Un lieu de mémoire chargé d’histoire et d’émotion. Le Mur des Noms a été officiellement inauguré ce jeudi 5 novembre 2026 à Schirmeck, en présence notamment de Franck Leroy, président de la Région Grand Est. Ce monument rend hommage aux victimes du nazisme en Alsace et en Moselle en redonnant une identité à des milliers de femmes et d’hommes dont les destins ont été bouleversés par la Seconde Guerre mondiale.
Derrière chaque nom inscrit sur ce mur se trouve une vie, une famille et une histoire. C’est tout le sens de ce projet mémoriel, qui vise à ne pas laisser disparaître la mémoire de celles et ceux qui ont été victimes de la barbarie nazie.
Le Mur des Noms constitue l’aboutissement d’un engagement pris il y a dix ans par la Région Grand Est. À cette occasion, Franck Leroy a tenu à saluer le travail de ses prédécesseurs, Philippe Richert et Jean Rottner, mais également celui des familles et des associations qui ont porté ce projet avec détermination.
« Il y a des inaugurations qui célèbrent une réalisation. Et puis il y a celles qui répondent à une exigence de justice et de vérité », a souligné le président de Région.
Redonner un nom et une dignité aux victimes
À travers ce monument, il s’agit de rendre leur identité et leur dignité aux victimes du nazisme en Alsace et en Moselle. Les noms défilent sur trois murs grâce à un dispositif de projection, dans un espace propice au recueillement.
Des outils numériques permettent également aux visiteurs de retrouver des informations sur les personnes disparues, de consulter des biographies, des photographies, des archives et des témoignages. Une manière de dépasser les simples listes de victimes pour raconter des parcours individuels et transmettre leur histoire.
Le travail de recherche historique, mené notamment sous la direction de l’historienne Frédérique Neau-Dufour, permet de réunir et de documenter les parcours de ces milliers de victimes. La mémoire collective se nourrit ainsi des histoires individuelles et des recherches menées au fil des années.
Un message pour les générations futures
Lors de l’inauguration, Franck Leroy a également rappelé la place particulière de l’Alsace et de la Moselle dans l’histoire européenne. Des territoires marqués par les affrontements et les nationalismes, mais aussi devenus le symbole d’une Europe construite autour de la paix, du droit et de la démocratie.
Le président de Région a toutefois mis en garde contre toute forme de banalisation : « Aucune démocratie n’est définitivement à l’abri de la haine, de l’antisémitisme et du fanatisme. »
Au-delà de l’hommage aux disparus, le Mur des Noms porte donc un message essentiel de vigilance et de transmission. Il rappelle aux nouvelles générations les conséquences de la haine et des persécutions, mais aussi la responsabilité de préserver les valeurs démocratiques.
Dix ans après l’engagement initial de la Région Grand Est, ce lieu de mémoire devient ainsi un espace de recueillement, de connaissance et de transmission, pour que derrière chaque nom demeure une histoire et que personne ne soit oublié.
