Remiremont – Débat d’orientation budgétaire : les dépenses d’investissement resteront limitées

En marge de la préparation du budget primitif 2019 qui sera présenté au vote le 8 avril prochain, le conseil municipal s’est réuni lundi soir pour la traditionnelle séance du débat d’orientation budgétaire (DOB). Dans l’objectif d’avoir une vision des grands enjeux économiques nationaux, intercommunaux et communaux, dans le cadre de la loi de Finances. Et naturellement au premier plan l’examen des dépenses et recettes de la Ville. Depuis 2016, la municipalité a souhaité limiter les dépenses d’investissement afin de recourir de manière modérée à l’emprunt et rétablir un ratio de désendettement entre 11 et 13 années, conformément aux préconisations de la loi de finances 2018-2022. Ainsi, même si elle reste fragile, la situation financière de la Ville s’est améliorée, avec une épargne nette en hausse suite à des économies de fonctionnement et une optimisation des recettes.

Le maire Jean Hingray l’a précisé : « les objectifs 2019 sont donc de poursuivre dans cette même voie afin d’optimiser la perception de recettes supplémentaires, d’utiliser le patrimoine existant comme marge de manœuvre financière avec d’éventuelles cessions et de pratiquer un recours modéré à l’emprunt ». Toutefois, la ville va devoir réaliser cette année des travaux initialement inscrits au budget précédent, à savoir : l’agrandissement du Musée Friry pour 490.500 €, la reconstruction du petit manège du centre hippique (465.000 €) et une 1èe tranche de travaux d’accessibilité aux bâtiments publics pour 802.500 € (un programme à réaliser sur 3 années pour un montant global de 2,1 millions d’euros).

Autre gros morceau à effectuer cette année, la rénovation des 6 pistes d’athlétisme du stade de Béchamp pour 1.139.670 €. Un programme qui s’avère impératif afin de pouvoir continuer à utiliser ces installations. Toujours pour le présent exercice et afin d’optimiser les recettes d’investissement, les orientations proposées résument un recours à l’emprunt pour un montant global de 1.515.000 €, la perspective d’obtenir une somme de 1.500.000 € de subventions sur les programmes à réaliser et toujours la recherche d’autres aides substantielles. A noter que le résultat net (ou disponible) représentant l’autofinancement net dégagé pour contribuer au financement du budget est en augmentation, passant ainsi de 2.083.846 € en 2017 à 2.499.869 € à fin 2018.

Contenir et baisser les dépenses de fonctionnement restent une priorité. Le maire a rappelé qu’après une augmentation des postes de personnels constatée jusqu’en 2016, les effectifs ont désormais diminués (7 postes en moins). Même si la masse salariale peine à être contenue du fait de l’augmentation des cotisations sociales et d’une logique avancée de grades parmi les membres du personnel, la section de fonctionnement continue de faire l’objet de toutes les attentions. Plusieurs chapitres seront en diminution cette année encore, parmi lesquels celui des subventions directes versées aux associations (moins 17%). Sur ce sujet, le maire tient à rappeler que de nombreuses associations de la ville bénéficient d’aides matérielles fournies par la ville et de préciser ainsi : « cela fait partie d’un contrat gagnant-gagnant ».

Un budget sincère prenant en compte toutes les situations

Aux conclusions de ces orientations budgétaires, c’est un débat somme toute serein qui s’est instauré. Celui-ci à été ouvert par Dominique Schlesinger qui s’est étonnée de la forte augmentation de l’investissement pour 2019 en partie financé par un emprunt de 1,5 million d’€. « J’ai du mal à comprendre » a t-elle traduit. Et de s’inquiéter aussi des subventions actées pour un montant similaire. « Seront-elles bien versées en 2019 ? Réponse de Jean Hingray : « on n’a pas le choix, on doit réaliser ces programmes qui ont pris du retard ».

Hugues Laine a constaté pour sa part : « j’ai l’impression, comme l’année dernière, que l’on est dans un budget contraint. Nous devons toujours faire face à des programmes lancés par la municipalité précédente et qui doivent être menés à terme ». Au conseiller d’opposition d’ajouter à l’adresse du maire : « je reconnais que sur les grandes lignes, c’est bien, vous avez croisé sur de bonnes tendances ». Suite à quoi Jean Hingray a déclaré : « on fait de gros efforts , notamment pour le fonctionnement. C’est aussi notre dernier budget. Le prochain sera voté par la nouvelle municipalité, quelque soit le résultat des élections. Je rappelle ce soir que nous avons dû faire face, suite aux dépenses énormes de la Ville les années précédentes. Notre objectif les prochaines années sera de se tourner vers des investisseurs privés, il faut être raisonnable au niveau des investissements, d’autant plus face aux charges de l’intercommunalité. C’est un budget sincère, nous avons repris une situation délicate et nous prenons des décisions qui ne sont pas toujours faciles» a déclaré Jean Hingray.

A la suite, Hugues Laine a néanmoins regretté la diminution des subventions aux associations tout en constatant : « on mise sur le privé, mais les associations donnent de leur temps et sont bien présentes dans la ville ». Et de s’interroger aussi sur l’optimisation des locations de salles (centre culturel Gilbert Zaug et Palais des Congrès). A Jean-Charles Foucher, adjoint, de répondre : « je reconnais la nécessité de s’appuyer sur le tissu associatif et c’est vrai qu’il est dynamique, mais on est contraint de limiter les dépenses de fonctionnement. On a fait en sorte que ces limites impactent le moins possible les associations, l’on essaie de compenser par d’autres appuis logistiques ». Et d’ajouter encore : « Pour les associations, c’est 80 % de romarimontains, mais au niveau de la communauté de communes on tire aussi la sonnette d’alarme aux autres communes ! » Concernant les salles, l’adjoint a évoqué les difficultés rencontrées pour certaines organisations de spectacles au Palais des Congrès : « on a connu de gros travaux aux dépens de ce qui existait déjà. Les précédentes municipalités ont misé sur de lourds investissements, au détriment de l’entretien des bâtiments ».

Janine Ratsimihah, conseillère municipale de la minorité réagit alors : « je tiens à rebondir sur les propos de Mr. Foucher, on a fait en son temps de beaux investissements pour la ville ». Ce a quoi Jean-Charles Foucher a répondu «des choix d’investissement ont été faits par le passé. Mais des choix qui n’ont pas favorisé les acquis ».

Le maire Jean Hingray a souhaité rappeler que pour la Ville, en matière de dotations, « ce sont 2 millions d’euros que l’État ne donne plus ». D’où assurément l’application d’une certaine forme de sagesse à adopter en matière de gestion.

Le dernier mot de ce débat d’orientation budgétaire est revenu à Marc Georgel, le doyen de l’assemblée municipale : « Hugues Laine est un conseiller d’opposition, mais je voudrais dire qu’il est intervenu avec logique sur des sujets intéressants ».

Un conseil municipal qui s’est ainsi terminé en bonne symbiose.

Article participatif de Denis Philippe.

Retrouvez le débat d’orientations budgétaires 2019 en cliquant ici

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