C’est en présence de la quasi totalité des 98 résidents de la maison de retraite que plusieurs centenaires du lieu ont été fêtés ce jeudi en seconde partie d’après-midi. Une cérémonie exceptionnelle où François Vannson, président du Conseil Départemental et Valérie Jankowski, conseillère départementale, leur ont remis une superbe image d’Epinal magnifiquement encadrée. Etienne Romary, directeur de la maison de retraite, a su comme à son habitude, mettre de jolis mots bout à bout lors de son allocution rendant honneur aux récipiendaires du jour. C’est également en présence d’André Jacquemin, maire de la commune et président du CCAS, de l’abbé Hubert Côme, de Renée Didelot, présidente de l’amicale des résidents, que cadeaux et fleurs demeuraient remis aux heureux centenaires. Un engagement entier auquel se sont joints les personnels soignants et les animatrices de la maison de retraite.
Il y a des moments forts dans la vie. Des moments méritants qui marquent les esprits. Des moments émouvants auxquels nul ne peut être insensible. C’est un bel exemple de tout cela qui était donné ce 10 octobre dans la grande salle à manger de la maison de retraite loyate. Simone Sonet, Suzanne Lejal, Suzanne Remy et Fernande Gravier demeuraient mises à l’honneur à l’occasion de leur centenaire. Plus exactement près de 402 ans à elles quatre, puisque Fernande Gravier approche de ses 102 ans.

L’occasion pour Etienne Romary de dire que la présence de tous, sans oublier celle des familles, « honore la maison de retraite ». Et d’évoquer à la suite un grand bond en arrière et de poser quelques réflexions : « quand on dit centenaire, a t-on véritablement en tête la période concernée ? Sommes-nous capables d’imaginer les gros titres de l’époque ? Ceux qui annonçaient la fin de la 1ère guerre mondiale, le retour de nos poilus, la France qu’il a fallu reconstruire… Puis il poursuivait : « à l’aube de vos 20 ans, vous avez connu la seconde guerre mondiale, témoins de tant de malheur et d’horreur venu détruire ce qui était à peine reconstruit et surtout venu anéantir des millions d’hommes et de femmes au nom d’une idéologie autoritaire… Vous avez ensuite connu toutes les reconstructions techniques, industrielles et idéologiques ».

La belle vie des choses simples.
Avoir 100 ans aujourd’hui, c’est aussi avoir connu une loi fixant le temps de travail, 8 h par jour, 48 heures par semaine dira Etienne Romary, avant de poursuivre : « puis plus près de nous, l’invention de la machine à laver (fini les lessives au lavoir), le réfrigérateur (fini les stockages à la cave) et d’évoquer à la suite « le premier homme sur la lune, la contraception, le droit de vote aux femmes, le féminisme aujourd’hui valeur mise en danger alors que vous vous êtes battues pour ces avancées… » Et d’affirmer sans détour à la suite : cette société d’aujourd’hui toujours à la quête de biens matériels et de plaisirs immédiats ne vous ressemblent pas mesdames quand je pense aux plaisirs simples que vous avez connu. Ce plaisir de faire des fagots de bois, le plaisir de monter à vélo à Nancy depuis Eloyes, aller et retour dans la même journée pour rencontrer une cousine… ».

Le rappel d’une belle vie, Etienne Romary a ciblé ses propos de bout en bout tout en concluant : «mesdames et vous tous amis résidents, vous êtes porteurs de notre histoire, vous êtes créateur de notre futur. Merci d’être parmi nous, témoins de tant de leçons, de tant d’amour et de vie. Vieillir, ce n’est ni renoncer, ni résister, mais accepter de vivre toutes les étapes en conscience ».

« Une preuve d’humanité dont on a besoin ».
Après avoir jugé éloquent le discours du directeur de la maison de retraite, François Vannson, président du Conseil Départemental relevait qu’effectivement il y a eu beaucoup de transformation et d’innovation en un siècle. Et d’assurer à la suite : « c’est avec beaucoup d’émotion et de sincérité que nous sommes aujourd’hui à vos côtés, comme le sont en permanence vos équipes soignantes animées d’une disponibilité entière, une belle preuve d’humanité dont on a bien besoin quand on voit tout ce qui se passe autour de nous ».

André Jacquemin, maire de la commune et président du centre communal d’action sociale, adressa ensuite toutes ses félicitations aux centenaires du jour, rappelant qu’il a eu le bonheur l’an passé de célébrer le centenaire de sa maman, Marie Jacquemin, Une maman bien présente dans la salle et à laquelle il dira « je trouve que depuis tes 100 ans, tu te portes mieux ». Une preuve que l’on vit bien à la maison de retraite loyate où la moyenne d’âge des résidents est de 89 ans.

L’établissement compte actuellement six centenaires. Outre Simone Sonet, Suzanne Lejal, Suzanne Remy et Fernande Gravier honorées ce jeudi, Marie Jacquemin, 101 ans, et Lucie Lagarde, bientôt 102 ans, ont reçu une jolie composition florale. De même que le doyen des hommes, Martial Leroux, 98 ans qui est le père d’Yves Leroux, adjoint au maire à Saint-Etienne-Les-Remiremont.

Si à Eloyes, la vie semble être un long fleuve tranquille et c’est tant mieux, Valérie Jankowski, conseillère départementale nous relatait que les Vosges comptent actuellement 79 centenaires, dont seulement 7 hommes. Un chiffre prouvant que la supériorité n’est pas forcément du côté que l’on croit !
Article de Denis Philippe.

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