Ski alpin – A 41 ans, Jérôme Schandené est intraitable au Schnepfenried

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Quatre participations, quatre victoires, Jérôme Schandené reste invaincu dans le Mémorial Freddy Schandené dédié à son père, au Schnepfenried. Même à 42 ans en avril prochain…

Pendant qu’à Wengen, Clément Noël décrochait sa première victoire en coupe du Monde, la première également d’un skieur vosgien, c’est sur l’une des pistes de ses débuts, sur la Panoramic de la station du Schnepfenried, que se poursuivait le Grand-Prix adultes Crédit Mutuel pour les skieurs régionaux avec le Mémorial Freddy Schandené (hommes) et la coupe Zinglé (dames).

Comme il a en pris l’habitude, Jérôme Schandené est revenu spécialement de L’Alpe-D’Huez dans les Vosges pour honorer la course en hommage à son père, figure de la vallée de Munster, parti il y a 16 années maintenant à seulement 50 ans. Avec la même habitude, il a dominé l’ensemble des régionaux, pour le bonheur de ses amis des clubs organisateurs des AN Munster et des Skieurs du Tanet.

C’est en première manche qu’il fait la différence, reléguant Gaetan Kempf (Skieurs du Tanet) à 1 seconde 47 et Sébastien Andres (SCV Wesserling) à 1 seconde 75. Dans la deuxième, remportée pour trois dixièmes de mieux par son aîné par Sébastien Andres, il lui suffisait de gérer son avantage.

A 42 ans en avril prochain, Jérôme Schandené continue de donner la leçon aux Vosgiens qui ont pour la plupart la moitié de son âge : il a remporté les quatre éditions du Mémorial Freddy Schandené auxquelles il a pu participer. Ses nouvelles fonctions professionnelles ne lui laissent pourtant plus guère l’espace pour s’entraîner. “Depuis trois ans, j’ai décroché le contrat des moniteurs chez Rossignol. Je m’occupe du textile professionnel, je suis moins sur les skis, plus sur la route. De temps en temps, j’ai mes week-ends pour monter sur les skis”.

Mais l’ancien Tricolore des AN Munster conserve de beaux restes depuis qu’il a quitté l’équipe de France en 2002 à l’âge de 24 ans. “J’étais 60e mondial en 2001. J’ai notamment pris une 4e place en coupe d’Europe. L’an dernier, j’ai quand même gagné le challenge des moniteurs, en vétérans 2, devant Frédéric Covili. Quand je fais quelque chose, c’est à fond, comme tout ce que Frédéric, mon père, m’a appris”.

A plus forte raison dans la course dédiée à sa mémoire. ”Ma motivation est toujours particulière ici où j’ai appris le ski jusqu’à 15 ans avec mon père avant de partir dans les Alpes. Cette année, ma fille, qui est née il y a 16 ans, a également pu venir. Les conditions étaient super, encore plus samedi où j’ai fait ouvreur de la course des U16 ce qui m’a fourni trois entraînements. Avec la victoire de Clément Noël, que l’on a pu suivre après la remise des prix, c’est de beaux week-ends pour les Vosges”.

A présent, Jérôme Schandené espère que son frère Régis Schandené pourra lui aussi revenir un jour courir dans la vallée de Munster “avec les coureurs de son époque, ce serait génial”. Histoire que la fête soit complète.

En attendant, Sébastien Andtes, 21 ans et qui pourrait être son fils, est bien forcé d’admettre la supériorité du quadragénaire même s’il a réussi à reprendre la deuxième place à Gaetan Kempf en deuxième manche. “Jérôme Schandené skie très fort ! Il me met une seconde et demie en première manche, ça fait quand même. Je ne me suis pas adapté à la neige, assez tendre. Ça allait un peu mieux en deuxième mais je me suis bloqué sur le bas. Avec Gaetan Kempf, ça fait cependant une belle bataille”.

Comme à Ventron, le chassé-croisé entre les deux hommes est revenu au plus jeune. “Alors que j’étais devant lui, Sébastien Andres a haussé le ton en deuxième manche. Moi, je ne peux pas faire plus” confie Gaetan Kempf, 28 ans.

Chez les féminines, Manon Trimaille (SCE Saint-Amarin) n’avait pas d’adversaire à sa taille. Ses dauphines, les U18 Lou Herrmann (SC Barr) et Margot Antoine (AS Gérardmer), sont distancées de plus de 6 secondes.

“Cette année, j’ai décidé de renouer avec la coupe des Vosges, je ferai toutes les courses. Je suis tombée à Ventron et là, je me suis bien sentie. Je m’entraîne le mercredi avec Dany Iselin et je poursuis mes études en STAPS à Strasbourg” explique la Mulhousienne, toujours sans rivale dans les Vosges.

David Jeangeorges.