Nouvelle programmation culturelle à Grand et Domremy

Avec le retour des beaux jours, voici aussi la nouvelle programmation culturelle des sites de Grand et Domremy. Une programmation ludique qui débute au mois d’avril pour s’achever en novembre.

Pendant les vacances scolaires de Pâques, le 11 avril (de 14h30 à 17h), les enfants pourront venir fabriquer leur propre jeu comme au Moyen Âge à la Maison Natale de Jeanne d’Arc à Domremy. 
Les plus grands pourront, eux, explorer les richesses archéologiques de la ville de Grand via une table numérique présente dans l’espace accueil de l’amphithéâtre. A son apogée, l’amphithéâtre atteignait 148m de haut et pouvait accueillir entre 16 à 17.000 spectateurs. Sa mosaïque est l’une des plus vastes d’Europe romain. En effet 232m² de mosaïque couvre le sol d’une basilique où l’on rendait autrefois la justice.
Toujours à Grand, le jeudi 18 avril de 14h à 16h30, les enfants de 8 à 12 ans, munis des outils d’un archéologue, découvriront de véritables fragments d’objets antiques. Ensuite, ils pourront analyser leurs découvertes en laboratoire.
A Domremy, le samedi 18 mai de 20h à minuit, le Conseil Départemental propose de participer à un jeu grandeur nature dans le cadre de la « Nuit des Musées » et de Domremy en mai. Tous les participants devront observer et trouver des objets évoquant Jeanne d’Arc et le moyen Âge.
Le week-end du 15 et 16 juin, Grand renoue avec son histoire. En effet, lors des journées nationales de l’archéologie, le site de Grand plongera dans le monde des Gallo-Romains.  Les gladiateurs d’Acta sont de retour après trois années d’absence. Des combats, une école des petits gladiateurs, ainsi qu’une école des jeux olympiques antiques, vous attendent, pour un saut à l’époque gallo-romaine. Un village d’échoppes d’artisans antiques sera aussi présent dans l’amphithéâtre. Il sera possible de découvrir le travail de la poterie, du filage de la laine, de la taille de la pierre, de la création d’une mosaïque, sans oublier la boulangerie, la pâtisserie…
Les nouveautés et temps forts à retenir pour 2019 :
La soirée du 19 juillet à Grand : Un nouveau spectacle grandiose est proposé dans l’arène de l’amphithéâtre, un spectacle qui allie le tango argentin et les arts du feu.
La journée-soirée du 4 août à Grand : Les arts du cirque seront présents à Grand. Tout au long de l’après-midi et à la tombée de la nuit, le site de Grand propose plusieurs spectacles pour petits et grands : acrobaties, clownerie, marionnettes, fanfare… un vent d’évasion va souffler sur l’amphithéâtre.
Le WE du 17-18 Août à Domremy : Do-ré-mi fête la musique. Animations tout au long du week-end pour une immersion dans le monde de la musique médiévale. Au programme : initiation à la danse médiévale, contes en musique, ateliers de fabrication d’instruments de musique…
Zoom sur Grand :
Le mystère plane toujours sur le village
L’originalité de Grand réside dans le choix même de ce plateau calcaire où ne coule aucune rivière mais où surgit l’eau. Quelles sont les motivations d’une telle implantation qui a nécessité, pour pouvoir bénéficier de cette eau, la construction de dizaines de kilomètres de galeries souterraines et de plus de 300 puits. L’ensemble de ces questions vont nourrir des décennies de recherches.
Des tablettes astrologiques égyptiennes au fond d’un puits
Quant aux nombreuses découvertes réalisées dans ces puits, elles vont fournir des informations inédites sur l’environnement d’une agglomération gallo-romaine, la vie quotidienne et les croyances de ses habitants. Les tablettes astrologiques, l’une des découvertes majeures de l’archéologie française, nous introduisent à la façon dont les sociétés antiques se représentaient l’Univers et les dieux.
Le plus beau temple d’Apollon du monde
Célèbre dès le 19e siècle par sa mosaïque de 232 m2, le site de Grand connaît à partir de 1960 une grande effervescence à la suite de la découverte d’une collection exceptionnelle de sculptures supposée provenir du temple d’Apollon, « le plus beau du monde » si on se réfère au récit du voyage de l’Empereur Constantin. Durant la même période, les ruines d’un gigantesque amphithéâtre sont progressivement dégagées laissant les archéologues perplexes : quelle était donc le statut de cette ville qui a nécessité la construction d’un édifice pouvant accueillir plus de 17 000 spectateurs ?
L’amphithéâtre
Au XVIIIe siècle, l’historien lorrain Dom Calmet et le comte de Caylus sont à l’origine des premières descriptions du monument. Entre 1820 et 1823, Jean-Baptiste Prosper Jollois, alors ingénieur en chef du département des Vosges, entreprend la fouille de l’amphithéâtre dont le site était devenu une vaste carrière. Fort de l’expérience acquise lors de la Campagne d’Egypte, entre 1798 et 1802, il y mène plusieurs campagnes de fouille et estime sa capacité entre 16 000 et 20 000 places.
1 le bal des Anges crédit photo André Hebrard -r
Il se classe ainsi parmi les dix amphithéâtres les plus vastes du monde romain, avec un grand axe de 148 mètres. A noter que le « Colisée » à Rome fait 188 mètres de longueur et les « Arènes » de Nîmes ne font que 134 mètres. 
En 1960, Édouard Salin, membre de l’Institut et président de la Société d’archéologie lorraine, décide de relancer les études sur le site de Grand. Parallèlement aux fouilles de la basilique, le monument fait l’objet, à partir de 1963, d’un nouveau programme de recherche qui aboutit, près de trente ans plus tard, à son dégagement total. Les études menées notamment par Roger Billoret et Albéric Olivier ont permis de préciser le plan de l’édifice, sa chronologie ainsi que son plan.
P. 8_Gladiateurs Acta r ©CD88
Alors qu’il était considéré jusqu’alors comme un édifice mixte – de type théâtre-amphithéâtre -, les nouvelles recherches ont permis de démontrer que l’arène centrale, de forme elliptique, était complète. En effet, une rangée de gradins avait été initialement prévue au nord, pour refermer l’espace consacré où se tenaient les spectacles, selon l’organisation habituelle des amphithéâtres.
Zoom sur la Maison de Jeanne d’Arc :
Composée de quatre pièces simples et de dimensions modestes, abritées sous une toiture en appentis, la Maison Natale de Jeanne d’Arc à Domremy-la-Pucelle présente un aspect extrêmement discret et ne se signale au regard que par une fenêtre à meneau et un linteau armorié, orné d’un arc en accolade.
 
Identifiée par une tradition locale très ancienne, elle fait l’objet d’une reconnaissance particulière et de véritables pèlerinages ininterrompus depuis la fin du XVIème siècle. Son emplacement privilégié, à proximité immédiate du chevet de l’église paroissiale, est conforme au témoignage qu’a laissé Jeanne elle-même, et confirme qu’il s’agit bien de la maison de Jacques d’Arc, son père.
 
Depuis, la maison a connu de nombreuses modifications et réaménagements au fil des siècles. Au XVIIIème siècle, le bâtiment est intégré à une propriété plus vaste, à laquelle il sert de dépendance agricole : un corps de logis plus moderne est bâti sur la rue, dans l’alignement du bâti villageois, et la maisonnette se trouve enclose dans une cour intérieure.
 
Acquise par le Département des Vosges en 1818, la Maison Natale de Jeanne d’Arc fait l’objet d’une grande campagne de réhabilitation et de restauration dans son état original en 1819 et 1820. Elle est alors dégagée de toutes les constructions parasites et isolée du tissu bâti, au centre d’un jardin arboré, orné par un monument commémoratif néoclassique. Les éléments décoratifs anciens, qui avaient été incorporés en remploi sur la façade de la ferme (statuette à l’effigie de Jeanne d’Arc, linteau armorié), sont retirés et replacés dans la Maison Natale.
 
La maison de Jeanne d’Arc n’est pas un musée et n’accueille pas de collections ou de mobilier : elle se présente, volontairement, comme un témoin de l’histoire de France.