Ski alpin – La station des Bagenelles restera fermée durant l’hiver 2026-2027

Une page de l’histoire du Val d’Argent se tourne, et avec elle disparaît peut-être bien plus qu’un téléski.

Il y a des décisions qui dépassent largement les chiffres et les tableaux budgétaires. Celle concernant l’avenir du ski alpin aux Bagenelles en fait partie.

Pour l’hiver 2026-2027, les remontées mécaniques ne devraient pas reprendre du service. Une annonce difficile à entendre pour tous ceux qui, depuis des décennies, ont grandi avec cette petite station familiale nichée au cœur du massif vosgien.

Le téléski des Bagenelles, mis en service en février 1971, n’était pas simplement une installation mécanique. Il était devenu un symbole. Celui d’une montagne accessible, d’un ski populaire, familial et à la portée de tous.

La fin du ski de proximité ?

Pendant plus de cinquante ans, les Bagenelles ont fait partie du paysage hivernal du Val d’Argent. Des générations d’enfants y ont appris à skier. Des familles entières s’y retrouvaient les week-ends. Des passionnés y venaient chercher quelques heures de glisse, loin des grandes stations et de leurs infrastructures coûteuses.

Il y avait cette simplicité qui faisait tout le charme du lieu : chausser les skis, retrouver les copains, attendre son tour au téléski et recommencer la descente.

Aujourd’hui, cette histoire est fragilisée par une réalité économique et climatique de plus en plus difficile.

Le manque de neige, l’irrégularité des hivers et les frais nécessaires à l’entretien des installations rendent l’exploitation particulièrement compliquée. Dépenser au minimum 15 000 euros pour préparer une éventuelle saison, alors que les pistes risquent de rester fermées faute de neige, pose évidemment la question de la viabilité du modèle.

Mais faut-il pour autant tourner définitivement la page ?

Un patrimoine qui mérite mieux qu’un simple bilan comptable

Bien sûr, les collectivités doivent gérer l’argent public avec responsabilité. Personne ne peut ignorer les contraintes financières ni les conséquences du réchauffement climatique.

Mais une petite station de montagne ne se mesure pas uniquement à sa rentabilité.

Quelle valeur donner aux souvenirs de milliers de skieurs ? Quelle importance accorder à l’apprentissage du ski pour les enfants du territoire ? Comment mesurer l’attachement d’une population à un équipement qui a accompagné son histoire pendant plus d’un demi-siècle ?

Il ne faudrait pas que les Bagenelles deviennent demain un simple souvenir dans les albums de famille.

Il faut aussi saluer toutes celles et tous ceux qui, au fil des années, ont contribué à faire vivre ce domaine : les personnels, les techniciens, les bénévoles, les responsables successifs et les passionnés qui ont entretenu cette tradition hivernale.

Leur engagement mérite reconnaissance et respect.

Réinventer l’avenir sans effacer le passé

Le ski alpin est aujourd’hui confronté à une transformation profonde dans les Vosges. Les petites stations de moyenne montagne doivent imaginer d’autres formes de développement.

Le ski de fond, les raquettes, la randonnée hivernale, le ski de randonnée et les activités de pleine nature constituent des pistes pour maintenir l’attractivité du site.

Mais cette évolution ne doit pas se faire dans l’oubli de ce qui a existé.

Une réflexion collective sur l’avenir des Bagenelles paraît indispensable. Habitants, élus, associations, anciens exploitants et amoureux du site pourraient être associés à cette réflexion.

Car un territoire qui abandonne une partie de son histoire doit au moins se donner les moyens de construire un nouvel avenir.

Et si le dernier mot n’avait pas encore été dit ?

L’hiver 2026-2027 pourrait bien marquer la fin d’une époque.

Le téléski restera silencieux, les pistes alpines ne résonneront plus des cris des enfants et les habitués devront trouver d’autres lieux pour pratiquer leur passion.

Mais les Bagenelles ne doivent pas devenir un site sans mémoire ni ambition.

Il reste peut-être une dernière question à poser : sommes-nous prêts à accepter la disparition du ski alpin aux Bagenelles sans avoir véritablement exploré toutes les possibilités de son avenir ?

Car perdre une station de ski, ce n’est pas seulement perdre quelques pistes. C’est aussi perdre un peu de notre histoire collective, de notre identité montagnarde et de ces petits bonheurs simples qui faisaient la richesse de nos hivers.

Aux Bagenelles, le ski alpin est peut-être à l’arrêt. Mais l’attachement des habitants à leur montagne, lui, n’est certainement pas près de disparaître.

Laisser un commentaire