’accompagner le groupe, s’efforçait de faciliter les relations techniques et humaines.
La venue de cette équipe soviétique constituait un événement national, placé sous surveillance préfectorale et suivi par les médias nationaux. Elle a marqué une ouverture remarquable vers la coopération internationale dans le ski vosgien.
Je garde peu de souvenirs du déroulement sportif de l’épreuve, remportée par l’équipe étrangère. Mais cette manifestation a démontré la capacité de La Bressaude à organiser une compétition internationale.
J’occupais alors un poste d’officiel dans l’organisation, accompagné de notre fils Philippe, âgé de 14 ans. En souvenir de cette journée, il avait ramassé sur le pas de tir une douille provenant d’un tir de Tikhonov. Elle est toujours conservée dans la maison familiale.
Les championnats de France nordiques de 1970 et la Coupe Bérauer
Du 31 janvier au 9 février 1970, quatre clubs — La Bresse, Gérardmer, Xonrupt et Cornimont — ont organisé les championnats de France nordiques, comprenant le ski de fond, le saut et les relais.
Cornimont était chargé de l’épreuve de fond sur 30 kilomètres. La piste avait été tracée et damée à pied, sur le secteur du Brabant et des Hiez. Mais, à la suite d’un redoux et de fortes pluies, la course n’a pas pu se dérouler sur ce site et a dû être déplacée à Lispach.
En 1973, La Bresse a accueilli la Coupe Bérauer, une épreuve internationale destinée aux jeunes garçons minimes et cadets de moins de 16 ans, comprenant du ski de fond sur 5 kilomètres et du saut.
Le développement du biathlon et les champions vosgiens
Raymond Martin, de Xonrupt, président de la commission régionale de biathlon, devait composer avec des moyens limités. À cette époque, le biathlon était encore le parent pauvre du Comité des Vosges.
Pourtant, dès 1974, cette discipline commençait à se développer dans le département. Elle allait ouvrir de nouvelles perspectives aux jeunes de quelques clubs et contribuer à l’émergence de champions.
Parmi eux, Yvon Mougel a été le premier Vosgien à participer aux championnats du monde de biathlon et a remporté une médaille de bronze à Lahti, en Finlande, en 1981.
Véronique Claudel s’est ensuite illustrée en remportant la médaille d’or du relais aux Jeux olympiques d’Albertville, en 1992.
En février 2026, trois Vosgiens, les frères Claude, originaires de Basse-sur-le-Rupt, participaient aux Jeux de Cortina : Florent sous les couleurs de la Belgique, Fabien et Émilien au sein de l’équipe de France. Leurs résultats, dans une discipline qui suscite désormais une audience nationale considérable, témoignent de la place prise par le biathlon dans le paysage sportif.
Les primes olympiques et la valeur des médailles
Les informations communiquées dans le document d’origine concernant les Jeux de Cortina 2026 mentionnent les montants suivants pour les primes, avant prélèvements fiscaux :
- Médaille d’or : 80 000 €.
- Médaille d’argent : 40 000 €.
- Médaille de bronze : 20 000 €.
- Relais médaillé d’or : 30 000 € à partager, soit 7 500 € par athlète pour une équipe de quatre.
- Relais médaillé d’argent : 24 000 € à partager, soit 6 000 € par athlète.
- Relais médaillé de bronze : 20 000 € à partager, soit 5 000 € par athlète.
Le document indique également les valeurs estimées suivantes pour les médailles : 180 000 € pour l’or, 135 000 € pour l’argent et 100 000 € pour le bronze. Il précise que les primes sont financées par les comités nationaux olympiques.
Ces montants sont repris du document d’origine et restent à vérifier.
1982 : la Coupe du monde de ski de fond à La Bresse
Une autre grande manifestation de ski de fond a marqué l’histoire sportive des Vosges : l’organisation d’une épreuve de Coupe du monde à La Bresse, en 1982.
Depuis plusieurs années, Gervais Poirot se battait pour obtenir l’organisation d’une telle compétition en France. Les résultats internationaux de Jean-Paul Pierrat, licencié au club de Xonrupt, ont fortement contribué à soutenir la candidature vosgienne. Celui-ci comptait notamment 28 titres de champion de France, une médaille de bronze aux championnats du monde sur 50 kilomètres et une victoire dans la Vasaloppet, une course suédoise de 90 kilomètres.
Le Comité international et la Fédération française de ski ont finalement donné leur accord pour une épreuve à La Bresse, déjà reconnue pour ses précédentes organisations nationales. Les autorisations étaient accordées deux ans à l’avance afin de permettre une préparation sérieuse.
Même si La Bresse disposait déjà de pistes sur le site de Lispach, les exigences techniques d’une compétition internationale imposaient une révision détaillée de leur profil. Le responsable national de l’homologation des pistes de ski de fond a été envoyé sur place pour établir le plan des travaux nécessaires.
Le projet supposait l’accord de la commune et l’autorisation de l’Office national des forêts pour les portions situées en forêt communale, où des arbres devaient être abattus. Il prévoyait également le passage de la piste sous une route, en aval du lac de Lispach, ce qui nécessitait un ouvrage particulier.
Un chalet a été construit avec une salle de réunion, des toilettes, un bureau de secrétariat et une vue sur la piste. Une bulle vitrée a également été installée au départ des courses. Elle s’est toutefois révélée peu efficace : la différence de température entre l’intérieur et l’extérieur provoquait de la condensation sur les vitrages, empêchant toute visibilité.
Une fois les travaux terminés, une piste conforme aux exigences techniques a pu accueillir cette première grande épreuve vosgienne, le 15 janvier 1982.
La course a été remportée par l’Américain Bill Koch, promoteur du pas de patineur, devenu le skating. Cette nouvelle technique avait conduit à élargir les pistes jusque-là damées pour le pas alternatif. Jean-Paul Pierrat a terminé quatrième.
La piste, jugée particulièrement difficile en raison d’une montée trop longue, n’a ensuite pas été recommandée pour les compétitions régionales.
Un partenariat financier qui laisse un souvenir amer
La Coupe du monde était soutenue par la firme ……., à hauteur de 350 000 francs. Un représentant, M. Berteraud, suivait les besoins de l’organisation.
Sur cette somme, 300 000 francs ont été versés. Les 50 000 francs restants n’ont jamais été récupérés. Maître Garot, notre président national, s’est chargé de l’affaire, mais n’a trouvé, à l’adresse indiquée, qu’un bureau vide avec un téléphone.
Malgré cet épisode, la compétition a été une réussite à tous les niveaux, à la satisfaction des coureurs, des entraîneurs, des officiels et des représentants politiques.
Ces organisations de haut niveau démontraient la capacité des clubs vosgiens à accueillir des manifestations de grande ampleur dans toutes les disciplines du ski.
Gérardmer, Xonrupt et les responsables du ski vosgien
À Gérardmer et à Xonrupt, plusieurs responsables ont également joué un rôle essentiel dans l’organisation des compétitions et le développement du ski.
Parmi eux, André Voirin et Claude Crouvizier ont apporté leur expérience. Marius Jéné, président de la commission régionale de ski de fond, était responsable du protocole lors de nombreuses manifestations. Il a notamment contribué à la création du Centre-École des Bas-Rupts.
Raymond Schmitt était le fidèle chronométreur, tandis que Jeannot Ruer constituait l’une des chevilles ouvrières du Ski Club de Xonrupt. Raymond Martin, déjà cité pour son engagement dans le biathlon, participait lui aussi à cette dynamique.
Pierre Sachot m’a succédé à la présidence.
En 1976, l’organisation du mémorable 46e congrès de la Fédération française de ski a constitué un autre temps fort. Beaucoup se souviennent de l’apéritif au vin de groseilles, servi sur la terrasse du Lido sous un soleil généreux. Cet élixir vosgien a laissé des souvenirs mémorables, souvent évoqués lors des congrès suivants. Grâce à cette organisation, Marius Jéné a également réussi à se faire une place dans les hautes sphères du ski français.
Les tremplins de saut à ski : de Bussang à La Bresse
Il ne faut pas oublier la vallée de la Moselle et la création du premier tremplin plastique de Bussang, inauguré le 8 août 1961 sous la présidence de François Pottecher et de Maurice Grosjean.
Ce dernier était un conseiller reconnu dans le domaine du saut et de la construction des tremplins au sein du Comité régional des Vosges. Juge national de saut, il formait également de nouveaux juges.
En 2010, plusieurs tremplins plastiques étaient recensés dans le département :
- Gérardmer : 65 mètres, inauguré le 20 août devant 5 000 personnes ;
- La Bresse : 45 mètres ;
- Ventron : 27 mètres ;
- Bussang : 30 mètres ;
- Xonrupt : 25 mètres.
Un autre tremplin existait également à Longemer, mais ses caractéristiques restent à préciser.
En 1983, La Bresse a aussi accueilli une épreuve de Coupe du monde de ski alpin, avec un slalom spécial.
Bien d’autres compétitions ont été organisées au fil des hivers, à tous les niveaux et dans toutes les disciplines, selon les moyens des clubs et les installations disponibles.
Les sœurs Leduc aux Jeux olympiques de 1960
Il convient également de souligner l’impact médiatique, sportif et politique des brillants résultats des sœurs Leduc aux Jeux olympiques de Squaw Valley, en 1960.
Les résultats mentionnés sont les suivants :
- Thérèse Leduc : 4e du slalom spécial, 7e du slalom géant et 14e de la descente ;
- Anne-Marie Leduc : 8e du slalom géant et 17e du slalom spécial ;
- Marguerite Leduc : 19e du slalom spécial.
La participation des trois sœurs aux Jeux olympiques a suscité des vocations parmi les jeunes attirés par le ski. Elle a également démontré aux responsables politiques et aux acteurs du département que le développement de cette discipline avait toute sa place dans les Vosges.
Un héritage sportif et humain
Ce résumé, nécessairement incomplet, souhaite rappeler quelques souvenirs des origines, du renouveau et du développement du ski dans le département des Vosges.
Il rend aussi hommage à l’ambiance chaleureuse qui régnait dans les clubs, à l’engagement des dirigeants et des bénévoles, ainsi qu’au plaisir qu’ils éprouvaient à organiser les compétitions et à se retrouver au fil des saisons.
Qu’il s’agisse de ski nordique, de ski alpin ou d’autres disciplines, cette histoire témoigne du travail collectif accompli par plusieurs générations de passionnés pour faire vivre et rayonner le ski vosgien.
