Région – Un retraité de 72 ans au volant de… l’escorte pénitentiaire

Mercredi 30 octobre 2019, l’Unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) est allée chercher un détenu bien connu des détentions du Grand Est (pour la crainte qu’il inspire à beaucoup de par son comportement imprévisible), à l’hôpital de Verdun afin de le ramener à l’UHSA de Nancy.

Lors de cette mission, une société privée a fourni en guise de chauffeur, un homme de 72 ans (né en 1947), retraité, vendeur de son métier, sans aucune formation préalable ni sur  le véhicule utilisé (Space Tourer), ni pour la conduite pénitentiaire, ni même sur l’escorte de personnes détenues.

Plein de bonne volonté, ce Monsieur s’est vite révélé en totale difficulté, ne sachant tout simplement pas ouvrir le coffre du véhicule, incapable d’enclencher la première vitesse sans s’aider du frein à main, perdant tous ses moyens dès que le deux tons résonnait,  dans l’incapacité également de suivre correctement l’ambulance de près (ou de la suivre tout court) comme l’imposent les missions UHSA, empiétant sur plusieurs voies ou doublant des camions, voire plutôt les frôlant dangereusement.

A tel point que le Chef d’escorte de la mission a pris la décision, sur l’autoroute, de cesser cette mascarade dangereuse pour la sécurité des agents mais surtout pour le bon déroulement de la mission, et a relégué le chauffeur sur la banquette arrière afin de prendre le volant et de mener à bien cette escorte, non sans risques, de par le profil du détenu escorté.

Le chauffeur a d’ailleurs répondu qu’il pourrait ainsi « apprendre » en regardant conduire l’agent …

Dans un communiqué, Force Ouvrière, syndicat majoritaire de l’administration pénitentiaire,  « trouve cela inadmissible ! ». Un communiqué à lire ci dessous.

L’Administration Pénitentiaire en tant que troisième force publique et ayant récupéré les missions de police, se doit d’assurer ces missions avec brio et professionnalisme. Les agents UH sont formés plusieurs fois par an aux risques du métier, il est impossible d’avoir affaire à des chauffeurs retraités, ne sachant même pas ce qu’est un détenu pour la plupart, répondant simplement à une agence d’intérimaires et se retrouvant ainsi livrés à eux-mêmes sur la voie publique avec une telle responsabilité.

Il est nécessaire de s’interroger sur le recrutement GEPSA. Lorsqu’ils fournissent en guise de pseudo chauffeurs des retraités, vendeurs de voiture de métier ou banquiers, titulaires de carte de séjour présents sur le territoire depuis quelques mois à peine, vêtus de manière aléatoire et folklorique parfois, écornant gravement l’image que véhicule notre Administration, et le pire dans tout cela, sans aucune formation préalable ni sur le véhicule, ni même sur le travail à faire !

Les missions UHSA ne sont pas sans danger, les formations permettent aux agents de les mener au mieux ! l’Administration doit leur donner les moyens de faire en sorte qu’ils puissent les réaliser désormais en toute sécurité.

L’Administration Pénitentiaire se diversifie de plus en plus et est de plus en plus opérationnelle et efficace sur ces nouvelles missions. Or, en agissant de la sorte avec des recrutements totalement aléatoires, et irréfléchis, les agents sont décrédibilisés, mis en danger, et ridiculisés aux yeux de tous !

C’est Inacceptable !

FO réclame que GEPSA honore enfin son contrat en fournissant un CHAUFFEUR réel, formé, et apte à travailler dans un milieu particulier et difficile en toute connaissance de cause !

FO Réclame des postes profilés pour ces missions spéciales UH ainsi qu’une formation obligatoire de conduite permettant aux chauffeurs de faire face aux divers dangers encourus !

FO réclame des suivis sur les chauffeurs embauchés !

Le recrutement d’intérimaires aléatoires doit cesser, notre sécurité en dépend !.