GĂ©rardmer – La cour des comptes se penche sur le projet de centre aquatique

Dans un rapport publié le 5 avril 2019, la cour régionale des comptes du Grand Est se penche sur le projet de centre aquatique conduit par la commune de Gérardmer. Ses conclusions sont à lire ci dessous.

L’intĂ©gralitĂ© du rapport est Ă  lire en cliquant ici.

En l’état, ce projet appelle différentes remarques de la chambre.

En premier lieu, en l’absence de comptabilité analytique, la gestion de l’actuel complexe sportif au sein du budget principal ne facilite pas la lisibilité de cette opération de reconstruction et son impact sur les finances communales. Selon les données dont dispose la commune, le déficit de fonctionnement de l’ensemble piscine, patinoire, mur d’escalade, bains douches, peut être estimé en 2017 à 592 000 € et le déficit total avec les dépenses d’équipement à environ 662 000 €.

Or, une connaissance précise des coûts de fonctionnement et de maintenance de l’équipement existant aurait permis à la collectivité de fixer des orientations quant au niveau de déficit prévisionnel et à la charge de remboursement de l’équipement (amortissement des installations et des emprunts) qu’elle estimait pouvoir prendre en charge.

En deuxième lieu, l’avant-projet sommaire et l’avant-projet définitif ont été présentés au conseil municipal début 2018, alors que les subventions d’équipement prévues au plan de financement n’étaient pas connues. Il était pourtant prévu que les travaux, dont le coût a été estimé à 12,5 M€ au stade de l’avant-projet définitif, débutent fin 2018 et se terminent fin 2020.

En troisième lieu, les travaux de prospective sur l’exploitation de ce nouvel équipement qui étaient, en février 2018, en phase de finalisation recèlent des incertitudes notables. Ils reposent sur le seul modèle de la régie directe, privilégié par la municipalité, dont l’équilibre économique et financier serait assuré grâce à une augmentation très substantielle de la fréquentation.

Néanmoins, les caractéristiques techniques et architecturales de l’équipement et
l’application des normes en vigueur, notamment en matière d’hygiène et de sécurité se traduiront probablement par des coûts supplémentaires. Ainsi, par rapport aux 15 agents (14,1 ETP) affectés au complexe, les premières analyses produites sur le fonctionnement du nouvel équipement font apparaître un besoin de 3,2 ETP supplémentaires : 1,2 pour l’entretien, et 2 pour surveiller les bassins.

En termes de recettes, la commune fonde ses hypothèses sur une augmentation
continue de la fréquentation et sur sa politique tarifaire. Une hausse de 10 % du nombre d’entrées par rapport à l’année 2017 est prévue, traduisant le regain d’attractivité produit par le nouvel équipement, puis de 5 % les années suivantes, générée par la poursuite du développement touristique de la commune. En outre, une progression des tarifs de 2 % par an est projetée à compter de 2020, correspondant à l’estimation de l’augmentation annuelle des coûts d’exploitation. Concernant plus spécifiquement le bowling, le chiffre d’affaires prévisionnel mentionne une hausse volontariste s’établissant à 10 % en 2020, 5 % en 2021 puis 2,5 % chaque année.

La chambre relève enfin que le projet de fonctionnement présenté au conseil
municipal n’a pas intégré des variations autour de différentes hypothèses, hautes, moyennes et basses. En ne retenant qu’un seul scénario fondé sur l’absence de coût pour le contribuable, la commune a minoré le risque économique et financier lié à la réalisation et l’exploitation d’un tel équipement. Au surplus, et au regard du périmètre d’attractivité du futur centre aquatique et de bien-être, qui s’étend au-delà des seuls habitants de Gérardmer, la question de l’intérêt communautaire de cet équipement aurait eu vocation à se poser.