Les familles de résidents de l’EHPAD de la Bresse ont adressé une lettre ouverte au Directeur de L’Agence Régionale de Santé du Grand Est, suite à la réunion annuelle
d’information qui s’est déroulée dans les locaux de l’établissement le 4 décembre dernier. Il y est demandé la tenue d’une table ronde dans les meilleurs délais, afin d’évaluer l’urgence de la situation, suivie de réponses tangibles avec effets immédiats.
Devant l’apparente absence de réaction à cette lettre ouverte, le secrétariat du Directeur régional ayant été sollicité par téléphone, « il nous a été répondu que notre demande avait été transmise à la Délégation Territoriale de l’ARS à Epinal. Puis la Déléguée Départementale contactée, celle-ci a confirmé que le dossier est à l’étude mais que ces services sont actuellement débordés, puisque ainsi que nous le soulignions, l’EHPAD de la Bresse, n’est pas le seul établissement médical en manque d’effectifs ! Notre demande de table-ronde semble donc reportée ultérieurement, il devient impératif pour nous qu’elle intervienne en janvier au plus tard. Une réponse qu’il a tout de même fallu aller chercher et qui n’en est pas une : l’ARS découvrirait-elle la situation ? » se demande Annie Aucante, pour l’association de défense des résidents de l’EHPAD de La Bresse et de leurs familles.
Elle considère : « il est tout de même troublant et très inquiétant que l’ARS ne se soit pas aperçue des dysfonctionnements des EHPAD qui perdurent depuis des années ? Il n’est que de rappeler par exemple que l’on réduit le budget des EHPAD depuis 15 ans, que les réformes se succèdent sans apporter de solutions, bien au contraire, complexifiant à l’envie la gestion de ces établissements au grand dam de leurs directeurs, eux qui tirent régulièrement la sonnette d’alarme ! En réponse : un silence irresponsable. Et pourtant, nous gardons encore en mémoire, les conclusions de la « Mission Flash » lancée à l’Assemblée Nationale, à l’été 2017, suite aux conflits sociaux intervenus dans de nombreux EHPAD de l’hexagone, conflits liés aux manques de moyens et aux conditions de travail des salariés, aux conditions d’hébergement des résidents conduisant à de la maltraitance institutionnelle ».
La « Mission flash » lancée à l’Assemblée Nationale sur la situation des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes ( EHPAD) et présentée par Monique Iborra, députée(LRM) de Haute-Garonne, rendait devant la Commission des Affaires Sociales en ce 13 septembre 2017, ses conclusions :
- mauvaise prise en compte des évolutions démographiques et du vieillissement généralisé de la population-fort accroissement du niveau de dépendance
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gros problème de personnels : sous -effectif et conditions de travail pour le personnel
particulièrement difficiles -
risque de maltraitance institutionnelle
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présence médicale insuffisante: absence de médecins coordonnateurs dans de nombreux EHPAD, et d’infirmières de nuit
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réforme de la tarification contestée par la grande majorité des acteurs, qualifiée par la mission de « type kafkaïen »
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problème du reste à charge.
Un constat plus que sévère, et de premières propositions, estime la mission, qui devront rapidement déboucher sur des décisions . Un constat qui fait dire à Brigitte Bourguignon, Présidente de la Commission des Affaires Sociales ce jour-là , que « notre pays ne remplit pas son devoir vis à vis de ses aînés ».
Décembre 2019, rien n’a bougé, aucune décision prise, les EHPAD s’enfoncent dans la crise et l’ARS est débordée.
« De qui se moque-t-on ? De qui se moque l’ARS depuis des années ? Et bien de nous tous, résidents, personnels, familles, sans aucun doute, ils nous baladent et n’en finissent pas de nous balader. Alors, une fois de plus, réexaminons la situation , soyons clairs, désormais tout est évalué à des fins gestionnaires, sauf : la satisfaction des résidents, la qualité des soins et l’accompagnement de nos aînés. Nous sommes de plain pied dans l’ère du « management » pur et dur, dans l’inhumain. Ces logiques comptables que nous ne cessons de dénoncer, il faut le répéter, sont inacceptables et si nous ne nous mobilisons pas, nous les familles, aux côtés des salariés, la prise en charge de la vieillesse va devenir invivable…Nous n’en sommes pas loin » estime Annie Aucante.
Elle appuie : « C’est la raison pour laquelle, l ’ ARS doit s’asseoir autour de la table ronde que nous exigeons, à l’EHPAD de La Bresse en janvier prochain. Nous appelons les familles des EHPAD des Vosges à adresser massivement des lettres ouvertes sur le modèle de la nôtre, afin de mettre l’ARS face à ses responsabilités et aux missions qui sont les siennes : « veiller à la qualité et à la sécurité des soins, amélioration de la qualité et de la performance du système de santé, amélioration du parcours de la prise en charge des usagers. Cela nous laisse dubitatifs ! C’est donc ensemble, collectivement qu’il va nous être possible de faire en sorte que notre pays remplisse son devoir vis à vis de ses aînés ».
